Archives pour l'étiquette mission

28° dimanche ordinaire : buffet de noces

Homélie du frère Thomas-Marie Gillet

Manger est un besoin vital, mais l’homme qui ne se réduit pas qu’à l’état instinctif de nature a fait de ce besoin vital une occasion de célébrer les événements importants de l’existence, une occasion de partage. Qui n’a pas assisté à un repas d’anniversaire, un buffet de noces, un dîner de gala, etc. ? Aujourd’hui nous célébrons le banquet de la joie et de la liberté. « Le Seigneur de l’Univers préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vin décantés. » (Is. 26, 6) Comme si la leçon de la parabole des vignerons homicides entendues dimanche dernier n’avait pas été suffisamment claire pour les grands-prêtres et les pharisiens, Jésus poursuit son enseignement avec une autre parabole, celle du banquet du Royaume.

L’attitude du roi invitant au banquet peut surprendre. Il se contente de rappeler aux convives l’invitation formelle qu’il leur avait faite. Mais chacun refuse d’honorer sa parole et préfère rejeter l’invitation, certains vont jusqu’à user de violence envers les envoyés du roi. Devant une telle situation, face à un tel scandale d’humiliation, l’attitude normale aurait été d’annuler le banquet, purement et simplement. Au lieu de cela le roi choisit d’élargir l’invitation, et de couvrir de honte ceux qui lui ont opposé un refus : il envoie ses serviteurs inviter informellement tout le monde, des étrangers, les premiers qu’on rencontrera à la croisée des chemins. Voici un roi bien étrange qui n’a que faire de la norme ou des conventions, qui n’a pas peur de passer du politiquement correct au ridiculement incorrect !

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30° Dimanche ordinaire : question de caractères !

dubois Homélie du frère Franck Dubois

Frères et sœurs je dois vous avouer que je suis débordé ces jours ci. Entre les cours, le Rosaire et le week-end de préparation au départ et au retour de nos volontaires Dom&Go je ne sais plus où donner de la tête. Les discours s’emmêlent, dire ceci à celui là, telle autre chose à tel autre, j’ai parfois la crainte de débarquer dans mon cours de théologie avec sous les yeux comme unique document la liste des courses que j’étais sensé remettre au syndic ; imaginez sa tête lorsqu’il découvrira au supermarché tout un discours sur la présence du Verbe de Dieu caché en toute création. Ca ne l’aidera pas directement pour composer le menu du soir.

C’est ça, les Dominicains on fait des phrases, longues et chiques, et on se prend donc un sévère avertissement aujourd’hui. D’un côté 44 mots, 232 caractères espaces compris (c’est l’ordinateur qui a fait le calcul) et de l’autre 10 mots, 55 caractères. Le Pharisien, des grands discours qui justifient tout : je suis comme ci et comme ça et je me trouve pas mal, en tous les cas mieux que les autres, et le Publicain, un simple aveu de faiblesse, un cri du cœur : je suis pas grand chose, mais enfin puisque tu es là Dieu devant moi, je te demande de me faire devenir un peu mieux.

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Pentecôte 2016 : la jeunesse de nos vies

Jean-Pierre Mérimée Homélie du frère Jean-Pierre Mérimée

Lundi dernier, comme tous les lundis, je déjeunais à la Maison du 60 avec Henri, que j’appelle affectueusement le clochard céleste. Il a 86 ans, dort dans la paille d’une grange au terminus du métro de Villeneuve d’Ascq, est vêtu d’un accoutrement de SDF façon Marx brothers et ne boit que du lait. Encore bon pied bon œil, il n’a aucun papier, est en dehors de tout circuit d’argent ; Il a acquis une grande sagesse à l’école de la rue.

Je lui ai demandé ce que sa déjà longue vie lui avait apporté comme enseignement : « Que la vieillesse, c’est moche : on n’a plus le goût de rien, on n’a plus le désir de rien. » m’a-t-il répondu.

J’ai alors compris d’un coup ce que devait être l’Esprit Saint : l’Esprit Saint, c’est comme l’inverse de la vieillesse selon la définition d’Henri, l’Esprit Saint c’est la jeunesse de nos vies, c’est ce goût toujours neuf de Dieu et des autres, c’est ce désir que rien n’émousse de mordre dans le fruit des Evangiles, de le savourer, de ne pas garder pour soi seul ce bonheur mais de le partager largement.

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