Homélies

« L’effet Jésus » : il ouvre la boite.

Homélie du frère Franck Guyen – Vendredi 18 septembre

La présence de femmes dans la compagnie de Jésus était exceptionnelle pour l’époque. En disant cela, nous entrons dans la question de la place de la femme dans la société, et plus fondamentalement la question des genres : qu’est-ce qu’être un homme, qu’est- ce qu’être une femme ?

Les positions varient sur un continuum allant du tout biologique – 100 % inné – au tout sociologique – 100 % acquis. Les protagonistes du débat sociétal actuel disposent tous d’arguments imparables et ils ne comprennent pas qu’on puisse être en désaccord avec eux.

Combats de rues, de tranchées, combats de coqs. On y entre bardé de ses certitudes et l’on en ressort rempli d’aigreur. Ces débateurs me font penser à des billes qui s’entrechoquent dans une boîte.

Quand Jésus survient, quelque chose se passe, que j’appelle « l’effet Jésus » : Jésus ouvre une nouvelle perspective, il donne une dimension verticale à nos combats à vue trop courte.

Voyez par vous-mêmes comment Jésus répond aux Pharisiens qui lui demandent s’il est permis de répudier sa femme. Jésus part toujours de plus haut, de plus profond.

L’effet Jésus : il ouvre la boite. Think out of the box disent les Anglo-saxons. Penser en dehors du cadre : le point de vue change et non le cadre.

Une femme rencontre Jésus. Il la regarde. Il la voit dans le rôle qu’elle assume comme femme. Mais il la voit plus grande que cela, il la regarde d’un point de vue plus profond que cela.

Pour moi, quand Jésus rencontre une femme, il la voit dans sa singularité unique, qui dépasse sa simple appartenance à un genre. Elle est cette créature humaine merveilleuse appelée à entrer dans l’amour trinitaire.

Jésus : une présence qui m’aspire vers le haut. Avec tout ce qui faisait que je me tapais la tête contre les murs et qui maintenant s’ordonne dans un dessein qui me dépasse et m’émerveille.

L’effet Jésus.

Dieu a une idée de bonne résolution pour nous

Homélie du frère Nicolas Burle – Dimanche 6 septembre 2020

On nous le répète sur tous les tons. C’est la rentrée. Même s’il existe une certaine inquiétude cette année, une certaine incertitude, une nouvelle année s’ouvre devant nous. Qu’est-ce qui fera de cette année, une année réussie ? Si nous nous revoyons dans un an, que diriez-vous ? Quel objectif aurez-vous atteint ? Peut-être avez-vous déjà des projets, des idées, des résolutions ? Apprendre une nouvelle langue, continuer votre service actuel ou prendre un nouvel engagement, maigrir après le confinement et les vacances, étudier plus régulièrement, se mettre au ukulélé, enfin prier tous les jours, pourquoi pas ? Panel non exhaustif des résolutions que j’ai entendues ces derniers jours.

Tout cela est très bon. Très intéressant. Mais il existe simplement un petit risque. Celui d’oublier de demander à Dieu son avis. Que veut Dieu pour nous cette année ? Même un nouvel engagement à servir, même la prière courent le risque d’être centrés sur nous-mêmes au lieu d’être tournés vers Dieu. Nous avons peut-être de très bonnes idées pour cette année. Et le Seigneur ne veut pas du tout nous freiner dans notre générosité. Seulement il a un projet pour nous. Plus grand, plus ambitieux et plus simple que tout ce que nous aurions pu imaginer. Dieu nous propose de réussir notre année en obtenant la conversion de notre prochain ! Car c’est la seule bonne résolution d’année qui peut changer notre cœur et celui de notre prochain. Toutes les autres résolutions restent extérieures. Or c’est le cœur qui doit changer. C’est au cœur que cela doit changer.

Continuer la lecture

Un coup de barre à tribord, un coup de barre à bâbord

Homélie du frère Franck Guyen – vendredi 4 septembre 2020

Mes amis, l’Évangile de ce jour évoque l’alternance de la présence et de l’absence de Jésus. La mystique dominicaine Catherine de Sienne parlait du jeu de l’amant, tour à tour présent et absent, l’absence permettant à l’amante de découvrir la force de son désir.

Nous aussi, nous faisons l’expérience de cette alternance.

Quand le Christ est là, profitons des grâces qui accompagnent sa présence pour progresser sur le chemin de sanctification qui nous mène au Père. Courons, dirait Catherine de Sienne. Quand il n’est pas là, pleurons nos péchés qui l’empêchent de se manifester à nous et de nous donner encore plus de grâces. Nos larmes amolliront le sol desséché de nos cœurs.

Repérons les chemins que Jésus emprunte pour nous rejoindre, et pratiquons-les, mais sans vouloir les imposer au Christ. Les mystiques nous en avertissent, Dieu nous rejoint comme il veut et quand il veut : le chemin peut être celui du jeûne et de la prière, mais Dieu peut en emprunter d’autres, car il sait mieux que nous ce qui nous convient. Alors soyons joyeux d’avoir repéré un chemin emprunté par Dieu, mais pas trop.

Et si Dieu l’estime utile, il se cachera à nos yeux. Alors soyons tristes quand nous n’éprouvons pas sa présence, mais pas trop car s’il se cache, c’est toujours pour notre bien, c’est toujours pour nous faire progresser sur la voie de sainteté qui nous est propre.

Je conclurai avec une analogie : le barreur d’un bateau à voile garde les yeux fixés sur la destination finale, mais il corrige en permanence son cap par des coups de barre à tribord ou à bâbord. C’est ainsi qu’il tient compte des changements du vent et du courant.

Il en va de même du chrétien animé par l’Esprit saint qui veut atteindre le port du salut. Les yeux fixés sur le phare de la croix, il change son cap en fonction des mouvements de l’Esprit saint et des courants qui traversent le monde.

Il nous faut fleurir là où Dieu nous a semés.

Homélie du frère Nicolas Burle – Dimanche 12 juillet 2020

Frères et sœurs,

Connaissez-vous la parabole du volontaire Dom&Go ?
Rassurez-vous. Il n’est pas besoin de partir en mission humanitaire au Timor, aux Îles Salomon ou à Jérusalem pour vivre cette expérience.
Durant sa mission de 6 à 12 mois, tout volontaire Dom&Go passe par les quatre terres décrites dans la parabole du semeur. Exactement les mêmes mais souvent dans le désordre.

Quand un volontaire part en mission, il est plein d’enthousiasme.
Comme tous ceux qui commencent une nouvelle aventure.
À l’image des fiancés avant leur mariage, de parents avant une naissance,
À l’image de celui qui commence un nouveau travail,
Ou qui voit se profiler le départ à la retraite ou un nouvel engagement,
À la fois heureux et inquiet de plonger dans l’inconnu, il est comme un petit grain de blé jeté par le Semeur sans savoir où il va arriver.
En route pour l’aventure !
Tout est formidable, le petit grain grandit bien vite dans un pays où tout est beau et où le soleil brille.
Cela dure en général quelques semaines.
Mais faute de racines, il risque de sécher sur place.
Veut-il vraiment demeurer dans ce nouveau pays, dans ce nouvel engagement ?
Le monde d’avant semble si loin depuis son départ. C’est la première épreuve.

Continuer la lecture

Transmettre le message

Homélie du frère Maurice Billet – Mardi 7 juillet 2020

La 1ère lecture nous décrit les infidélités des fils d’Israël. Le peuple s’est fabriqué des idoles avec l’or et l’argent. Le psaume 113, celui de la messe d’aujourd’hui, nous dit, d’un ton moqueur : « Elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas… Qu’ils deviennent comme elles ceux qui mettent leur foi en elles. » Remarquons que dans le texte du prophète Osée, nous trouvons un des proverbes qui est entré dans la langue française. « À semer le vent, on récolte la tempête. »

Continuer la lecture