Homélies

Dieu sans limites

Limite de vitesseHomélie du frère Hervé Ponsot sur Nb 11,25-29 et Mc 9,38-48

Frères et sœurs, la jalousie serait-elle un défaut spécifiquement féminin ? Figurez-vous que l’on en débat sur les forums en ligne, alors que, dans la mesure où cette jalousie résulte de l’appréhension du manque, à savoir « je n’ai pas ce que l’autre a ou paraît avoir », elle s’éprouve certainement aussi bien chez l’homme que chez la femme : d’ailleurs, dans la première lecture, elle est le fait de Josué qui voulait se réserver l’esprit de prophétie, et dans l’évangile, de Jean qui voulait s’approprier la capacité à expulser les démons.

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Hospitalité de Dieu

Thierry HubertHomélie du frère Thierry Hubert, sur Marc 9,30-37

C’était à la gare de Nantes. Il y a quelques années. J’accompagnais un groupe d’étudiants et nous venions de vivre une rencontre nationale « Chrétiens en Grande École », avec pour thème « Jésus, maître et serviteur ».

Je repartais, en bel habit dominicain, tout grisé par ce week-end, pétri par les enseignements, les ateliers, les célébrations enlevées et les témoignages entendus. Le maître est devenu serviteur. Ok. C’est validé.

Évidemment, tout notre joyeux groupe était pressé de ne pas rater le train du retour et c’est donc d’un pas rapide que nous franchissions le hall de gare, sans prêter attention ni à droite, ni à gauche. En fait, nous avions encore 20 mn d’attente, de quoi papoter et chanter, histoire de mettre de la vie dans la gare, en faisant de l’évangélisation trash. Continuer la lecture

Hospitalité sacrée

Philippe KhoshabaHomélie du frère Philippe Khoshaba, le 13 septembre 2015, sur Is 50,5-9a, Jc 2,14-18 et Mc 8,27-35.

Je ne ferai pas d’homélie, une sorte de commentaire rabbinique, mais plutôt un hymne à la beauté de la communion. Je commence donc par une histoire simple :

Durant la guerre entre l’Irak et l’Iran, qui a duré 8 ans dans les années 80, nous avions eu un témoignage formidable d’un groupe de prisonniers de guerre irakiens revenus d’Iran dans les années 90. Ce groupe était composé des prisonniers chrétiens et musulmans dans une des prisons. Ils recevaient, pour chaque jour, un gobelet de soupe et une petite galette sèche afin de la tremper dans la soupe ; c’était pour toute la journée, leur unique nourriture.
Or, un jour, un des prisonniers a créé des problèmes avec les gardiens, et on l’a mis dans un cachot d’un mètre carré, il fallait s’accroupir pour y rester 2 semaines sans rien manger. Le cachot était près de prison à quelques mètres. Continuer la lecture

Ouvre-toi !

duboisPour le 23e dimanche ordinaire, par le frère Franck Dubois
Sur Mc 7,31-37

 

Soupir…. Il y a de quoi soupirer parce que c’est la rentrée. Il va falloir s’y remettre, au travail, à l’école, soupir aussi en regardant l’actualité et en constatant que, non, ça ne va pas mieux. Et Jésus aujourd’hui soupire avec nous. Peut-être que lui aussi aspire à une pause, un répit. Mais le repos de Dieu n’est pas encore arrivé. Tant que des hommes souffriront sur terre, Dieu sera à l’œuvre. Son Sabbat attendra.

Jésus soupire auprès du sourd muet, car il en a assez de voir la déferlante des misères. Un malheureux de moins, pour lui tout a changé, mais qu’est ce qu’un sourd muet en moins face à ces foules de miséreux qui attendent encore qu’une bonne fois Dieu prenne pour eux sa revanche sur leur mal. Continuer la lecture

Homélie pour les professions solennelles en la fête du martyre de St Jean-Baptiste

Par le frère Michel Lachenaud, o.p., prieur provincial de France

Retable d'IssenheimMathias Grünewald, dans son retable de Colmar, campe Jean Baptiste aux pieds du Crucifié. Jean Baptiste est tout entier dans cet index prophétique tendu vers Jésus « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde », mais tout son ministère ne se réduit pas à ce signe gestuel, ni même au signe verbal qui l’accompagne. Le témoignage de Jean culmine dans son martyre. Par sa parole et par sa vie Jean éveille la foi d’Israël au Messie qui vient, qui est là parmi eux, Lui qui apporte la vie en plénitude. Cette mission du Précurseur est aujourd’hui la vôtre, mes frères, vous qui avez décidé d’être comme Jean des envoyés de Dieu pour préparer les hommes à être disponibles à le rencontrer.

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Homélie du 6ème dimanche de Pâques

hpFr Hervé Ponsot, op

 

 

 

 

L’amour d’amitié

Frères et sœurs, il n’est pas rare de rencontrer des personnes qui s’étonnent qu’un religieux prêtre comme je le suis puisse parler aujourd’hui d’amour : quelle qualification a-t-il pour cela alors qu’il ne connaît rien par exemple à l’amour conjugal ? Eh ! bien, au risque de choquer ou simplement de surprendre, je vais le faire : d’abord parce que la deuxième lecture et l’évangile ne parlent que de cela et ne me donnent pas le choix, mais aussi parce que ce mot d’amour, et plus encore la réalité de l’amour, sont aujourd’hui galvaudés et méconnus.

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Homélie du 3ème dimanche de Pâques

hpHomélie du fr. Hervé PONSOT, op

 

 

 

 

Rendre témoignage aux Écritures

Frères et sœurs, le dernier mot de l’évangile que nous venons d’entendre est celui de « témoins ». C’est un thème sur lequel saint Luc revient souvent, en recourant à deux termes différents : le premier, employé une seule fois, consiste à simplement rendre compte, c’est le témoignage visuel ; et le deuxième, très fréquent, qui évoque un engagement personnel allant jusqu’au don de la vie, c’est le martyre. C’est le terme employé ici, et tout au long des Actes des Apôtres, sans doute parce que c’est le service que Jésus attend de ses disciples au lendemain de la résurrection.

Frères et sœurs, avons-nous le choix entre deux appels ? Je ne le crois pas. Même si vous comme moi, braves mais pas téméraires, nous nous voyons peut-être plus facilement en simple témoin qu’en martyr, cette possibilité ne nous est plus offerte : à moins d’avoir des apparitions, le temps de la vision a disparu. Il nous faut bien être témoin au sens de martyr. Mais cela ne veut aucunement dire qu’en sortant de cette célébration, vous deviez vous précipiter à la rencontre de vos bourreaux : le martyre est en quelque sorte un accident, dans la mesure où l’on ne choisit pas d’être martyr, on le devient, c’est un aboutissement. Continuer la lecture

Homélie de la vigile pascale

img_1127-e1395388294942Homélie de la vigile pascale par le fr. Denis BISSUEL, op

 

 

 

A l’aube du premier jour de la semaine, alors que le soleil se levait, des femmes, Marie-Madeleine et une autre Marie, se rendirent au tombeau, interrogatives. Il s’est alors passé pour elles quelque chose de bouleversant, terrifiant même, que les mots ne suffiront jamais à exprimer totalement, un événement insaisissable, unique et dont on parle encore : un Ange de Dieu rayonnant de blancheur était là à l’entrée du tombeau, tranquillement assis, qui leur dit :

Pourquoi pleurer ? N’ayez pas peur ! Vous cherchez Jésus, de Nazareth le crucifié, il n’est plus ici, il vous précède maintenant en Galilée, c’est là que vous le verrez. Partez et allez dire à ses disciples qu’il est ressuscité comme il vous l’avait dit.

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Homélie du Jeudi saint

img_1127-e1395388294942Homélie du Jeudi saint par le fr. Denis BISSUEL, op

 

 

 

Je ne sais pas si vous avez l’expérience de la randonnée, pas la petite promenade digestive du dimanche, mais la marche qui doit vous conduire loin et haut, celle pour laquelle il vaut mieux se préparer et prendre quelques précautions si l’on  veut arriver au bout, rester en forme et garder un bon moral : il est essentiel de prévoir un bon casse-croûte riche en calories et d’avoir les pieds en bon état.

Il en va de même dans notre vie de foi. Nous sommes des pérégrinant, pèlerins par nature, toujours en marche et à coup sûr éprouvés un jour ou l’autre par la faim, la fatigue ou la soif, parfois par ces ampoules qui vous écorchent là où ça fait bien mal et vous empêchent d’avancer ; ou encore assailli par le doute, le découragement, ou quelque question angoissante à vous tordre l’estomac.

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Homélie du Vendredi saint

Homélie du Vendredi saint par le fr. Denis Cerba, op

Nous contemplons ce soir la Croix, et nous y cherchons quelque chose d’important : le message le plus profond de l’Évangile, ce qui va donner sens à notre vie d’homme et de chrétien. C’est une recherche un peu difficile, parce que c’est plutôt un non-sens qui nous frappe au premier abord et qu’on ne peut pas éluder : le non-sens de la condamnation du juste et de la souffrance de l’innocent. Jésus est le juste par excellence — et il a été condamné. Jésus est l’innocent, celui qui n’a fait que le bien — et il a souffert le supplice de la croix. Ce n’est certainement pas dans l’exaltation de ce qu’il y aurait quand même de bon dans tout cela qu’on cherchera dans la bonne direction : il n’y a rien de bon dans la condamnation du juste et la souffrance de l’innocent — c’est une réaction instinctive en nous et de grande valeur : qu’un seul juste soit condamné, qu’un seul innocent souffre, c’est un scandale — et rien de plus qu’un scandale. Continuer la lecture