Archives pour l'étiquette foi

29° dimanche ordinaire : Prier avec insistance

Benoît Ente Homélie du fr. Benoît Ente, op

Il y a plus de 15 ans, je découvrais le monde monastique. C’était au Mont des Cats. Notre petit groupe avait rencontré un moine pour lui poser toutes sortes de question. A la fin de la rencontre, il nous demande : « Puis-je vous poser à mon tour une question ? » « Bien-sûr. » « Est-ce qu’il vous arrive de prier ? » C’était son unique question. Elle réveillait d’un coup notre expérience spirituelle la plus intime. S’adresser à un être transcendant qu’on ne voit pas. Comme c’est étrange. Et pourtant, c’est si répandu dans le monde, si ancien dans notre histoire. Aujourd’hui, ce dimanche est consacré à la prière, celle que nous portons ensemble et qui, à force d’insistance vient toucher le cœur de Dieu.

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27° dimanche ordinaire : devoir conjugal ou passion amoureuse

jpbo Homélie du frère Jean-Pierre Brice Olivier

Nous sommes des serviteurs inutiles : nous n’avons fait que notre devoir.

Telle est l’ambition et la satisfaction de nombreux chrétiens, et aussi la culpabilité de beaucoup d’autres…Serviteurs inutiles, nous n’avons fait que notre devoir. Quelle tristesse, mon Dieu !
Jésus s’adresse aux disciples qui lui demandent quelque chose d’impossible : augmenter leur foi.
Que devrait-il encore ajouter à sa parole, à sa présence, à ses miracles, à sa chair ?  Quel signe doit-il accomplir pour les convaincre, les persuader de croire en lui ?
La foi en quelqu’un est totale, accomplie, ou elle n’est pas. Croire un autre, lui faire confiance, réclame de nous toute notre adhésion, sans réserve, sans défiance.
Ainsi, Jésus se moque des apôtres en leur indiquant que s’ils avaient la foi de la taille d’une graine de moutarde, ils pourraient ordonner à un arbre d’aller se planter dans la mer. Acte bien utile !

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Jour de Pâques 2016 : voir les Écritures

 

Homélie du frère Alain Riou, en dialogue avec les nombreux enfants présents

frere-alain-riouÉcoutez bien : dans le texte, il y a plusieurs personnes qui voient, en particulier un disciple : « Il vit et il crut. » Je vous poserai une question : « Qu’est-ce qu’il a vu ? » Et, avant d’aller chercher les œufs, vous avez trois réponses à trouver.

« Il vit et il crut. » Qu’a-t-il donc vu ?

Tout d’abord, Jean nous le dit lui-même : il voit les linges, avant même d’entrer dans le tombeau, puis Pierre aussi. Mais on ne sait pas très bien ce dont il s’agit. Il y a deux mots, qui peuvent désigner au moins trois choses : la grande pièce du suaire, la mentonnière dont on enroule la tête pour empêcher la mâchoire de s’ouvrir, des bandes de tissu pour serrer le tout autour du cadavre. D’autre part, on ne peut savoir avec précision si ces linges sont affaissés, posés, déposés ou pliés ; la mentonnière semble restée enroulée là où elle était, on peut aussi comprendre qu’elle est roulée, à part, à côté… Je ne sais si notre curiosité pourra être satisfaite un jour. Mais cela ne me semble pas de la plus grande importance. Ces précisions de Jean sont d’abord là pour nous dire que l’explication de Marie-Madeleine n’est pas la bonne. Il n’est pas pensable qu’« ils » aient emporté le corps sans les linges, un jour du sabbat, en plus le jour de la Pâque : car toucher directement un cadavre empêcherait de participer à la fête et entraînerait des purifications trop compliquées.

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