6° dimanche ordinaire : lèpre intérieure

Homélie du frère Dominique Luong, o.p.

La première lecture nous présente 
une situation très difficile à vivre
La lèpre est une maladie infectieuse chronique 
qui touche les nerfs périphériques, 
la peau et les muqueuses, 
et provoque des infirmités sévères. 
Elle fut longtemps incurable et très mutilante. 
Au temps de Jésus aussi
les lépreux étaient déclarés impurs et rejetés socialement, 
séparés des autres personnes pour éviter la propagation. 
Ce lépreux de l’Evangile, comme tous les autres lépreux
devait se sentir impur et indigne de Dieu. 
En plus de toutes les difficultés physiques de la maladie,
la conséquence la plus dure 
devait être sa solitude et son exclusion.

Une fois, au Viet Nam,
en tant que diacre, avec un prêtre et un frère franciscain, 
nous sommes allés dans un village delépreux 
pour une Messe du Dimanche. Il y avait environ 60 personnes.

La Messe était comme toutes les autres. 
Mais, après la fraction du pain
ce saint prêtre donna la communion à tout le monde 
sous les deux espèces : le Corps et le Sang du Christ 
et il m’a donné l’honneur de finir la coupe du Sang du Christ 
Oh mon Dieu ! 

Après la communion des malades qui ont bu à la même coupe
je tremblais; mais je priais. 
C’est le Sang du Christ qui peut guérir la lèpre. 
Les jours suivants je n’ai pas pu bien manger et bien dormir ! Continuer la lecture

5° dimanche ordinaire : l’homme au coeur

Homélie du frère Jean-Laurent Valois, op

Il y a une chose dont on parle beaucoup ces derniers temps même si ce n’est pas nouveau, c’est la façon dont on prend soin des personnes malades et dépendantes . Dans certains services comme les EHPAD, elles souffrent de ce qu’on ne prend pas suffisamment soin d’eux. Quant aux soignants, ils souffrent d’être débordés et de devoir bâcler un travail censé être un travail de relation. Même si l’évangile d’aujourd’hui ne vient pas donner une solution toute faite à cette question qui, a par ailleurs une dimension complexe d’économie et de gestion, la Bonne Nouvelle vient remettre l’homme au coeur.

Jésus, puisque c‘est de cela qu’il s’agit, a pris le temps de rencontrer les malades, quantité de malades. Il en a guéri beaucoup, signe de la vie surabondante du Royaume, où toute larme sera essuyée. Et tout au long de l’histoire, à la suite du Christ, des hommes et des femmes ont consacré tout ou partie de leur vie en faveur des malades. Combien de religieuses ou de religieux se sont donnés corps et âme pour soigner, apaiser les souffrances des malades, sans compter leur temps. Mais combien aussi d’aides soignants et aides soignantes, infirmiers et infirmières, médecins ont vécu et vivent aujourd’hui encore leur métier comme un sacerdoce ! Tout au long de l’histoire, ils ont pris des initiatives à chaque fois que c’était nécessaire. Ils ont fait en sorte de placer la personne humaine au coeur du système de soin, en essayant de soigner, même lorsqu’ils n’étaient pas en mesure de guérir. L’image de l’Église comme « hôpital de campagne », si chère au Pape François, accueillante pour tous les blessés de la vie, est une réalité à la fois spirituelle et très concrète, car dans certaines parties du monde, seuls les hôpitaux des missionnaires et des diocèses fournissent les soins nécessaires à la population.

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