Archives pour l'étiquette Pierre

Transfiguration du Seigneur : trois tentes ?

Homélie du frère Franck Dubois, op

Encore une fausse bonne idée, Pierre. Planter des tentes, c’est bien mais tu dois te douter que Moïse, il en a soupé des tentes. 40 ans dans le désert, de campement en campement, ça suffit. Crois-en un ancien scout, après 40 ans, le camping on trouve ça un peu short. Et puis, ton idée Pierre, sonne comme un retour en arrière. A l’époque, Dieu se cachait à Moïse sous la tente, dans la nuée, alors que maintenant, ils s’entretiennent face à face. Tu vois ? Elle est là, devant lui, la voix qu’il entendait dans le buisson, la lumière qui le guidait à travers la mer rouge. Et Moïse dont le visage rayonnait en descendant du Sinaï contemple, rayonnant, la face dont il tenait sa gloire.

Et puis, Pierre, juste un détail : tu la trouves où ta tente ? Je ne t’ai pas vu monter avec, tout à l’heure, quand tu escaladais la montagne avec Jean et Jacques. Tu devais te demander d’ailleurs. Où nous mène-t-il ? Chaque pas t’éloignait de ceux que tu avais quittés, en bas : les autres disciples, les femmes qui vous accompagnaient. Cette ascension c’était comme une nouvelle rupture, un nouveau départ. Il y avait eu, déjà la rencontre au bord du lac, l’appel à tout quitter : pays, famille, métier. Mais Pierre, tu comprends maintenant : ce n’est pas toujours le premier départ qui est décisif. Parfois, on ne part vraiment que longtemps après avoir pris la route.

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6° dimanche de Pâques : Oui, oui, oui, trois fois oui !

Thierry Hubert  Homélie du frère Thierry Hubert

« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles ».

Eh bien la barre est placée très haut, trop haut. Je vous épargnerai, frères et soeurs, un petit cours de logique mathématique, mais Jésus établit ici une équivalence entre l’aimer et garder sa parole. Autrement dit, l’un ou l’autre, c’est du pareil au même. Et c’est là pour ma part que le bât blesse, car si je puis dire facilement à Jésus que je l’aime, je me sens beaucoup moins assuré pour lui dire que je garde sa parole. Il y a toujours aux entournures, de manière délibérée, des écarts, des variations dissonantes où ce n’est pas sa parole que je garde mais bien plutôt mes vieux défauts que le temps n’a pas su effacer[1].

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