Homélie du 22° Dimanche Ordinaire : les places du repas de noces

IMG_4927 Homélie du frère Franck Dubois

Si cet été vous avez été, comme moi, invité à un mariage, à la messe, et à la soirée ; vous êtes sans doute passé par cette phase peu agréable, remplie d’appréhension et de doute, où les invités se pressent autour d’un tableau d’affichage, rappelant étrangement celui sur lequel furent jadis affichés leur résultat au bac… En se frayant son chemin jusqu’aux listes fatidiques on se surprend parfois à faire une petite prière : pourvu que je ne sois pas à la table de tante Machin, ou faites que je sais avec mon copain Untel.

Mais ça se corse parfois. Lorsque, comme moi, vous cumulez le double handicap d’être non-casé, et incasable, comprenez célibataire endurci, et entrant difficilement dans les catégories préétablies, le stress est encore plus grand. Il répond sans doute à un stress plus grand encore de la part des organisateurs du repas : mais où est-ce que l’on va bien pouvoir refourguer le religieux ?

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19° dimanche Ordinaire : Entre vigilance et attentisme

Denis Cerba Homélie du frère Denis Cerba

Le Christ aujourd’hui nous enseigne sur le thème : comment rester vigilant en son absence ? Je pense qu’il y a deux grandes directions, deux grandes indications, dans ce qu’il nous dit.

La première, c’est de ne pas confondre vigilance et attentisme. L’attentisme attend, la vigilance agit. Le vigilant que le Christ espère retrouver à son retour, ce n’est pas le paresseux qui se contente d’attendre — voire qui en profite pour se laisser aller : celui qui se dit que « le maître tarde à venir » et qui se met à « frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer »… Non : le modèle que le Christ a en tête, c’est plutôt celui de l’intendant fidèle et avisé, et surtout de celui qu’il « trouvera occupé » à son retour : occupé à « donner à chacun sa ration de blé », occupé à servir — occupé à faire exactement ce que le Christ ferait s’il était là ! La fidélité au Christ se trouve dans l’autonomie, la liberté, la prise d’initiative, parce qu’au fond le Christ, quand il reviendra, n’a aucune envie de retrouver de simples serviteurs, mais plutôt des égaux, des frères, des amis. Ceux qu’il trouvera vigilants à son retour (c’est-à-dire ceux qu’il trouvera la lampe allumée et la ceinture aux reins, occupés à travailler et à servir), à son tour « il se ceindra, les fera mettre à table et, passant de l’un à l’autre, il les servira » : c’est une façon simple mais frappante de dire que le Christ ne reviendra pas chercher de simples serviteurs, mais des gens qu’il pourra définitivement introduire au rang d’amis dans le service mutuel, et pour une œuvre profondément commune.

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17° Dimanche ordinaire : Notre Père

maurice billet Homélie du frère Maurice Billet

Nous avons entendu Luc. Nous nous sommes rendu compte que le NOTRE PÈRE n’était pas complet. 5 demandes selon Luc ; 7 selon Matthieu. Bien des exégètes donnent des explications à ces différences. Ce matin, je prends le parti de réfléchir sur le texte liturgique, qui a retenu le texte de Matthieu. Pour mesurer l’importance de la prière dominicale, retenons simplement que Tertullien a défini le NOTRE PÈRE comme l’abrégé de l’Évangile. La prière du NOTRE PÈRE est l’une des premières prières enseignées à ceux qui se préparent au baptême.

La prière donnée par le Christ aux disciples commence par un adjectif possessif, au pluriel. « Notre ». Cela signifie que toute véritable prière, même la plus secrète, est incluse dans celle du Christ, et aussi dans une communauté (l’Église). Elle est un dialogue entre nous et le Vivant par excellence. Dieu a fait alliance avec les hommes et cela pour la fin des temps ; sa parole est sûre et ne change pas.

Père. Le titre de père pour parler de Dieu a été peu utilisé dans l’A.T. c’est surtout Jésus qui a utilisé ce titre, et même par un diminutif, Abba, papa.

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16° Dimanche Ordinaire : Marthe et Marie

Fr-Dominique-Motte Homélie du frère Dominique Motte

N’est- ce pas insuffisant, sinon dérisoire d’en rester ce matin aux leçons d’un léger conflit domestique, entre ces deux sœurs, un conflit, qui plus est, ressassé depuis deux mille ans au seul bénéfice de l’une d’entre elles – Marie, la toute aimante, aux pieds de son maître –   …. alors que le massacre à Nice de ce 14 Juillet nous laboure le cœur et voudrait nous entrainer, comme citoyens, vers une radicalisation toujours simpliste, celle des « ya qu’à », « ya qu’à », ya qu’à », et comme croyants, vers la mise en doute des affirmations évangéliques – notre Dieu est vainqueur du mal – et des attitudes évangéliques – en ce chaos demeurer ses témoins ?

Permettez-moi, juste pour tenter d’y chercher un peu de lumière, deux évocations, l’une empruntée aux apparences du drame lui-même, l’autre jaillie du côté des deux sœurs qui ensemble auraient un peu de baume à nous verser sur le coeur.

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