Archives pour l'étiquette Jean-Baptiste

3° dimanche de l’Avent : désert de solitude

Homélie du frère Jean-Laurent Valois,op

Au fur et à mesure que nous entrons dans l’Avent, frères et sœurs, nous faisons l’expérience d’un double mouvement : D’une part, le Seigneur vient, d’autre part, nous allons vers lui. C’est l’expérience que fait et exprime Jean-Baptiste. D’abord, le Seigneur vient « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; c’est lui qui vient derrière moi. » Et ensuite, nous allons vers le Seigneur: « dans le désert :Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. ». Chez Isaïe, cette parole annonce la libération du peuple exilé à Babylone. Le Seigneur prend sa tête pour le ramener sur sa terre. Une parole toujours relue comme l’annonce de la venue du Messie : « Oui, dans le désert, Préparez les chemins du Seigneur ! »

Le désert… Ne s’agit-t-il pas aujourd’hui de nos campagnes ou des quartiers de nos villes – surtout les plus déshérités – ? Ces déserts peuplés d’hommes et de femmes qui subissent le plus grand fléau de notre époque ; la solitude ! Ils souffrent parce qu’ils se sentent abandonnés des hommes et de Dieu. Les migrants sont loin d’être accueillis. La fracture sociale exclut les uns, le matérialisme ambiant réduit les autres à n’être considérés qu’en fonction de ce qu’ils achètent, bref, la fraternité s’étiole. Et c’est dans ces déserts-là qui, de jour en jour gagnent inexorablement du terrain, comme au Sahara, que le Messie est attendu.

Continuer la lecture

2° dimanche ordinaire : l’agneau, le loup, le bouc et la colombe

Thierry Hubert Homélie du frère Thierry Hubert, op

« Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. »

Convient-il de commencer cette homélie par une fable de Jean de La Fontaine ? Celle de l’Agneau qui se désaltérait dans le courant d’une onde pure quand un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,

— Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
— Majesté, répond l’Agneau,
je m’en vais désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d’Elle,
Et par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
— Tu la troubles, reprit la bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l’an passé.
— Comment l’aurais-je fait si je n’étais pas né ? — Si ce n’est toi, c’est donc ton frère.
— Je n’en ai point.
— C’est donc quelqu’un des tiens :
il faut que je me venge.
Là-dessus, au fond des forêts
Le Loup l’emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

Voilà ! Le loup et l‘Agneau est la première fable de La Fontaine que j’ai apprise à l’école primaire, il y a 40 ans. Et comme tout ce qui nous arrive comme première fois, cette fable est restée quelque part bien ancrée dans ma mémoire, comme vestige d’une innocence massacrée, tristesse de l’enfant, d’un agneau candide devant une brute bestiale et sanguinaire. Au point que ce pauvre agneau de La Fontaine réapparait souvent dans ma petite tête quand à l’eucharistie , comme prêtre, nous redisons les paroles de Jean le Baptiste : « voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. »

Continuer la lecture

2°dimanche de l’Avent : Jean-Baptiste avant Jésus

IMG_0883 Homélie du fr. Emmanuel Mbolihinihe

L’image que saint Matthieu retrace de Jean-Baptiste, dans l’extrait de l’Évangile de ce jour, est celle d’un authentique envoyé de Dieu : un homme humble, sobre, austère et franc.

Jean-Baptiste fut le dernier de tous les prophètes de l’Ancien Testament ; il fut le précurseur du Christ.

Jean Baptiste a exercé son ministère principalement en Galilée. Sa mission consistait à exhorter ses contemporains, en particulier le peuple d’Israël, à se convertir de leurs conduites et actions mauvaises, afin de pouvoir accueillir dignement le Messie, dont la manifestation était devenue désormais très imminente.

Continuer la lecture