Ascension 2017 : un corps dans la gloire

Homélie du frère  Emmanuel Mbolihinihe, op

Comme de tradition, ce jeudi, quarantième jour après le dimanche de Pâques, nous célébrons la solennité de l’Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Dans certains pays, comme chez moi en RDC, pour des raisons d’ordre pratique, cette fête est célébrée le dimanche qui précède la Pentecôte.

Historiquement, la fête de l’Ascension est apparue vers la fin du III° siècle et s’est généralisée vers la fin du IV°, se distinguant ainsi de la fête de la Pentecôte avec laquelle elle se confondait avant.

Au cours de la dernière Cène, Notre Seigneur Jésus-Christ avait, à plusieurs reprises, évoqué son départ prochain vers le Père. Et lors de son apparition à Marie Madeleine, il lui avait fait cette recommandation: « Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père,  vers mon Dieu et votre Dieu » (Jn 20, 17). L’Ascension de Jésus au ciel n’est donc pas un voyage spatial, à l’instar de celui des astronautes, mais plutôt son retour glorieux vers le Père.

Dans la première lecture, il est dit que, tandis qu’il montait au ciel, une nuée vint le soustraire aux yeux de ses apôtres.

Dans la Bible, en effet, la nuée est le signe (visible) de la présence et de la gloire de Dieu,   le ciel étant sa demeure.

Par son Ascension, le Christ, le Verbe de Dieu, après avoir accompli avec succès la mission pour laquelle le Père l’avait envoyée au monde, rentre, avec son corps, dans la gloire de Dieu, d’où il était venu.

C’est ce qu’il avait signifié à certains de ses disciples qui se scandalisaient, en l’écoutant proposer sa chair en nourriture : « Cela vous scandalise, leur dit-il ? Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant ! » (Jn 6,61-62).

L’Ascension du Christ acquiert ainsi pour nous, chrétiens, une signification particulièrement importante, puisqu’elle préfigure la vie éternelle, à laquelle nous sommes destinés.

A la Dernière Cène, en effet, Jésus avait déclaré aux apôtres et, à travers eux, à ses disciples de tous les temps (et donc à nous aussi) : « Je pars vous préparer une place. Et, lorsque je m’en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi » (Jn 14, 3).

Ainsi donc, par son Ascension, le Christ, la Tête de l’Eglise (1 Cor 1, 27 ; 1 Rom. 12;4-5), nous a précédés au ciel. Il est allé nous préparer une place dans son Royaume, où nous, membres de son Corps mystique, nous sommes appelés à le suivre un jour.

C’est également ce qu’expriment de concert la prière d’ouverture et la préface de la célébration de ce jour:

« Dieu qui élèves le Christ au-dessus de tout, ouvre-nous à la joie et à l’action de grâce, car la montée au ciel de ton Fils est déjà notre victoire : nous sommes les membres de son corps, il nous a précédés dans la gloire auprès de toi, et c’est là que nous vivons en espérance» (prière d’ouverture).

Cependant nous ne pourrons suivre le Christ au Ciel que si, ici-bas, nous restons unis à lui, comme les sarments à la vigne, et si nous accomplissons fidèlement notre part de la mission qu’il a avait confiée aux apôtres, le jour de son Ascension, à savoir celle de prêcher la Bonne Nouvelle du salut à toutes les nations.

C’est d’ailleurs pour accompagner et assister les disciples dans cette mission que, au cours de la Dernière Cène, le Christ leur avait promis d’envoyer le Saint-Esprit et que, avant de monter au ciel, il a promis d’être avec eux tous les jours, jusqu’à la fin des temps.

En montant au ciel, le Christ se sépare de nous physiquement ; il devient désormais invisible à nos yeux de la chair.

Cependant, comme il l’avait promis, il ne nous laisse pas orphelins ; il continue d’être présent auprès de nous, et il sera avec nous tous les jours, jusqu’à son retour glorieux à la fin des temps.

Le Christ est avec nous, à travers sa Parole, car il le Verbe (la Parole) de Dieu ; à travers la prière, car il avait dit : « là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt 18, 20) ; à travers le prochain, en particulier les plus pauvres, car au jour du jugement, il dira au bons: « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40) ; ou inversement, aux méchants :  « chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait » (Mt 25, 45).   Jésus est présent parmi nous à travers les sacrements, plus particulièrement l’Eucharistie, car il a dit du pain : « Ceci est mon corps » (Mt 26, 26), et du vin : « Ceci est mon sang » (Mt 26, 28).

Que l’Esprit Saint nous aide à le voir, à le reconnaitre et à l’aimer, à travers toutes ces différentes manifestations. Qu’il nous donne la force et le courage de témoigner de lui et de son Evangile aux hommes et aux femmes de notre temps, non seulement en parole, mais aussi par notre comportement et nos actes. Amen !