Archives pour l'étiquette corps

23° dimanche Ordinaire : OK, Google ?

Homélie du frère Franck Dubois, o.p

A vue de nez on est plus que deux ou trois, il y a donc du beau potentiel. Si on se met tous à demander un truc en son nom, on devrait faire bouger les choses. Bien sûr il faudrait d’abord se mettre d’accord, ce qui n’est jamais une mince affaire ici en France. Je crains qu’assez vite l’assemblée se divise en factions, groupes de pression et autres amicales faussement désintéressées pour soumettre chacun ses doléances, qui risquent même parfois d’être contradictoires : plus de chaleur (en hiver), plus de fraîcheur (en été)… Bref, ce n’est déjà pas une mince affaire de se mettre d’accord entre soi. C’est peut-être pour cela que Jésus insiste : je ne reçois pas de demande avant que vous vous arrangiez entre vous. Un appel à la responsabilité.

Et Dieu sait si c’est compliqué. On préfèrerait de loin traiter en direct avec le patron. Du genre : « Seigneur, ce type est une crapule, règle-lui son compte » mais non, il faut encore aller soi-même le lui signifier. Le Seigneur sait bien qu’il y a pas mal de chance que nous modulions notre vocabulaire lorsque nous aurons le bonhomme en face, et sans doute aussi notre jugement. Et pas possible non plus de demander en direct au Big Boss un petit service perso. Vous savez ce qu’il convient maintenant d’appeler une requête « ok Google ». Je remercie au passage le frère Benoît de m’avoir introduit dans l’univers merveilleux du « ok Google ». Vous parlez à votre machine, en secret, dans votre chambre, dans la rue, aux toilettes, où vous voulez et, hop, elle vous répond, vous résout vos problèmes : un resto à proximité, ok Google, un billet de train acheté, ok Google, et puis bien sûr : tiens au fait à quel âge et mort Mickael Jackson, quelle est la capitale des Iles Salomon. Hop, en un clic, sans détour, la réponse. Déconcertant de facilité, pas besoin de perdre du temps à s’entendre avec des hommes, on ne dépend de personne, on peut enfin la jouer perso. Mon problème, ma réponse, mon téléphone, mon monde quoi… rien qu’à moi…

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Dimanche du Corps du Christ : Reconnaissance

Homélie du fr. Thierry Hubert, o.p.

Lundi dernier, je rencontrais pour la dernière fois un couple de fiancés avant la messe de leur mariage et, comme séance récapitulative, nous avons partagé à partir de la bénédiction nuptiale. S’il vous arrive d’assister à des messes de mariage, il ne vous aura pas échapper que la dite bénédiction est placée à la fin de la prière eucharistique, juste après le Notre Père. Comme une façon de signifier que les deux sacrements, du mariage et de l’eucharistie, s’éclairent et se comprennent mutuellement. Il est tous les deux questions de corps qui se donnent par Amour. « Ceci est mon corps, livré pour toi. Prends-le ». Deux sacrements, où l’on célèbre l’amour qui s’offre, entièrement, au risque de perdre.

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7°dimanche ordinaire : notre sainteté

Homélie de frère Jean Pierre Brice Olivier

Dans les trois textes de la parole de Dieu, lus aujourd’hui, il est question de notre sainteté.

Un mot qui nous impressionne, nous fait peur, nous dit que ce n’est pas pour nous, mais réservé à quelques personnes exceptionnelles. Il peut nous arriver de l’évoquer à propos d’un autre, mais si quelqu’un prend le risque de le dire à notre sujet, nous préférons ne pas l’écouter. C’est comme l’amour, on ne sait pas où cela va nous entraîner. Peut-être y a-il méprise sur la compréhension de la sainteté ?

Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint.

Dieu partage tout, même sa sainteté. C’est la sainteté de Dieu qui peut nous habiter, pas une autre. Pas même la nôtre. Peut-être s’agit-il tout simplement d’un don, du vouloir de Dieu, qui a pour seule exigence d’être accueilli ? Recevoir ce don, le contenir, héberger Dieu en nous.

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Dimanche du Saint-Sacrement : table commune

Benoît Ente  Homélie du frère Benoît Ente

Chers frères et sœurs, qui parmi vous a déjà préparé ce qu’il allait manger ce midi ? Eh oui, souvent, la bonne cuisine, cela se prépare à l’avance. Parfois, il faut commencer la veille et parfois même encore avant. Notre Père céleste, lui, pour préparer notre repas s’y est pris plusieurs milliers d’années en avance. C’est dire la qualité de la cuisine qu’il nous sert. Déjà au temps d’Abraham, Melkisédek fait apporter du pain et du vin. C’est à la fois un  signe et une préparation du repas que nous sommes en train de partager aujourd’hui, le repas de l’Eucharistie. Le pain et le vin qui compose notre repas ont été choisis par Jésus pour en faire son corps et son sang.

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