4° dimanche ordinaire : un capharnaüm !

maurice billet Homélie du frère Maurice Billet, op

L’évangile de ce jour se situe au début de l’évangile selon Marc. Il nous relate la première intervention publique de Jésus dans une synagogue. Celle-ci se trouve en Galilée, région frontalière au nord de la Palestine, lieu de rencontres et de mélanges de populations diverses. Et plus précisément à Capharnaüm. Cette ville avait une telle réputation de désordre que son nom est passé dans la langue française. En effet, un capharnaüm, selon le dictionnaire, signifie un lieu de fouillis, de pêle-mêle, de bazar. Jésus a donc choisi d’inaugurer sa vie publique dans un lieu cosmopolite où vivaient des hommes de toutes conditions et de toutes mœurs, des intègres, mais aussi des corrompus.

Dans la synagogue, Jésus enseigne. L’auditoire est surpris par l’autorité avec laquelle son enseignement est donné. Question : qu’est-ce que Jésus enseigne ? Marc ne le dit pas ; mais nous pouvons le deviner, si nous nous souvenons de l’évangile de dimanche dernier. Il nous était dit que la prédication de Jésus était d’annoncer : « Que les temps sont accomplis ; que le règne de Dieu est tout proche. Et donc qu’il est nécessaire de se convertir et de croire à l’évangile. »

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2° Dimanche ordinaire : trépigner, courir, partir après un Dieu qui voyage

Homélie du frère Franck Dubois, op

J’en vois parmi vous qui ne tiennent pas en place. Qui ont la bougeotte, qui trouvent que déjà trente minutes de messe c’est un peu long. Peut-être qu’ici il y en a qui s’ennuient au bout de cinq minutes en cours, ou qui rêvent d’aller courir dans les champs alors que la réunion hebdomadaire avec leur chef où on va encore parler des mêmes sujets sans intérêt et sans prendre aucune décision, vient à peine de commencer. Et je ne parle pas des accros du zapping, du portable, qui, dit-on sont incapable de se concentrer… Moi-même hier soir, entre deux messages sur Facebook avec des volontaires du bout du monde (question de décalage horaire), je me suis surpris à lire un article fort bien écrit sur les dangers de pratiquer les réseaux sociaux jusque tard dans la nuit… rien ne va plus, que voulez-vous.

Bonne nouvelle pour tous ceux-là : nous sommes les préférés du Bon Dieu. Jugez plutôt Samuel ne tient pas en place, même la nuit et se lève trois fois et va déranger le pauvre prêtre Eli, puis retourne se coucher. Les disciples vont suivre Jésus toute la journée puis retournent prévenir les leurs. Et Jésus lui-même ne demeure pas ailleurs que sur les route. Engagez-vous, vous verrez du pays !

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L’Épiphanie du Seigneur : convergences

Homélie du frère Grégoire Laurent Huyghues Beaufond

L’épiphanie que nous célébrons aujourd’hui nous parle un langage de convergence, on pourrait même dire que l’épiphanie parle un langage inclusif. Je retiens deux convergences, et je parlerai de désir.

Convergence, d’abord, de deux regards, de deux désirs : le regard des mages, le regard des scribes.

Les mages d’abord. Ce sont des savants en quête de vérité. Des mages qui scrutent la création de Dieu, qui regardent en particulier son ciel. Et ces mages ont un regard suffisamment perspicace pour premièrement voir une étoile nouvelle, et deuxièmement, pour savoir l’interpréter et la suivre. Ce regard est un regard intelligent, et un regard qui désire, on pourrait dire que c’est le regard d’une intelligence qui désire, ou le regard d’un désir qui raisonne. Il ne s’agit pas de regarder de loin, de constater le phénomène céleste, il faut aller voir les choses de plus près. Peut-être, sans doute, ce regard et ce désir sont-ils ambigus, mêlés de superstitions : magie, astrologie, divination … mais enfin, ils voient l’étoile, et ils la suivent. Et ce regard qui désire, ce désir qui regarde, les mène à Jérusalem, à la rencontre d’un autre regard et, n’en doutons pas, d’un autre désir, le regard et le désir des scribes. Les scribe sont eux-aussi des savants, des théologiens et des lecteurs de l’Écriture sainte. Eux-aussi, ils ont cette intelligence qui désire comprendre ou ce désir qui veut savoir. Et ils savent, oui car c’est le privilège des enfants d’Israël, hier comme aujourd’hui, ils savent que le messie va naître dans leur peuple, sur leur terre, à Bethléem. Les mages, ces savants païens, ont besoin des scribes pour trouver le Messie. Mais les scribes auraient aussi besoin des savants païens pour apprendre à se prosterner devant le Messie.

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