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L’Épiphanie du Seigneur : convergences

Homélie du frère Grégoire Laurent Huyghues Beaufond

L’épiphanie que nous célébrons aujourd’hui nous parle un langage de convergence, on pourrait même dire que l’épiphanie parle un langage inclusif. Je retiens deux convergences, et je parlerai de désir.

Convergence, d’abord, de deux regards, de deux désirs : le regard des mages, le regard des scribes.

Les mages d’abord. Ce sont des savants en quête de vérité. Des mages qui scrutent la création de Dieu, qui regardent en particulier son ciel. Et ces mages ont un regard suffisamment perspicace pour premièrement voir une étoile nouvelle, et deuxièmement, pour savoir l’interpréter et la suivre. Ce regard est un regard intelligent, et un regard qui désire, on pourrait dire que c’est le regard d’une intelligence qui désire, ou le regard d’un désir qui raisonne. Il ne s’agit pas de regarder de loin, de constater le phénomène céleste, il faut aller voir les choses de plus près. Peut-être, sans doute, ce regard et ce désir sont-ils ambigus, mêlés de superstitions : magie, astrologie, divination … mais enfin, ils voient l’étoile, et ils la suivent. Et ce regard qui désire, ce désir qui regarde, les mène à Jérusalem, à la rencontre d’un autre regard et, n’en doutons pas, d’un autre désir, le regard et le désir des scribes. Les scribe sont eux-aussi des savants, des théologiens et des lecteurs de l’Écriture sainte. Eux-aussi, ils ont cette intelligence qui désire comprendre ou ce désir qui veut savoir. Et ils savent, oui car c’est le privilège des enfants d’Israël, hier comme aujourd’hui, ils savent que le messie va naître dans leur peuple, sur leur terre, à Bethléem. Les mages, ces savants païens, ont besoin des scribes pour trouver le Messie. Mais les scribes auraient aussi besoin des savants païens pour apprendre à se prosterner devant le Messie.

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Nuit de Noël 2016 : terre et le ciel enfin réconciliés.

img_1127-e1395388294942 Homélie du fr. Denis Bissuel, op

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur les habitants du pays de l’ombre une lumière a resplendi.

Frères et sœurs, en cette nuit de Noël l’Église se réjouit d’une joie lumineuse, profonde et vraie. Aux creux de nos hivers, dans les vielles de nos nuits, alors que notre monde connaît tant de violence et de haines fratricides, un cri retentit fort et imperceptible. Dans les champs de nos vies une parole se fait entendre : Écoutez, l’heure est venue, n’ayez pas peur, voici que je vous annonce une grande joie. C’est une Bonne Nouvelle pour tous et pour chacun qui n’est pas réservée à quelques initiés, aux prétendument sages et aux intelligents.

Cette Bonne Nouvelle, la voici : aujourd’hui Dieu vient habiter avec nous pour toujours parce qu’il nous aime et que l’amitié ne peut s’accommoder de trop grandes distances. Aujourd’hui Dieu, cette nuit, Dieu se fait l’un de nous. Il se donne à nous comme sa Parole ; le Verbe se concentre, prend corps et chair humaine. Un enfant nous est né, un Fils nous est donné, et la terre et le ciel enfin réconciliés unissent leurs voix pour proclamer sa gloire et sa louange, car il est le Messie attendu, de la descendance d’Abraham, rejeton de David, Fils de l’Homme et Fils de Dieu.

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