2° dimanche de Pâques : Voir et croire

Homélie du frère Denis Bissuel, op

Quelle journée ce 1er jour de la semaine ! C’est pour le moins un jour singulier. Plusieurs fois déjà Jésus s’est montré vivant à ses apôtres après sa résurrection, à chaque fois le 1er jour de la semaine, le 8ème en même temps que le 1er, jour de la nouvelle création, jour des temps nouveaux, temps de la Résurrection et de la Vie. Nous le célébrons liturgiquement depuis 8 jours, et aujourd’hui encore en ce 8ème jour dans l’octave de Pâques nous entendons et célébrons la Bonne Nouvelle du Christ ressuscité et à jamais vivant.

C’était après la mort de Jésus, nous dit l’évangéliste Jean, le soir venu, le premier jour de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées. Jésus vint et il était là, au milieu d’eux. Le décor est planté, l’ambiance décrite plutôt sombre et pesante.

Les disciples se sont enfermés parce qu’ils ont peur. Souvent notre premier réflexe quand on a peur, c’est de s’enfermer, surtout à l’heure où la nuit tombe. On les comprend donc après tout ce qui s’est passé : si on a tué le Maître, on peut aussi tuer ses disciples. Et puis, cette journée de Pâques qu’ils viennent de vivre, a été faite de bouleversements depuis le matin. Des femmes sont venues leur dire que le tombeau était vide. Pierre a couru et l’a constaté, et le disciple bien-aimé a couru lui aussi, plus vite, il a vu et cru. On va, on vient, on court, on a bien de la peine à croire.

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Vigile pascale : « Partez d’ici ! »

Denis Cerba Homélie du frère Denis Cerba, op

Dans l’évangile de la Résurrection selon saint Mathieu, on est particulièrement frappé par le fait que le message de la Résurrection du Christ (c’est-à-dire le message du tombeau vide) soit si immédiatement relayé, débouche si immédiatement et comme sans la moindre transition sur ce nouveau message, qui tombe cette fois de la bouche même de Jésus : « Partez d’ici ! ».

« Partez d’ici ! Allez annoncer à mes frères qu’ils doivent partir : qu’ils doivent partir pour la Galilée — et c’est là-bas qu’ils me verront, pas ici ! »

Le Christ nous dit : ne vous attardez surtout pas autour de mon tombeau, même de mon tombeau vide, surtout de mon tombeau vide. Ne vous attardez même pas autour de moi, ici, maintenant : retrouvez-moi ailleurs, en Galilée, où je vous précède déjà ! À ces femmes venues visiter son tombeau, à ses disciples, à nous-mêmes, le Christ laisse à peine le temps de digérer la nouvelle, pourtant extraordinaire, de son retour à la vie, qu’il semble déjà vouloir tourner cette page pour en ouvrir tout de suite une autre : une page nouvelle, une bien plus urgente, une encore plus extraordinaire, porteuse d’encore et de bien plus d’espérance ! C’est la nouvelle d’un nouveau départ, du démarrage de quelque chose de neuf, du début de quelque chose de plus qu’une simple issue ou d’un simple échappatoire au mal et à la mort — mais plutôt le début d’une ouverture et d’une aventure dont les dimensions insoupçonnées sont vraiment celles d’une nouvelle vie : d’une vie nouvelle !

La vie nouvelle, tel est bien finalement le sens de la mort du Christ.

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Vendredi Saint : office de la Croix

Homélie du frère Benoît Ente, op

Parfois frères et sœurs, avouons-le, nous en avons marre. Marre de ces guerres, de ces morts, de ce monde. Comme on aimerait que tout soit résolu d’un claquement de doigts. Oui, mais voilà, nous constatons souvent qu’il nous faut passer par le feu de l’épreuve pour que quelque chose se débloque dans nos vies et dans notre monde. Depuis que le péché est entré dans le monde, l’enfantement de l’homme nouveau se fait dans les douleurs. Cette loi est difficile à entendre, mais il nous faut aujourd’hui la regarder en face : nous sommes contraints, frères et sœurs, de traverser les douleurs et l’épreuve pour entrer dans la vie.

Et parfois cette épreuve nous écrase, nous terrifie. La Bonne Nouvelle, c’est que Dieu ne nous laisse pas seuls. Il nous rejoint là où nous sommes. Il nous y rejoint résolument, volontairement, librement. Lorsque les gardes viennent arrêter Jésus, c’est Lui Jésus qui s’avance vers eux et les interpelle Qui cherchez vous ?… C’est moi.    Jésus devance ses agresseurs. Au point qu’ils en tombent par terre, renversés par l’assurance de Celui qui sait exactement où il va, qui sait exactement ce qu’il fait et pour qui il le fait ; ils sont assommés par la Parole de Celui qui voit loin, très loin jusqu’à la résurrection.

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