Un coup de barre à tribord, un coup de barre à bâbord

Homélie du frère Franck Guyen – vendredi 4 septembre 2020

Mes amis, l’Évangile de ce jour évoque l’alternance de la présence et de l’absence de Jésus. La mystique dominicaine Catherine de Sienne parlait du jeu de l’amant, tour à tour présent et absent, l’absence permettant à l’amante de découvrir la force de son désir.

Nous aussi, nous faisons l’expérience de cette alternance.

Quand le Christ est là, profitons des grâces qui accompagnent sa présence pour progresser sur le chemin de sanctification qui nous mène au Père. Courons, dirait Catherine de Sienne. Quand il n’est pas là, pleurons nos péchés qui l’empêchent de se manifester à nous et de nous donner encore plus de grâces. Nos larmes amolliront le sol desséché de nos cœurs.

Repérons les chemins que Jésus emprunte pour nous rejoindre, et pratiquons-les, mais sans vouloir les imposer au Christ. Les mystiques nous en avertissent, Dieu nous rejoint comme il veut et quand il veut : le chemin peut être celui du jeûne et de la prière, mais Dieu peut en emprunter d’autres, car il sait mieux que nous ce qui nous convient. Alors soyons joyeux d’avoir repéré un chemin emprunté par Dieu, mais pas trop.

Et si Dieu l’estime utile, il se cachera à nos yeux. Alors soyons tristes quand nous n’éprouvons pas sa présence, mais pas trop car s’il se cache, c’est toujours pour notre bien, c’est toujours pour nous faire progresser sur la voie de sainteté qui nous est propre.

Je conclurai avec une analogie : le barreur d’un bateau à voile garde les yeux fixés sur la destination finale, mais il corrige en permanence son cap par des coups de barre à tribord ou à bâbord. C’est ainsi qu’il tient compte des changements du vent et du courant.

Il en va de même du chrétien animé par l’Esprit saint qui veut atteindre le port du salut. Les yeux fixés sur le phare de la croix, il change son cap en fonction des mouvements de l’Esprit saint et des courants qui traversent le monde.