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2° dimanche de l’Avent : troublante présence

Denis Cerba Homélie du frère Denis Cerba, op

En ce temps de l’Avent, de préparation au mystère de Noël, nous avons appris la semaine dernière à veiller comme il faut dans l’attente de la venue du Seigneur : à veiller non pas seulement avec constance, mais plutôt avec confiance, à attendre et espérer le Seigneur plutôt qu’à le craindre ou s’en accommoder. En ce deuxième dimanche de l’Avent, nous franchissons une nouvelle étape : non, le Seigneur n’est toujours pas là en personne, mais nous entendons la voix de son dernier et ultime messager, la voix de Jean-le-Baptiste, la voix qui crie dans le désert pour préparer la route du Seigneur et rendre droits ses chemins.

Il y a une première chose importante à apprendre, je crois, de ce simple fait que le Christ ait tenu à se faire précéder du Précurseur, de Jean-Baptiste, à aller même jusqu’à recevoir de lui le baptême, comme le raconte la suite de l’Évangile de Marc. Il est dans la nature de Dieu de ne pas s’imposer : plutôt de se proposer, d’aimer les intermédiaires, les médiations, les messagers, ceux qui l’incarnent plutôt que ceux qui le proclament. C’est quelque chose de profond chez lui : Dieu le Père, qui habite dans la lumière inaccessible, ne se révèle qu’à travers Dieu le Fils, qui lui-même se fait précéder de la voix qui crie dans le désert, qui elle-même n’attend sans doute que nous prenions le relais, que nous soyons nous-mêmes capables d’annoncer l’Évangile dans le désert… C’est quelque chose qui depuis le début a troublé et interpellé les Chrétiens : cette troublante présence/absence de Dieu, la prédilection de Dieu pour le désert, en quelque sorte, pour la sècheresse de l’absence. En témoigne la lettre de Pierre que nous avons lue tout à l’heure. A peine le Christ venu, mort, ressuscité, monté aux Cieux, il faut comprendre pourquoi il tarde tant à revenir, pourquoi il n’est déjà plus là, pourquoi il ne revient toujours pas : « Voici un point, très chers, que vous ne devez pas ignorer : c’est que devant le Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour. Le Seigneur ne retarde pas l’accomplissement de ce qu’il a promis, comme certains l’accusent de retard, mais il use de patience envers vous, voulant que personne ne périsse, mais que tous arrivent au repentir. Il viendra, le Jour du Seigneur, comme un voleur. » Il faut comprendre la troublante présence/absence de Dieu, qui déjà se manifeste dans le ministère singulier de Jean-Baptiste au désert.

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