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Vigile de Pâques 2018 : l’espace vide du tombeau

Homélie du frère Denis Bissuel, op

On avait voulu le faire taire, étouffer la rumeur, mettre un terme à l’affaire. On avait trouvé de bons arguments (cet homme est un imposteur, un blasphémateur !), fait un procès, cloué Jésus sur le bois de la croix. On l’avait mis à mort, enterré, et pour être sûrs que personne n’intervienne plus, car on craignait une dernière imposture, on avait scellé une grosse pierre à l’entrée du tombeau et posté une garde. La nuit est revenue, obscure et silencieuse. Et l’Eglise s’est tue, le temps d’une journée, retenant son souffle devant les tabernacles vides de ses sanctuaires.

 

Mais on n’enchaîne pas la Parole de Dieu, elle est Parole de vie, d’amour, plus incisive qu’un glaive à deux tranchants.

A l’aube du premier jour de la semaine, deux femmes se rendent au tombeau, Marie Madeleine et une autre Marie. Elles voient la pierre roulée et le tombeau ouvert et vide, et assis à droite un jeune homme vêtu de blanc. Dans l’évangile selon saint Marc, au moment de l’arrestation de Jésus, un jeune homme était apparu, vêtu d’un simple drap. On avait voulu le saisir mais il avait laissé aller le drap et s’était enfui tout nu. Le matin de Pâques, lorsque les femmes viennent au tombeau, elles voient ce jeune homme vêtu de blanc. Il représente le Christ lui-même qui a laissé son enveloppe mortelle dans les mains de ceux qui sont venus le saisir et le mettre à mort. Et il apparaît maintenant dans sa gloire comme au jour de la Transfiguration.

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Vigile pascale 2016 : une brèche dans nos enfermements

bissuel

Homélie du frère Denis Bissuel, prieur

Dans l’aube encore imprécise d’un certain matin, des femmes se dirigèrent vers un tombeau pour honorer un mort. Elles avaient mis leur espérance dans un Homme extraordinaire qui croyait pouvoir venir à bout de l’injustice, de la haine et même de la mort. Les femmes qui allaient vers le tombeau avaient cru naïvement en lui, et maintenant il était mort. Avec lui disparaissait pour toujours le moindre espoir, tout allait recommencer comme avant. Désormais ce serait comme d’habitude !

Et les femmes partaient en cette aube triste en portant leurs parfums. Mais elles trouvèrent un tombeau vide, ouvert et vide. Que serait-il arrivé si les femmes, comme il eût été normal, avaient trouvé au matin de Pâques un cadavre dans le tombeau ? Nous aurions eu peut-être une vie beaucoup plus simple, beaucoup plus tranquille, sans trop de questions dérangeantes.

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