Homélies

Rameaux 2016 : nous sortir définitivement de la violence

Homélie du frère Denis Cerba

Denis CerbaLe récit de la Passion du Christ a chez Luc une couleur particulière : Jésus y parle beaucoup (beaucoup plus que chez Mathieu ou Marc), et sans que la violence des événements soit en rien dissimulée, il y a comme une certaine paix qui traverse l’ensemble : au pied de la Croix, la foule est finalement plus curieuse qu’hostile (« Le peuple se tenait là, à regarder »), et elle finit retournée, bouleversée, repentante : « Sûrement, cet homme était un juste ! ». Quant à Jésus en Croix, aucune parole de désespoir ou de reproche ne jaillit de sa bouche, et notamment pas le fameux « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ! » — mais seulement des paroles de pardon : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font », « En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis ». Et il expire en prononçant ces paroles empreintes de confiance et de sérénité : « Père, en tes mains je remets mon esprit ».

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Le visage de son Père

Benoît EnteHomélie du 4ème dimanche de Carême par le frère Benoît Ente (Josué 5,9-12 ; 2° lettre aux Corinthiens 5,17-21 ; Luc 15 1-3.11-32)

Frères et sœurs, nous aurions de multiples raisons d’être tristes. Que ces raisons se trouvent dans nos familles, dans notre pays ou dans le monde. Et ce sont de bonnes raisons. Au moins aussi bonnes que celles de la foule qui écoutait Jésus. Et pourtant, Jésus leur parle, nous parle de joie. La joie imprenable d’un Père qui retrouve son fils… A rebours de toutes les représentations de Dieu qui nous collent à l’esprit, tournant le dos à une logique de récompense des mérites et de punition des fautes, Jésus nous révèle le visage de son Père. Par ses mots, il nous fait découvrir ce que nous ne pouvions imaginer : l’infinie bonté de notre Dieu.

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Aujourd’hui, tout est accompli

Hervé PonsotHomélie du frère Hervé Ponsot pour le 3e dimanche du temps ordinaire, sur Ne 8, 2-4a.5-6.8-10 ; 1 Co 12, 12-30 ; Lc 1, 1-4 ; 4, 14-21.

Frères et sœurs, alors que je venais d’arriver en Haïti il y a un peu plus de dix ans, je fis connaissance de la prédication locale : comme c’est l’usage là-bas, trois quarts d’heure en créole, une langue que je ne connaissais évidemment pas. Mais quand j’entends la première lecture, qui évoque la proclamation et le commentaire de la Loi par Esdras devant tout le peuple, « du lever du jour jusqu’à midi », Continuer la lecture

Cana : Le manque

Noces de CanaHomélie du frère Jean-Pierre Brice Olivier le dimanche 17 janvier 2016 sur Isaïe 62,1-5 ; 1 Corinthiens 12,4-11 ; Jean 2,1-11.

Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit.

Le premier signe public donné par Jésus a lieu au cours d’un repas de noces et nous savons l’importance que revêt dans l’écriture le festin des noces.

La mère de Jésus était invitée, et Jésus aussi, avec ses disciples, les amis des amis…

Jésus est l’hôte invité, et il va devenir l’hôte qui reçoit, généreusement.

Dans la langue française, le terme d’hôte signifie à la fois celui qui donne l’hospitalité et celui qui est reçu. Le même mot désigne ensemble, l’hôtelier et le convive, le commensal et l’amphitryon.

Beau concept qui nous place à égalité de réception : celui qui accueille bénéficie de la visitation de l’autre, qui lui même donne par sa présence autant qu’il reçoit.

En effet, dans une rencontre, toutes les personnes sont des hôtes. Aucune différence ni redevance.

Magnifique échange, où il n’y a ni accueillant ni accueilli, ni riche ni pauvre, ni donateur ni quêteur, mais des personnes en présence qui se donnent, toutes bénéficiaires.

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La paix pour l’année qui vient

Emmanuel DolléHomélie du frère Emmanuel Dollé le 1er janvier 2016, journée mondiale pour la Paix, fête de Sainte-Marie, mère de Dieu (Nombres 6,22-27 ; Galates 4,4-7 ; Luc 2,16-21)

Il y a huit jours nous célébrions la Nativité. Aujourd’hui, premier jour d’une nouvelle année, l’évangile ramène à ce premier jour d’une ère nouvelle, pas de celle que l’Histoire appelle « après Jésus Christ » (il semblerait même que l’enfant soit né 4 ou 6 ans avant !) ; premier jour d’une ère de Jésus Christ, où nous devons montrer que le Christ continue à vivre et à évangéliser à travers nous.

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Jésus aux affaires… de son Père

Thierry Hubert, TripaliumHomélie du frère Thierry Hubert pour le dimanche de la Sainte Famille (1 Samuel 1, 20-22.24-28 ; 1 Jean 3, 1-2.21-24 ; Luc 2, 41-52)

Nos yeux voient la crèche et nos oreilles viennent de nous projeter au temple douze ans plus tard. Nos yeux nous placent à Bethléem et nos oreilles à Jérusalem. 10 kms de distance entre les deux.

C’est ce que l’on pourrait appeler un grand écart oto-olphtalmo-temporel, des oreilles, des yeux et dans le temps, un grand écart qui pourrait nous faire vaciller si finalement Jésus lui-même ne venait nous remettre sur pied.

Car de la crèche au temple, de Bethléem à Jérusalem, Jésus est en fait chez lui. Continuer la lecture

Grâce après grâce

Benoît EnteHomélie du Jour de Noël par le frère Benoît Ente (Isaïe 52,7-10 ; Hébreux 1,1-6 ;  Jean 1,1-18)

Chers frères et sœurs,

Avez-vous vu le film Demain ? … De mon côté, quand je suis allé voir ce film, il s’est passé quelque chose de rare au cinéma : les spectateurs à la fin se sont mis à applaudir, comme ça, spontanément. Chacun ressentait une joie qu’il avait envie de partager aux autres. Dans le film, une poignée d’artistes ont pris leur caméra pour faire le tour du monde en quête des initiatives porteuses d’avenir. Et devant nos yeux des hommes, des femmes de tous les continents qui innovent dans le domaine agricole ou économique et qui déjà construisent le monde de demain. Continuer la lecture

La vraie joie

Denis CerbaHomélie du frère Denis Cerba pour le 3e dimanche de l’Avent, dit « Gaudete » (Réjouissez-vous) sur Sophonie 3, 14-18a ; Philippiens 4,4-7 ; Luc 3,10-18.

Aussi bien le prophète Sophonie que saint Paul aux Philippiens nous placent ce matin sous le signe de la joie — par anticipation, bien sûr, la joie de Noël. Si l’expérience de la vie ne suffisait pas, si les circonstances présentes ne suffisaient pas (qui n’incitent guère à la joie), l’Évangile serait là pour nous rappeler que la joie du Christ n’a rien de mièvre, quand bien même elle s’incarne avant tout dans la simple naissance d’un enfant. Continuer la lecture

Dieu s’est anéanti

Jean-Pierre Brice OlivierHomélie du frère Jean-Pierre Brice Olivier pour le 2e dimanche de l’Avent sur Baruch 5,1-9 ; Philippiens 1,4-6.8-11 ; Luc 3,1-6

L’évangile de Luc abonde en précisions solennelles, pour nous indiquer que l’incarnation du fils de Dieu, se prépare et se réalise dans un peuple particulier, un pays déterminé, une histoire précise et une religion spécifique. Ainsi soulignera t-il encore le recensement d’Auguste, sous le gouvernorat de Quirinius, au moment de la naissance de Jésus. Continuer la lecture

Veiller

veilleHomélie du frère Dominique Motte le 29 novembre, pour l’ouverture de l’Avent, à propos de Jérémie 33,14-16 ; 1 Thessaloniciens 3,12-4,2 ; Lc 21, 25-28.34-36

Veiller : un des rares mots du vocabulaire religieux qui ait résisté à l’usure du temps. du moins ici en France. Et pourquoi cette permanence du sens, ce refus de mots comme « veiller », « vigilance », « éveil », de rendre les armes face à la banalisation ou à l’étrangeté de bien des mots du catéchisme, sinon du « credo » lui-même, oui pourquoi ? Continuer la lecture