Cendres 2017 : sonner la trompette

Homélie du frère Denis Bissuel

En ce premier jour du carême nous entendons venus du Seigneur quelques mots forts, qui sont des verbes, des impératifs même : revenez à moi ; convertissez-vous ; laissez-vous réconcilier ; déchirez, oui déchirez votre cœur et revenez au Seigneur.

Un temps nous est donné, symbolique, de 40 jours, temps biblique nécessaire pour gravir la montagne de Dieu, traverser le désert pour arriver en terre promise, temps d’une génération donc de notre vie. Temps au cours duquel il doit se passer quelque chose, encore faut-il le vouloir, le désirer d’un grand désir. Qu’est-ce que je veux ? Qu’est-ce que nous voulons ? Vouloir changer notre manière de vivre, nous convertir, réorienter notre vie vers le Seigneur pour la rendre conforme à ce qu’il attende de nous.

C’est le moment, nous dit l’apôtre, l’heure est venue ; c’est vrai et peut-être plus que jamais.

Nous vivons une période délicate et difficile. Notre société est travaillée par de nombreuses et parfois redoutables questions, et doit faire face à de grands défis. Les clivages, les tensions, les fractures divisent et déchirent notre humanité et provoquent des réactions de peur, de repli et de haine. Il y a et il y aura des décisions à prendre dans la société, dans l’église, dans notre église, dans nos communautés, dans notre communauté, et dans notre vie personnelle, pour les réorienter dans la bonne direction.

L’heure est venue, et pour reprendre une expression des textes de l’Écriture aujourd’hui, l’heure de sonner de la trompette, non pas devant sa propre personne pour se distinguer, se faire remarquer, obtenir la gloire qui vient des hommes et tirer notre épingle du jeu. Non, sonner de la trompette et du cor de manière prophétique, c’est-à-dire en réunissant le peuple, en tenant une assemblée sainte. C’est Dieu lui-même qui nous le demande.

S’il y a pénitence, c’est pour la conversion ; s’il y a conversion c’est pour la vie, notre vie personnelle et commune. La conversion doit nous conduire à la communion, faire de nos rassemblements et de nos assemblées des assemblées saintes, saintes pour nous, saintes pour nos frères, et saintes sous le regard de Dieu.

Comme nous n’en sommes pas capables par nos seules forces humaines, le Seigneur nous donne quelques trucs, quelques moyens : l’aumône, la prière et le jeûne ; le partage entre nous ; la relation au Seigneur : lui parler, l’écouter, lui obéir ; avoir faim, faim de la parole de Dieu, de l’amour de nos frères.

Le cendres que nous allons recevoir nous rappellent que nous devons mourir au péché pour revenir à Dieu, renaître à la vraie vie, celle de Pâques, du Christ ressuscité.