Le festin de Dieu

Homélie du frère Maurice Billet – Mercredi 2 décembre 2020

J’ai prolongé la lecture de l’évangile en ajoutant le verset qui suit le texte qui vient d’être lu : « Or, ceux qui avaient mangé étaient 4000, sans compter les femmes et les enfants ».

Les 4 évangélistes mentionnent 6 versions parallèles de la multiplication des pains, dans les quatre évangiles. Les exégètes distinguent traditionnellement deux récits de multiplication.

La première située à l’ouest du Jourdain, c’est–à-dire en territoire palestinien. La seconde se déroulant à l’est du Jourdain, donc en territoire païen, et donc aux hommes du monde entier.

Jésus gravit la montagne. Il s’assoit, comme le jour où il proclama, dans le sermon sur la montagne, les béatitudes. Il guérit des malades et il nourrit une foule. Nous pouvons évoquer dans Jésus la figure du nouveau Moïse. Le pain, la manne du désert.

Jésus est saisi de compassion. Nous pouvons remarquer que Jésus n’opère pas ce miracle, à partir de rien. Dieu a besoin des hommes. Ici, il s’agit de quelques pains et de quelques poissons, qui seront multipliés pour satisfaire la faim de toute une foule.

Hilaire de Poitiers commente les chiffres du texte évangélique. 7 pains en relation avec les 7 dons du Saint-Esprit. Ou aux 7 premiers diacres. 7 jours de la création. 4 000 personnes, c’est-à-dire les 4 points cardinaux. Le monde entier.

Jésus est le nouveau libérateur, après Moïse. Libération de l’esclavage. Jésus a rompu le pain à trois reprises : sur la montagne, au Cénacle et à Emmaüs.

Le texte évangélique est en relation avec la 1ère lecture tirée d’Isaïe : Dieu invite son peuple à un festin. « Le Seigneur préparera pour vous un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés. » Jésus fait asseoir la foule, comme à une table. La foule devient un peuple, compagnons les uns des autres, partageant le même pain.

Nous sommes dans le temps de l’Avent. Nous sommes en route vers Bethléem : maison du pain. Le Seigneur vient combler nos faims ; il nous invite à combler celle des hommes menacés de famine dans le monde.

Donne-nous aujourd’hui le pain d’aujourd’hui. Dans la foi, nous espérons que le Seigneur nous donnera le pain pour demain et pour les jours à venir.

Je terminerai en évoquant la faim de Dieu. Son désir est que nous puissions le prier et nous mettre à son service et à celui de nos frères.