5° Dimanche de Pâques : En chemin.

Homélie du frère  Emmanuel Mbolihinihe, op

Dans l’Évangile de ce dimanche, Notre Seigneur Jésus-Christ déclare être le Chemin, la Vérité et la Vie.

Dans le monde pluraliste dans lequel nous vivons aujourd’hui, cette déclaration du Seigneur pourrait paraître prétentieuse, voire choquante pour certains. De nos jours, en effet, « beaucoup pensent qu’il existe plusieurs chemins, plusieurs vérités, plusieurs façons de vivre; et que, par conséquent, personne n’a le droit d’imposer son chemin, sa vérité ou son mode de vie aux autres ».

Mais pour nous, chrétiens, plutôt que de nous choquer, cette déclaration devrait être une source de joie, d’assurance et d’espérance. En se présentant comme étant le Chemin, la Vérité et la Vie, Jésus corrige automatiquement et d’un seul coup toutes les fausses images que l’on pourrait se faire de lui ; mais en même temps il nous révèle sa vraie personnalité, sa vraie place, ainsi que son vrai rôle dans notre existence et dans notre rapport avec Dieu.

D’abord, la première affirmation : « Je suis le chemin ».

Bien-aimés dans le Seigneur, nous sommes sur cette terre en voyage, en marche… Nous sommes en marche, non pas vers n’importe quelle destination ou objectif, mais vers la patrie céleste, vers le Royaume des Cieux. La finalité de notre marche, c’est de voir Dieu face à face, tel qu’il est, d’être en lui pour toujours, de partager pleinement sa vie, comme le Christ et avec le Christ.

Au-delà de multiples autres voies, que les hommes peuvent nous proposer pour atteindre cet objectif, Jésus-Christ demeure l’unique vrai Chemin. Il est l’unique Chemin qui puisse nous conduire à Dieu en toute assurance et sécurité, sans risque ni crainte de nous égarer, puisqu’il est le Verbe incarné, la deuxième personne de la Sainte Trinité. Il est dans le Père et le Père est en lui.

« Personne ne va vers le Père sans passer par moi, déclare-t-il à Thomas ». Passer par Jésus, veut dire croire en lui, être attaché à lui, comme les sarments à la vigne ; c’est communier à sa vie, par le lien de la prière, par l’écoute et la mise en pratique de sa Parole, ainsi que par la réception des sacrements, en particulier l’Eucharistie.

La deuxième affirmation : « Je suis la Vérité ».

La vérité, c’est ce qui est conforme à la réalité (de quelque chose); c’est ce qui est vrai, par opposition à ce qui est faux, trompeur ou erroné.

Jésus-Christ est la vérité, parce qu’il est toujours en parfaite communion avec le Père et le Saint-Esprit. En Jésus, tout est vérité. Sa personne, ses pensées, ses sentiments, ses enseignements, ses jugements, son comportement, ses actes, ses œuvres sont vérité. Dès lors, tout ce qu’il nous dit sur le Père, sur lui-même, sur l’Esprit Saint, sur le Royaume des Cieux, sur l’homme, sur le monde, etc., est vérité.

Si nous restons unis à lui, si nous écoutons et mettons sa Parole en pratique, nous serons toujours dans la vérité, comme lui; et la vérité nous libérera des ténèbres du péché.

La troisième affirmation : « Je suis la Vie ».

Jésus-Christ est la Vie et, en même temps, il est la source, la source intarissable de la vie. La raison reste la même, à savoir son union et sa communion avec Dieu le Père et le Saint-Esprit. Il est dans le Père, et le Père, l’auteur de la vie, est en Lui.

« Croyez-moi: je suis dans le Père, et le Père est en moi, déclare-t-il à Philippe ». Et encore : « Le Père et moi, nous sommes un ».

Dès lors, si nous croyons en Jésus, si nous restons unis à lui, nous aurons en lui la Vie éternelle. Et cette vie éternelle, nous commencerons à l’expérimenter déjà dès ici-bas, en attendant de la recevoir au ciel dans toute sa richesse et sa plénitude.

Que le Seigneur nous aide à rester toujours unis au Christ, afin d’être conduits par lui au Père, de vivre en lui dans la vérité et d’avoir par lui, avec lui et en lui la vie éternelle. Amen!