Homélie de Messe d’Ascension

 Homélie du frère Franck Dubois

Mon papa aujourd’hui à la retraite a pris beaucoup de photo dans sa vie, la plupart ne sont toujours pas classées et encombrent cartons et étagères (ces photos furent prises avant le numérique). Ma maman lui a souvent dit : « tu vas passer beaucoup de temps dans l’ascenseur pour classer tes photos » exprimant par là sa conception, très imagée,  du temps de purification qui serait nécessaire à papa pour accéder au ciel ; le temps d’achever, en transit entre terres et cieux, ce qu’il n’aura pas encore accompli sur terre au jour de sa mort. Evidemment, maman dit ça à papa pour l’inciter à ranger son bazar. Il lui arrive aussi de rappeler à mon père que, au fond, ça ne sert à rien d’accumuler trop de choses, parce qu’on ne partira avec rien de tout ça là-haut. Avouons que c’est un peu contradictoire avec le coup de l’ascenseur, mais pas faux non plus. Ou peut être justement que le temps de transit entre ici bas et là haut sera proportionnel au nombre de choses plus ou moins inutiles et futiles accumulées sur terre, et qui nous retiendraient dans notre dernière course vers les cieux…

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7e dimanche de Pâques : Unis dans le nom du Père

Denis CerbaHomélie du frère Denis Cerba, op.

Nous avons célébré jeudi dernier l’Ascension, le départ du Christ, et nous vivons depuis lors dans cette absence. Les disciples, et nous après eux, ne bénéficions plus de cette relation directe, immédiate, quotidienne, quasi-évidente au Christ. Cela marque définitivement notre condition de chrétien sur cette terre : le Christ n’est plus là. Pourtant le Christ demeure le centre de notre vie, le nerf de notre relation à Dieu : le Christ est parti, mais pourtant il ne nous a pas abandonnés. Il veut plutôt que nous franchissions un palier, sans doute que nous entrions avec lui dans une relation plus profonde que celle de la simple fréquentation quotidienne, où la méprise et la superficialité sont facilement à l’aune de la familiarité. Avant sa mort, les disciples l’ont pris les uns pour un simple rabbin, les autres pour un simple maître de sagesse, les autres encore pour un simple prophète, certains même pour un simple chef de bande, un agitateur, et il n’est pas sûr que même maintenant ils aient vraiment compris qui il était — et la même question se pose évidemment pour nous : pour qui prenons-nous vraiment le Christ ?

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