Archives pour l'étiquette passion

Vendredi Saint : office de la Croix

Homélie du frère Benoît Ente, op

Parfois frères et sœurs, avouons-le, nous en avons marre. Marre de ces guerres, de ces morts, de ce monde. Comme on aimerait que tout soit résolu d’un claquement de doigts. Oui, mais voilà, nous constatons souvent qu’il nous faut passer par le feu de l’épreuve pour que quelque chose se débloque dans nos vies et dans notre monde. Depuis que le péché est entré dans le monde, l’enfantement de l’homme nouveau se fait dans les douleurs. Cette loi est difficile à entendre, mais il nous faut aujourd’hui la regarder en face : nous sommes contraints, frères et sœurs, de traverser les douleurs et l’épreuve pour entrer dans la vie.

Et parfois cette épreuve nous écrase, nous terrifie. La Bonne Nouvelle, c’est que Dieu ne nous laisse pas seuls. Il nous rejoint là où nous sommes. Il nous y rejoint résolument, volontairement, librement. Lorsque les gardes viennent arrêter Jésus, c’est Lui Jésus qui s’avance vers eux et les interpelle Qui cherchez vous ?… C’est moi.    Jésus devance ses agresseurs. Au point qu’ils en tombent par terre, renversés par l’assurance de Celui qui sait exactement où il va, qui sait exactement ce qu’il fait et pour qui il le fait ; ils sont assommés par la Parole de Celui qui voit loin, très loin jusqu’à la résurrection.

Continuer la lecture

27° dimanche ordinaire : devoir conjugal ou passion amoureuse

jpbo Homélie du frère Jean-Pierre Brice Olivier

Nous sommes des serviteurs inutiles : nous n’avons fait que notre devoir.

Telle est l’ambition et la satisfaction de nombreux chrétiens, et aussi la culpabilité de beaucoup d’autres…Serviteurs inutiles, nous n’avons fait que notre devoir. Quelle tristesse, mon Dieu !
Jésus s’adresse aux disciples qui lui demandent quelque chose d’impossible : augmenter leur foi.
Que devrait-il encore ajouter à sa parole, à sa présence, à ses miracles, à sa chair ?  Quel signe doit-il accomplir pour les convaincre, les persuader de croire en lui ?
La foi en quelqu’un est totale, accomplie, ou elle n’est pas. Croire un autre, lui faire confiance, réclame de nous toute notre adhésion, sans réserve, sans défiance.
Ainsi, Jésus se moque des apôtres en leur indiquant que s’ils avaient la foi de la taille d’une graine de moutarde, ils pourraient ordonner à un arbre d’aller se planter dans la mer. Acte bien utile !

Continuer la lecture

12° dimanche du temps ordinaire : les Tournesols, comme boussole

Thierry Hubert  Homélie du frère Thierry Hubert

Nous vivons notre célébration de ce dimanche avec nos jeunes amis des Tournesols du pèlerinage du Rosaire : il y a Lili, Clara, Rémy, Corentin, Franz, Amélie, Quentin, Augustin … et leur famille.
Et je vous invite frère et sœurs à d’entendre les paroles de Jésus à la hauteur d’une jeune pousse Tournesol. Le tournesol, la fleur, tire son nom de sa propriété bien connue de suivre la trajectoire du soleil. L’Église aime depuis son origine appeler Jésus le soleil levant, lui dont la lumière ne connaît pas de couchant. Nos amis des Tournesols portent bien leur nom. Leur force est de nous apprendre à suivre Jésus.
Il y a quelque chose de troublant dans l’évangile que nous venons de proclamer.
On passe de la profession de foi de Pierre comme une joyeuse révélation « tu es le christ, le messie » à l’annonce tragique de sa passion. On se réjouit et puis toute de suite c’est la douche froide, qui nous glace et casse l’ambiance. Peut-être connaissez-vous d’ailleurs le mot très ironique que l’on prête à sainte Thérèse d’Avila, qui affrontait de sérieux problèmes lors d’un de ses déplacements. S’adressant à Dieu, elle lui aurait dit « Seigneur, ne vous étonnez pas d’avoir si peu d’amis, quand on voit comment vous les traitez ».
Et bien, n’en déplaise à la grande Thérèse, je crois que mystérieusement nos jeunes amis Tournesols nous disent exactement le contraire.

Continuer la lecture

Rameaux 2016 : nous sortir définitivement de la violence

Homélie du frère Denis Cerba

Denis CerbaLe récit de la Passion du Christ a chez Luc une couleur particulière : Jésus y parle beaucoup (beaucoup plus que chez Mathieu ou Marc), et sans que la violence des événements soit en rien dissimulée, il y a comme une certaine paix qui traverse l’ensemble : au pied de la Croix, la foule est finalement plus curieuse qu’hostile (« Le peuple se tenait là, à regarder »), et elle finit retournée, bouleversée, repentante : « Sûrement, cet homme était un juste ! ». Quant à Jésus en Croix, aucune parole de désespoir ou de reproche ne jaillit de sa bouche, et notamment pas le fameux « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ! » — mais seulement des paroles de pardon : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font », « En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis ». Et il expire en prononçant ces paroles empreintes de confiance et de sérénité : « Père, en tes mains je remets mon esprit ».

Continuer la lecture