2nd Dimanche de Pâques 2016 : la paix soit avec vous !

Sarmad Najeeb Homélie du frère Sarmad Najeeb

La paix soit avec vous,

Ces mots sont tellement dans nos célébrations que nous répondons par habitude (et avec votre esprit). Ce sont pourtant les premières paroles de Jésus ce jour-là pour rassurer les disciples terrorisés depuis sa mort.

Mais de quelle paix s’agit-il ?

Si tu veux la paix prépare la guerre. A cause de ce proverbe l’Irak est en guerre depuis 16 ans déjà.

Ceux qui se considèrent comme libérateurs nous disent : la guerre est faite pour libérer le peuple. Même les terroristes de Daech se servent de ce prétexte : faire la paix.

Le Christ lui aussi est venu pour nous laisser sa paix et nous l’enseigner « La paix soit avec vous ». Une paix tellement différente, une paix par l’amour et non par les fusils. Une paix sans soldats armés ni gens puissants. Au contraire, il a appelé des hommes simples, faibles et pêcheurs pour être artisans de paix. Judas l’a trahi, Pierre a nié trois fois, les disciples ne se sont pas montrés au pied de la Croix ; ils sont restés prisonniers de leur peur dans une pièce dont ils n’osaient même pas sortir.

Le jour où le Christ ressuscité apparait aux disciples, Thomas était sorti malgré la crainte des juifs. Il osera dire qu’il doute de cette apparition. Comme toujours Thomas pose des questions gênantes. Il cherche, il veut voir, il a besoin de certitude.

Contrairement aux autres disciples il ne hoche pas la tête quand il ne comprend pas.

(Mes premiers temps en France, quand je voulais éviter les questions, je secouais la tête avec un sourire).

Thomas, lui, avait osé dire à Jésus :

« Seigneur nous ne savons même pas où tu vas ; comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Jean 14 :6

Une autre fois il avait affirmé aux disciples : « Allons-nous aussi pour mourir avec lui » Jean 11 :16

Thomas ose, parce qu’il cherche la vérité. Il n’a pas honte de ses doutes et il les exprime courageusement. « Si je ne mets pas la main dans son côté, non je ne croirais pas ».

Une semaine plus tard Jésus ressuscité revient et montrant ces plaies à Thomas il dit : « cesse d’être incrédule, sois croyant ».

A ce moment-là Thomas n’a plus besoin de toucher avec la main, son cœur est touché. Il n’a plus peur, il est en paix, il croit et il peut dire « mon Seigneur et mon Dieu ». Plus de doute, il exprime avec une foi très profonde : Mon Dieu. Sa foi lui donnera le courage d’aller plus tard annoncer cette résurrection en Irak et ensuite de mourir martyr en Inde.

La paix du Christ laisse les hommes libres et leur donne le courage d’aller de l’avant malgré la guerre, la violence et la haine.

 

Si nous avions nous mêmes été au Cénacle, qu’aurions-nous fait ?

Avoir peur ? Oser sortir ? Douter ou croire ?

Aujourd’hui lorsque je crois que Jésus est vraiment ressuscité ce n’est pas seulement parce que ma famille y croyait. Moi, Jésus m’a parlé à travers les témoins – Saint Thomas parmi les premiers – à travers leurs écrits, la vie et l’expérience des hommes et la mienne.

Nos démarches de foi ne sont pas le fruit d’une apparition. Elles résultent de la recherche personnelle du Chemin et d’un long travail qui nous aide encore à balayer les doutes pour devenir nous aussi comme les disciples, artisans de paix.

Les mains serrées dans nos célébrations doivent aller plus loin que le geste, elles doivent transmettre la paix du Christ.

Que la paix soit avec vous !