1er dimanche de Carême : au désert

 Homélie du frère Emmanuel Mbolihinihe

Comme chaque année, en ce premier dimanche de carême, l’Église propose à notre méditation le récit évangélique de la tentation de Jésus au désert.

Dans le langage biblique, le mot tentation désigne principalement la sollicitation au péché (ou au mal), venant de Satan.

Il s’agit alors d’une mise à l’épreuve dans laquelle le croyant est appelé inéluctablement à choisir entre l’obéissance à la Volonté de Dieu et sa transgression.

En effet, Satan ne tente jamais ses propres adeptes ou partisans, c’est-à-dire ceux qui ont signé de pacte avec lui, ceux qui sont déjà sous son pouvoir et à son service. Il ne tente que ceux qui croient, aiment, craignent, servent et adorent le Seigneur en toute vérité.

Il fait cela toujours par jalousie, dans le but de les éloigner de Dieu et de les priver de la Rédemption, comme lui-même en est privé.

         Depuis la déchéance de nos premiers parents, Adam et Eve, dont nous avons écouté le récit dans la première lecture, la tentation est devenue une réalité inhérente à la vie des croyants.

Pour atteindre ses cibles, Satan se déguise parfois en « ange de lumière », nous prévient Saint Pierre dans sa 2ème lettre (cf. 2 Co 11,14), et il utilise même la Parole de Dieu. C’est exactement ce qu’il a fait avec Jésus au désert.

Tel un pécheur en eaux troubles, Satan profite souvent des moments et des situations d’adversité (la faim, la soif, la maladie, le deuil, la fatigue, les déceptions, les déboires, les persécutions, etc.) pour insinuer le doute dans le cœur des croyants, les inciter à la désobéissance et à la rébellion contre Dieu.

En effet, c’est au moment où Jésus a eu faim, au bout de quarante jours de jeûne au désert, que Satan est allé le mettre à l’épreuve.

Mais, ce n’est pas l’unique expérience de la tentation que le Christ a connu. C’est durant toute sa vie sur terre, que Satan a cherché par tous les moyens à le détourner de sa mission. Mais Jésus a toujours triomphé de lui.

Ainsi, par son exemple, Notre Seigneur Jésus-Christ nous a montré comment et avec quelles armes nous devons, à notre tour, combattre et vaincre les tentations sataniques.

Ces armes sont notamment la prière et le jeûne.

Dans l’épisode de la guérison du démoniaque épileptique, lorsque les apôtres ont demandé à Jésus pourquoi eux n’avaient pas réussi à délivrer le possédé, il leur avait répondu que cette espèce-là ne peut être expulsée que par la prière et le jeûne (cf. Mt 17, 20-21 ; Mc 9, 29).

Une autre arme que le Christ nous propose contre les tentations, c’est la vigilance. Au jardin des oliviers, il dira explicitement aux apôtres Pierre, Jacques et Jean: « Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible » (Mt 26, 41).

Par ailleurs, pour avoir plus d’efficacité, la vigilance doit être associée à la sobriété, c’est-à-dire la retenue ou la maîtrise de soi devant le désir de possession de biens de ce monde et de satisfaction des plaisirs de la chair.

A ce propos, Saint Pierre, dans sa 1ère Lettre, nous exhorte en ces termes: « Soyez sobres, soyez vigilants. Votre adversaire, le diable, comme un lion qui rugit, va et vient, cherchant qui dévorer » (1 P 5, 8).

Ce n’est pas tout : pour vaincre les tentations, le Christ nous propose d’avoir également une bonne appropriation de la Parole de Dieu.

Au désert, en effet, à chaque fois que Satan le soumettait à une épreuve, Jésus lui rétorquait par un passage approprié des Saintes Écritures.

Au cours de cette célébration eucharistique, demandons au Seigneur de nous aider à bien nous servir de ces armes, afin de pouvoir combattre et vaincre, comme lui, les tentations et les péchés dans notre vie. Amen !