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4° dimanche de Carême : réparer les vivants

Homélie du frère jean-Pierre Mérimée

« En ce temps là en sortant du temple, Jésus vit ». Il vit : notation d’apparence anodine – il s’agit d’une scène de la vie quotidienne, un pauvre à la porte d’une église – mais pas si banale que ça en vérité. Encore faut-il voir en effet ce que l’on voit, cela veut dire déjà ne pas détourner le regard, ensuite savoir exercer une qualité de regard particulière, permettant de prendre la mesure de ce que l’on voit  et d’en tirer les conséquences : une règle de conduite, un comportement. C’est donc se sentir engagé par ce que l’on voit. Ce n’est pas si fréquent, même si on n’est pas aveugle de naissance. La politique de l’autruche, nous connaissons.

Il faut également, autre précision du texte, sortir du Temple, rencontrer celui qui est à la porte, sur le parvis, le profane au sens étymologique du terme : celui qui est pro-fanum, devant le temple.

Car, souligne Jésus : « Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour». C’est ce que Jésus est venu faire parmi nous : réparer les vivants, tous les vivants, en faire des voyants, des croyants, leur permettre de vivre enfin leurs désirs d’être eux-mêmes, d’accomplir pleinement leur humanité en libérant ce gisement de lumière qu’ils portent en eux depuis l’origine. Gisement prisonnier de leur nuit, de leurs obscurités, de leurs violences, de leurs lâchetés comme l’amande est prisonnière de la coque, comme le regard de l’aveugle de naissance est privé de la lumière. « Frères, autrefois vous étiez ténèbres ; maintenant dans le Seigneur, vous êtes lumière » affirme Saint Paul aux Ephésiens.

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