6° dimanche de Pâques : Instruments de l’Esprit

Homélie du frère Thomas-Marie Gillet, op

Le passage évangélique qui nous est donné de méditer ce dimanche nous convoque de nouveau au temps de la dernière Cène. Jésus s’adresse pour la dernière fois à ses disciples dans un long discours où il propose d’unir sa vie à la sienne en gardant ses commandements. De tous les commandements, il ne reste à ce moment-là que celui qui fait la synthèse de tous, le commandements de l’amour. Un amour qui se dit et qui se réalise dans les actions concrètes, qui s’adapte à chaque situation, qui sait discerner ce qui est bon, ce qui est beau à l’instant présent.

Qui veut unir sa vie à la vie de Jésus, reçoit ce que Jésus demande au Père de nous envoyer : l’Esprit Saint, le Défenseur. Le défenseur est celui qui nous défend de l’Ennemi, de tout ce qui nous vole, dérobe, les forces de la Vie. Cet Esprit qui nous protège de la mort, de la non-vie, est l’Esprit de Vérité. Grâce à lui nous trouvons la force de devenir des hommes et des femmes, des disciples, vrais, authentiques. Pensons à Philippe dont nous avons entendu le récit de la prédication dans la première lecture. Il nous est présenté comme un autre Christ : il prêche, il guérit les paralysés et les boiteux, il expulse les démons. Philippe, comme Jésus, annonce le Royaume de Dieu, le Royaume de la Vie, et pour cela les gens l’admire, la ville se remplit de joie. Cette imitation du Christ pour Philippe comme pour nous est rendue possible parce que le disciple est animé de l’Esprit de Vie, le même Esprit qui a ressuscité Jésus d’entre les morts. C’est lui qui agit à travers Philippe qui se convertit en instrument pour que l’Esprit puisse faire surgir la Vie. Faisons en sorte, nous aussi d’être des instruments de l’Esprit.

            Comment devenir des disciples authentiques ? En transposant dans nos vies, dans nos paroles et dans nos actes, ce qui caractérise notre personne et ce qui fait l’objet du plus grand des commandements : l’amour. Car ce qui caractérise l’homme, et plus encore celui qui se met à la suite du Christ, c’est l’amour, la recherche du bien. Et tout ce qui n’est pas amour et recherche du bien est mensonge. Alors nous devons affronter une réalité de notre monde : parfois, ici ou là, le mensonge dresse sa tente et la vérité doit alors se payer au prix de la souffrance. La lutte pour la Vérité peut coûter cher. Oscar Romero, Carlos Mugica, Pierre Claverie ou encore Jacques Hamel en ont été pour nous les témoins. Face au pouvoir du mensonge, de l’argent, de la mort, de la non-vie, de la fausseté, de la posture… la lutte pour la vérité, la justice, la vie devient le meilleur acte d’amour à offrir à notre monde.

Jésus donne sa vie pour le monde l’ait en abondance. C’est à cette vie surabondante que nous venions communier ce matin. Nous recevons le Corps et le Sang du Christ et nous lui adressons cette prière pour être des vivants : « Envoie ton Esprit, Seigneur, fais de nous des témoins de ta Vérité ». Amen.