2° dimanche ordinaire : l’agneau, le loup, le bouc et la colombe

Thierry Hubert Homélie du frère Thierry Hubert, op

« Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. »

Convient-il de commencer cette homélie par une fable de Jean de La Fontaine ? Celle de l’Agneau qui se désaltérait dans le courant d’une onde pure quand un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,

— Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
— Majesté, répond l’Agneau,
je m’en vais désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d’Elle,
Et par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
— Tu la troubles, reprit la bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l’an passé.
— Comment l’aurais-je fait si je n’étais pas né ? — Si ce n’est toi, c’est donc ton frère.
— Je n’en ai point.
— C’est donc quelqu’un des tiens :
il faut que je me venge.
Là-dessus, au fond des forêts
Le Loup l’emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

Voilà ! Le loup et l‘Agneau est la première fable de La Fontaine que j’ai apprise à l’école primaire, il y a 40 ans. Et comme tout ce qui nous arrive comme première fois, cette fable est restée quelque part bien ancrée dans ma mémoire, comme vestige d’une innocence massacrée, tristesse de l’enfant, d’un agneau candide devant une brute bestiale et sanguinaire. Au point que ce pauvre agneau de La Fontaine réapparait souvent dans ma petite tête quand à l’eucharistie , comme prêtre, nous redisons les paroles de Jean le Baptiste : « voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. »

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Jour de l’An et Marie, mère de Dieu

Capture d’écran 2016-05-31 à 11.39.14 Homélie du frère Benoît Ente, op

Il y a quelques jours, je discutais avec une femme de notre quartier. Elle était mère de trois enfants. Les deux plus jeunes étaient là, des adolescents merveilleux. Je lui demandais ce que faisait l’aîné. « Il est parti en Syrie. Il s’est engagé avec les djihadistes ». Brusque retour à la réalité en pleine fête de Noël. En s’exilant en Syrie, le jeune homme avait emmené avec lui, peut-être sans le savoir, le cœur de sa mère. Pas un seul jour sans que cette femme ait une pensée pour son fils perdu. Son être de mère était lié pour le meilleur et pour le pire avec son aîné. Lié par un lien très spécial, le lien maternel.

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