Homélies

24e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – ANNÉE B – 16 septembre 2018

 Homélie du frère Benoît Ente

Un homme de parole. C’est ainsi que le cinéaste Wim Wenders définit le pape François dans son dernier film qui vient juste de sortir mercredi. Effectivement, l’objectif du film est d’abord de mettre en image la parole d’un homme.

La parole d’un homme qui introduit un souffle neuf, qui bouscule les habitudes bien établies, comme le choix de son nom François. Cela faisait plus de 1000 ans que c’était toujours les mêmes prénoms qui tournaient parmi les évêques de Rome. Franchement dit, Il était temps !

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18e dimanche du temps ordinaire – Année B – 5 août 2018

 

 

Homélie du fr. Jean Pierre Mérimée

La réalité du pain, l’image du pain, le symbole qu’il représente sont au  centre de la prédication chrétienne. En ce temps de vacance, je vous propose d’aller faire un tour du côté de la basilique sainte Marie-Madeleine de Vezelay pour saisir, à titre d’exemple, comment l’iconographie romane notamment a pu inspirer les prédicateurs sur le sujet. Et ce qui était vrai il y a plus d’un  millénaire l’est toujours aujourd’hui. Ainsi le petit tympan sud qui représente l’enfant Jésus  enveloppé dans des langes a été sculpté de façon à le faire ressembler à un pain « parce qu’il devait servir à la nourriture de nos cœurs » développe l’auteur d’un sermon de Noël contemporain. Un autre exemple, le plus célèbre, est le chapiteau dit du Moulin mystique, décrit ainsi par un savant professeur: « Moïse vêtu d’une tunique courte et les pieds chaussés comme un esclave se penche sur l’entonnoir d’un moulin où il déverse le contenu du sac de grain qu’il porte sur son épaule. Saint Paul en toge de citoyen libre tend un autre sac sous la meule pour recueillir la farine. La roue du moulin figure une croix inscrite dans un cercle. C’est la croix qui donne à l’ensemble sa cohérence.

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17e Dimanche du Temps Ordinaire – Année B – 29 juillet 2018

LA FAIM DU SALUT

La mort de faim, de l’injustice.

Dans l’Evangile aujourd’hui, saint Jean nous raconte : « après les signes qu’il accomplissait sur les malades, Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples. »

Mais il ne prend pas le temps pour se reposer. Il levait les yeux et voyait une grande foule qui venait à lui ! Il réalise encore  un signe encore pour rassasier cette foule.

Et après ce signe, il restait douze paniers pleins de nourriture. Douze paniers comme les douze diciples. Alors de nouveau il se retira dans la montagne. Continuer la lecture

15e dimanche – Temps Ordinaire – 15 juillet 2018

Homélie du frère Maurice Billet

Ce matin, nous entendons le récit d’un commencement : celui de la première mission confiée aux douze apôtres. Ils l’ont vu parcourir la Palestine, guérissant les malades, réconfortant les pauvres, pardonnant aux pécheurs. Et ils l’ont vu connaître des échecs. L’un d’entre eux nous a été mentionné dimanche dernier ; il s’est vu rejeté par les gens de son village. Nous nous rappelons cette célèbre phrase : « Nul n’est prophète dans son propre pays. »

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Nativité de saint Jean-Baptiste

 Homélie du frère Benoît Ente

Les signes du désir de Dieu pour nous

J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom. Ces mots ne concernent pas seulement le prophète Isaïe ou Jean-Baptiste. Il vous concerne aussi. Vous et moi. Tout être humain est le fruit du désir de Dieu. Vous, moi… Vous en doutez ? Regardez les signes que notre Père du ciel nous a donnés pour nous dire qu’il nous appelait à la vie. Des signes si évidents, si grands que nous ne les voyons plus. Le souffle qui vous habite, qui fait battre votre cœur et gonfler vos poumons, qui vous l’a donné ? La lumière de la conscience qui nous fait penser, vouloir, agir, souffrir, aimer, qui vous l’a donné ? Vos parents vous ont peut-être transmis une langue, des valeurs, le goût du sport, mais ce ne sont pas eux qui vous ont donné le souffle et la conscience. Ce sont les dons de Dieu, les signes qui indiquent que le créateur nous donne la vie et nous invite à la vie. Des signes qui nous accompagnent chaque jour et auxquels nous pouvons toujours nous attacher.

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11e dimanche du temps ordinaire – Année B – 17 juin 2018

maurice billetHomélie du frère Maurice Billet

Beaucoup de paraboles parlent du Royaume de Dieu, dans les évangiles. Ce matin, nous avons deux courtes paraboles qui parlent de culture agricole. Et cela, en écho avec la première lecture tirée d’Ézéchiel. Et aussi le psaume. On parle de cèdre, de palmier, de blé. De moutarde (sénevé), plante potagère ; tout est comestible sur cette plante.

Dès le chapitre 2 de la Genèse, le Seigneur est présenté comme un horticulteur attentif : il plante un jardin afin que l’homme qu’il vient de créer soit placé dans un lieu accueillant, il y fait germer toutes sortes d’arbres. Le maître des semences, c’est Dieu dans la Bible.

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10e dimanche du temps ordinaire – Année B – 10 juin 2018

Homélie du frère Jean-Pierre Mérimée

Pour que notre vie soit orientée,  qu’elle ait une boussole,  il est nécessaire de nommer le mal. C’est ce que fait la Genèse dans le passage que nous venons d’entendre. Le contexte de ce premier livre de la Bible n’est pas historique naturellement, il est ontologique – c’est-à-dire qu’il vise ce qui est la racine de l’être profond, si nous le lisons à la lumière de l’hébreu dans une perspective intérieure et symbolique. Adam, comme le souligne Annick de Souzenelle, désigne la terre et avec elle, l’homme intérieur non encore accompli que nous sommes tous, homme ou femme. Il s’agit que les deux faces d’Adam, ish la lumière et isha l’ombre – à savoir la lumière non encore accomplie-  s’accomplissent, aillent dans la vie divine, sans penser à mal. Consommer du fruit de la connaissance du bien et du mal revient donc à régresser, déserter l’homme intérieur, se mettre justement à penser à mal. La Genèse  marque très nettement que la vocation de l’homme est de se tenir dans la gloire de Dieu sans se laisser détourner par rien d’autre. Quant au  moralisateur qui  part en croisade contre le mal, on peut craindre que ce soit pour se venger de la vie, qu’il n’aime pas. Comme si Dieu avait été inventé par les hommes pour faire échec au mal ! La peur le fait se barricader derrière ses certitudes, parce que, s’il l’aimait, la vie, il ne songerait pas au mal, il songerait à vivre, à voir le bien là où il est. Il goûterait à l’arbre de la vie que Dieu a planté au centre de son jardin, identifié au  Christ dans le livre de l’Apocalypse.

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Homélie de Messe d’Ascension

 Homélie du frère Franck Dubois

Mon papa aujourd’hui à la retraite a pris beaucoup de photo dans sa vie, la plupart ne sont toujours pas classées et encombrent cartons et étagères (ces photos furent prises avant le numérique). Ma maman lui a souvent dit : « tu vas passer beaucoup de temps dans l’ascenseur pour classer tes photos » exprimant par là sa conception, très imagée,  du temps de purification qui serait nécessaire à papa pour accéder au ciel ; le temps d’achever, en transit entre terres et cieux, ce qu’il n’aura pas encore accompli sur terre au jour de sa mort. Evidemment, maman dit ça à papa pour l’inciter à ranger son bazar. Il lui arrive aussi de rappeler à mon père que, au fond, ça ne sert à rien d’accumuler trop de choses, parce qu’on ne partira avec rien de tout ça là-haut. Avouons que c’est un peu contradictoire avec le coup de l’ascenseur, mais pas faux non plus. Ou peut être justement que le temps de transit entre ici bas et là haut sera proportionnel au nombre de choses plus ou moins inutiles et futiles accumulées sur terre, et qui nous retiendraient dans notre dernière course vers les cieux…

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7e dimanche de Pâques : Unis dans le nom du Père

Denis CerbaHomélie du frère Denis Cerba, op.

Nous avons célébré jeudi dernier l’Ascension, le départ du Christ, et nous vivons depuis lors dans cette absence. Les disciples, et nous après eux, ne bénéficions plus de cette relation directe, immédiate, quotidienne, quasi-évidente au Christ. Cela marque définitivement notre condition de chrétien sur cette terre : le Christ n’est plus là. Pourtant le Christ demeure le centre de notre vie, le nerf de notre relation à Dieu : le Christ est parti, mais pourtant il ne nous a pas abandonnés. Il veut plutôt que nous franchissions un palier, sans doute que nous entrions avec lui dans une relation plus profonde que celle de la simple fréquentation quotidienne, où la méprise et la superficialité sont facilement à l’aune de la familiarité. Avant sa mort, les disciples l’ont pris les uns pour un simple rabbin, les autres pour un simple maître de sagesse, les autres encore pour un simple prophète, certains même pour un simple chef de bande, un agitateur, et il n’est pas sûr que même maintenant ils aient vraiment compris qui il était — et la même question se pose évidemment pour nous : pour qui prenons-nous vraiment le Christ ?

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