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2° dimanche de Carême : deux montagnes, deux fils bien aimés

Homélie du frère Thierry Hubert, op

Il n’y avait pas d’ombre ce jour-là sur la montagne de la Transfiguration. Et le soleil avait peut-être aussi disparu. Seule existait la lumière du corps de Jésus, du Corps de celui que Pierre, six jours avant, avait confessé comme le Christ. Donc, la lumière du Corps du Christ attirait les regards, embrassant l’espace et le temps : Moïse et Elie, figures de la loi et les prophètes, et les trois disciples, Pierre, Jacques et jean, tous ensemble étaient présents pour contempler la lumière du corps du Christ, la lumière de Celui que la voix du Ciel désigne à cet instant-là comme le Fils bien-aimé. De la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Non, il n’y avait pas d’ombre ce jour-là, peut-être juste un trop plein de lumière, laissant sans voix les trois disciples, hébétés, abasourdis, Pierre disant un peu n’importe quoi, comme enivré de lumière joyeuse.

L’obscurité, les ténèbres, elles étaient plutôt sur une autre montagne, ou plus exactement dans la tête et le cœur d’Abraham. Il gravissait le sommet où selon un ordre inexplicablement divin il devait sacrifier son Fils, celui qu’il appelait toujours « son unique, son bien-aimé. » « Abraham, Un père peut-il conduire son Fils, son bien-aimé, sur une montagne, pour le perdre ? Comment toi, après avoir trimé toute ta vie à vouloir un enfant, peux-tu facilement renoncer à ton plus grand désir que Dieu pourtant disait bénir ?  Comment accepter de perdre sa descendance, et la vie à venir, de générations en générations comme une cascade bondissante ? » L’obscurité était dans la tête et le cœur d’Abraham qui voyait son Fils, porté sur lui le bois du sacrifice.

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Le visage de son Père

Benoît EnteHomélie du 4ème dimanche de Carême par le frère Benoît Ente (Josué 5,9-12 ; 2° lettre aux Corinthiens 5,17-21 ; Luc 15 1-3.11-32)

Frères et sœurs, nous aurions de multiples raisons d’être tristes. Que ces raisons se trouvent dans nos familles, dans notre pays ou dans le monde. Et ce sont de bonnes raisons. Au moins aussi bonnes que celles de la foule qui écoutait Jésus. Et pourtant, Jésus leur parle, nous parle de joie. La joie imprenable d’un Père qui retrouve son fils… A rebours de toutes les représentations de Dieu qui nous collent à l’esprit, tournant le dos à une logique de récompense des mérites et de punition des fautes, Jésus nous révèle le visage de son Père. Par ses mots, il nous fait découvrir ce que nous ne pouvions imaginer : l’infinie bonté de notre Dieu.

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