Nativité de saint Jean-Baptiste

 Homélie du frère Benoît Ente

Les signes du désir de Dieu pour nous

J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom. Ces mots ne concernent pas seulement le prophète Isaïe ou Jean-Baptiste. Il vous concerne aussi. Vous et moi. Tout être humain est le fruit du désir de Dieu. Vous, moi… Vous en doutez ? Regardez les signes que notre Père du ciel nous a donnés pour nous dire qu’il nous appelait à la vie. Des signes si évidents, si grands que nous ne les voyons plus. Le souffle qui vous habite, qui fait battre votre cœur et gonfler vos poumons, qui vous l’a donné ? La lumière de la conscience qui nous fait penser, vouloir, agir, souffrir, aimer, qui vous l’a donné ? Vos parents vous ont peut-être transmis une langue, des valeurs, le goût du sport, mais ce ne sont pas eux qui vous ont donné le souffle et la conscience. Ce sont les dons de Dieu, les signes qui indiquent que le créateur nous donne la vie et nous invite à la vie. Des signes qui nous accompagnent chaque jour et auxquels nous pouvons toujours nous attacher.

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11e dimanche du temps ordinaire – Année B – 17 juin 2018

maurice billetHomélie du frère Maurice Billet

Beaucoup de paraboles parlent du Royaume de Dieu, dans les évangiles. Ce matin, nous avons deux courtes paraboles qui parlent de culture agricole. Et cela, en écho avec la première lecture tirée d’Ézéchiel. Et aussi le psaume. On parle de cèdre, de palmier, de blé. De moutarde (sénevé), plante potagère ; tout est comestible sur cette plante.

Dès le chapitre 2 de la Genèse, le Seigneur est présenté comme un horticulteur attentif : il plante un jardin afin que l’homme qu’il vient de créer soit placé dans un lieu accueillant, il y fait germer toutes sortes d’arbres. Le maître des semences, c’est Dieu dans la Bible.

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10e dimanche du temps ordinaire – Année B – 10 juin 2018

Homélie du frère Jean-Pierre Mérimée

Pour que notre vie soit orientée,  qu’elle ait une boussole,  il est nécessaire de nommer le mal. C’est ce que fait la Genèse dans le passage que nous venons d’entendre. Le contexte de ce premier livre de la Bible n’est pas historique naturellement, il est ontologique – c’est-à-dire qu’il vise ce qui est la racine de l’être profond, si nous le lisons à la lumière de l’hébreu dans une perspective intérieure et symbolique. Adam, comme le souligne Annick de Souzenelle, désigne la terre et avec elle, l’homme intérieur non encore accompli que nous sommes tous, homme ou femme. Il s’agit que les deux faces d’Adam, ish la lumière et isha l’ombre – à savoir la lumière non encore accomplie-  s’accomplissent, aillent dans la vie divine, sans penser à mal. Consommer du fruit de la connaissance du bien et du mal revient donc à régresser, déserter l’homme intérieur, se mettre justement à penser à mal. La Genèse  marque très nettement que la vocation de l’homme est de se tenir dans la gloire de Dieu sans se laisser détourner par rien d’autre. Quant au  moralisateur qui  part en croisade contre le mal, on peut craindre que ce soit pour se venger de la vie, qu’il n’aime pas. Comme si Dieu avait été inventé par les hommes pour faire échec au mal ! La peur le fait se barricader derrière ses certitudes, parce que, s’il l’aimait, la vie, il ne songerait pas au mal, il songerait à vivre, à voir le bien là où il est. Il goûterait à l’arbre de la vie que Dieu a planté au centre de son jardin, identifié au  Christ dans le livre de l’Apocalypse.

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