{"id":807,"date":"2016-03-07T06:57:10","date_gmt":"2016-03-07T05:57:10","guid":{"rendered":"http:\/\/dominicainslille.fr\/?p=807"},"modified":"2016-03-07T07:07:30","modified_gmt":"2016-03-07T06:07:30","slug":"le-visage-de-son-pere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dominicainslille.fr\/?p=807","title":{"rendered":"Le visage de son P\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-weight: 400;\"><strong><a href=\"https:\/\/dominicainslille.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/ente.jpg\" rel=\"attachment wp-att-765\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-765 alignleft\" src=\"https:\/\/dominicainslille.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/ente.jpg\" alt=\"Beno\u00eet Ente\" width=\"125\" height=\"125\" \/><\/a>Hom\u00e9lie du 4<sup>\u00e8me<\/sup> dimanche de Car\u00eame par le fr\u00e8re Beno\u00eet Ente (Josu\u00e9 5,9-12 ; 2\u00b0 lettre aux Corinthiens 5,17-21 ; Luc 15 1-3.11-32)<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Fr\u00e8res et s\u0153urs, nous aurions de multiples raisons d&rsquo;\u00eatre tristes. Que ces raisons se trouvent dans nos familles, dans notre pays ou dans le monde. Et ce sont de bonnes raisons. Au moins aussi bonnes que celles de la foule qui \u00e9coutait J\u00e9sus. Et pourtant, J\u00e9sus leur parle, nous parle de joie. La joie imprenable d&rsquo;un P\u00e8re qui retrouve son fils\u2026 A rebours de toutes les repr\u00e9sentations de Dieu qui nous collent \u00e0 l&rsquo;esprit, tournant le dos \u00e0 une logique de r\u00e9compense des m\u00e9rites et de punition des fautes, J\u00e9sus nous r\u00e9v\u00e8le le visage de son P\u00e8re. Par ses mots, il nous fait d\u00e9couvrir ce que nous ne pouvions imaginer : l&rsquo;infinie bont\u00e9 de notre Dieu.<\/span><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<ul>\n<li>\n<h3>Un P\u00e8re qui nous veut libre<\/h3>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Imaginez et l\u00e0 je m&rsquo;adresse aux p\u00e8res dans cette assembl\u00e9e. Imaginez votre jeune fils de 18\/20 ans, lass\u00e9 par la monotonie du quotidien, la t\u00eate remplie d&rsquo;images surfaites de la vie ailleurs, bouillonnant d&rsquo;impatience. Et ce fils vous demande sa part d&rsquo;h\u00e9ritage avec la ferme intention de partir loin sans laisser d&rsquo;adresse. Que feriez-vous ? <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Et le p\u00e8re leur partagea ses biens. <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">nous dit l&rsquo;\u00c9vangile. C&rsquo;est tout. M\u00eame si ce genre de partage \u00e9tait permis par la Loi juive de l&rsquo;\u00e9poque, ce p\u00e8re nous surprend par son silence, son absence totale de r\u00e9sistance. L&rsquo;ordre normal du monde est invers\u00e9. C&rsquo;est le p\u00e8re qui ob\u00e9it au fils. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Comment comprendre cette attitude ? Sinon que ce P\u00e8re veut ses enfants libres. Vraiment libres. Ce P\u00e8re n&rsquo;use absolument pas de sa position de sup\u00e9riorit\u00e9 pour influencer son fils dans un sens ou dans un autre. Il ne veut pas des marionnettes, il veut des hommes debouts. Alors, il respecte pleinement le choix libre de son fils. Ce p\u00e8re ne cherche pas non plus \u00e0 faire la morale, \u00e0 dire ce qu&rsquo;il faudrait faire. D&rsquo;ailleurs il a la m\u00eame attitude avec l&rsquo;a\u00een\u00e9. Il ne lui a jamais dit \u00ab\u00a0Et si tu prenais un chevreau pour la f\u00eate avec tes amis?\u00a0\u00bb. Il laisse son fils a\u00een\u00e9 prendre l&rsquo;initiative parce qu&rsquo;il le consid\u00e8re comme un adulte autonome, un vis-\u00e0-vis infiniment respectable.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Bien s\u00fbr, une telle attitude comprend un risque. Celui de perdre son fils. Le P\u00e8re prend ce risque au nom de sa libert\u00e9. \u00a0\u00a0<\/span><\/p>\n<ul>\n<li>\n<h3>Un P\u00e8re qui est fid\u00e8le<\/h3>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Nous pourrions imaginer que ce P\u00e8re, tout en voyant partir le cadet, se dise : \u00ab Il est fichu ! \u00bb Et par cette petite phrase, il mettrait un terme \u00e0 sa relation avec son fils. Il le mettrait int\u00e9rieurement dans une tombe. Et bien pas du tout. Le p\u00e8re ne conna\u00eet que la douleur du d\u00e9part et ne pense \u00e0 rien d&rsquo;autre. Son attachement pour son enfant reste intact, inalt\u00e9rable. Il voit son fils, il aime son fils et c&rsquo;est tout. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il ressemble ce p\u00e8re au roi David qui fait face \u00e0 une violente r\u00e9bellion men\u00e9e par son fils Absalom. Le roi David gagne la bataille mais son fils est tu\u00e9. Le roi David pourrait se r\u00e9jouir d&rsquo;avoir vaincu son adversaire. Mais lui aussi aime son fils, m\u00eame rebel, alors il pleure : <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">\u00ab Mon fils Absalom ! mon fils ! mon fils Absalom ! Pourquoi ne suis-je pas mort \u00e0 ta place ? Absalom, mon fils ! mon fils ! \u00bb<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> Ce pourrait \u00eatre aussi les g\u00e9missements du c\u0153ur de notre P\u00e8re du ciel lors de sa longue attente des fils perdus que nous sommes parfois.<\/span><\/p>\n<ul>\n<li>\n<h3>Un P\u00e8re qui rel\u00e8ve<\/h3>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>Alors fr\u00e8res et s\u0153urs, si nous entendons ces g\u00e9missements du P\u00e8re, nous comprenons mieux sa r\u00e9action quand son fils revient. Le P\u00e8re est subme<span style=\"font-weight: 400;\">rg\u00e9 par la joie de revoir celui qu&rsquo;il aime depuis toujours, qu\u2019il n\u2019a jamais cess\u00e9 d\u2019aimer. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Il courut se jeter \u00e0 son cou et le couvrit de baisers.<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> Il le r\u00e9habilite comme fils du domaine. Il n&rsquo;a aucun geste d&rsquo;humiliation, aucune vell\u00e9it\u00e9 de punir encore moins de condamner qui que ce soit. Le P\u00e8re n&rsquo;a qu&rsquo;une chose en t\u00eate : relever, soigner, gu\u00e9rir, redonner la vie en abondance. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Et de m\u00eame quand l&rsquo;a\u00een\u00e9 refuse d&rsquo;entrer dans la maison, le P\u00e8re ne lui reproche rien, il ne le menace pas. Il ne fait aucune pression. Il souffre int\u00e9rieurement de voir son c\u0153ur si dur. Alors il l&rsquo;invite \u00e0 la conversion : Il lui suffirait d\u2019 appeler son fr\u00e8re \u00ab\u00a0fr\u00e8re\u00a0\u00bb et accueillir la joie de le voir vivant. <\/span><\/p>\n<p><i><span style=\"font-weight: 400;\">Il n\u2019a pas tenu compte des fautes, et il a d\u00e9pos\u00e9 en nous la parole de la r\u00e9conciliation. <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">dit saint Paul dans l&rsquo;\u00e9p\u00eetre d\u2019aujourd\u2019hui.<\/span><\/p>\n<h3><b>Conclusion <\/b><\/h3>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Fr\u00e8res et s\u0153urs, c&rsquo;est bien de son P\u00e8re dont nous parle J\u00e9sus dans cette parabole. Le visage d&rsquo;un P\u00e8re que personne avant lui n&rsquo;avait m\u00eame os\u00e9 imaginer. Lui seul, J\u00e9sus, pouvait nous le r\u00e9v\u00e9ler car lui seul le connait. Et pour que nous sachions que ce P\u00e8re n&rsquo;est pas seulement une belle histoire, J\u00e9sus nous a aim\u00e9 lui-m\u00eame jusqu&rsquo;au bout comme le P\u00e8re de cette parabole aime. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Alors aujourd&rsquo;hui, f\u00eatons notre P\u00e8re, bon d\u2019une mani\u00e8re tellement inou\u00efe qu\u2019elle d\u00e9borde toutes nos cat\u00e9gories, nos calculs, notre justice m\u00eame. \u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">R\u00e9jouissons nous et festoyons en fr\u00e8res \u00e0 la table des noces de l&rsquo;Agneau.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hom\u00e9lie du 4\u00e8me dimanche de Car\u00eame par le fr\u00e8re Beno\u00eet Ente (Josu\u00e9 5,9-12 ; 2\u00b0 lettre aux Corinthiens 5,17-21 ; Luc 15 1-3.11-32) Fr\u00e8res et s\u0153urs, nous aurions de multiples raisons d&rsquo;\u00eatre tristes. Que ces raisons se trouvent dans nos familles, dans notre pays ou dans le monde. 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