Homélies

Fête de la sainte Famille

Homélie du frère Maurice Billet – Dimanche 27 décembre 2020

La première lecture de la messe, tirée de la Genèse, nous raconte la promesse de Dieu faite à Abraham d’avoir un fils, Isaac. Promesse à laquelle il a cru. Ce qui vaut à Abraham le titre de père des croyants. Il est l’homme juste, qui accomplit la volonté de Dieu.

Grâce à la foi, nous dit saint Paul dans la deuxième lecture, obéissant à l’appel de Dieu, Abraham se dirigea vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit sans savoir où il allait.

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Angelus

Homélie du frère Nicolas Burle – 4e Dimanche de l’Avent 20 décembre 2020

Frères et sœurs, 
On raconte une histoire, vraie, chez les Dominicains. C’était il y a plus de 80 ans. Le frère Martin, frère intendant du couvent, surnommé le frère aux vaches, donna ses instructions au Père Chenu, régent des études, avant son départ pour aller chercher l’emplacement du nouveau couvent d’études en France. Il lui expliqua tout ce qui était nécessaire lorsqu’on veut fonder un couvent : les vaches, la haute tension, les raccommodeuses… Au milieu de tous ces détails matériels, sans prendre un autre ton et d’autres mots, il lui dit : – En arrivant, vous commencerez par réciter l’Angélus.
– Pourquoi donc ?
– Parce que c’est par là que tout a commencé.

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La joie parfaite

Homélie du frère Yves Habert – 3e Dimanche de l’Avent 13 décembre 2020

Sans la pandémie, nous aurions accueilli en ce 3ème dimanche de l’avent, 35 retraitants dans le cadre du week-end au couvent consacré à Jean-Baptiste.

Il se trouve que je devais prêcher et animer ce week-end. Si j’y ai vraisemblablement gagné un week-end plus libre et peut-être plus reposant, je regrette profondément de n’avoir pu partager la vocation, le message, le geste, et les fruits, de cet homme qui fut trop humble pour se désigner prophète. En attendant désormais patiemment 2021, il me reste à vous délivrer comme une avant-première inattendue, les « quelques bonnes feuilles », selon l’expression consacrée dans la presse, de cette retraite malheureusement ajournée. 

Je suis effectivement profondément marqué, touché et attaché au personnage de Jean-Baptiste, à sa figure de Précurseur, qui porte avec lui et en lui la grâce de la joie parfaite. 

Mais qu’est-ce qu’un précurseur ? 

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Le festin de Dieu

Homélie du frère Maurice Billet – Mercredi 2 décembre 2020

J’ai prolongé la lecture de l’évangile en ajoutant le verset qui suit le texte qui vient d’être lu : « Or, ceux qui avaient mangé étaient 4000, sans compter les femmes et les enfants ».

Les 4 évangélistes mentionnent 6 versions parallèles de la multiplication des pains, dans les quatre évangiles. Les exégètes distinguent traditionnellement deux récits de multiplication.

La première située à l’ouest du Jourdain, c’est–à-dire en territoire palestinien. La seconde se déroulant à l’est du Jourdain, donc en territoire païen, et donc aux hommes du monde entier.

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Creuser un cœur en forme de berceau

Homélie du frère Franck Guyen – Dimanche 29 novembre 2020

Chers amis, aujourd’hui, alors que nous entrons dans l’Avent, le Christ nous adresse un avertissement pressant : « prenez garde, veillez car vous ne savez ni le jour ni l’heure où le maitre de maison viendra ».

Oui, mais comment veiller tout le temps pour ne pas être pris à l’improviste ? Et veiller sur quoi d’abord ?

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Un exemple. Cela se passait pendant le pèlerinage du Rosaire, à Lourdes avant la pandémie du coronavirus –  il y a des milliards d’années.

J’avais organisé pour les pèlerins malades et handicapés de la région d’Isle-de-France une procession du Saint sacrement pendant le soir. C’était la première fois que nous faisions cela et l’organisation étant ce qu’elle était, personne n’était au courant  de ma venue quand je suis arrivé avec l’ostensoir : le Seigneur est vraiment arrivé à l’improviste à ce moment-là.

Son arrivée a saisi les bénévoles qui assuraient la garde de nuit. Ils se sont tus, ils se sont signés, ils se sont agenouillés. Et la procession s’est formée spontanément.

Ceux qui assuraient la garde de nuit veillaient sur le sommeil des pèlerins malades et handicapés. Chacun à sa place, l’un médecin, l’autre infirmier, l’autre brancardier, l’autre encore hospitalière.

Nous avons une réponse à la question : « veiller sur quoi ? ».

Peut-être qu’il s’agit de veiller sur la maison que le Christ nous a confiée, la maison Église. Veiller là où Dieu nous a placés, laïc en famille, prêtre en sa paroisse, religieux dans sa communauté. Et le pape qui porte le souci de toutes les Églises, comme le portier de l’Évangile. Veiller sur nos frères dans la foi qui nous ont été donnés – non, confiés.

Et il y a peut-être une autre maison sur laquelle l’Église doit veiller, avec d’autres : veiller sur la maison monde : veiller sur nos frères et sœurs en humanité, veiller sur nos frères créés comme nous, les animaux, la mer, la terre, le ciel, le soleil, la lune et les étoiles. Veiller à ce que la création puisse exprimer toute la beauté et la bonté que Dieu a mises en elle.

Veiller sur la réalité créée qui nous a été donnée – non, confiée.

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Revenons à notre procession spontanée.

Nous allions de chambre en chambre, un des brancardiers tapait doucement à la porte puis l’ouvrait et j’entrais avec le Saint sacrement. Quand les pèlerins étaient encore réveillés, tout surpris ils ouvraient de grands yeux, ils disaient : « c’est le Seigneur » puis ils se signaient.

Je lisais alors le passage suivant de l’Évangile : « La femme se disait : ‘Si j’arrive à le toucher, je serai sauvée’. Elle s’approcha de Jésus et toucha la frange de son manteau. Aussitôt, sa perte de sang s’arrêta et elle fut guérie de son mal ».

Après la lecture, je passais entre les lits en silence et ceux qui le voulaient pouvaient toucher ou embrasser le plus souvent l’ostensoir. Il régnait alors un grand silence recueilli dans la chambre.

D’autres chambres étaient dans l’obscurité, avec leurs occupants endormis. Alors, je restais sur le seuil, sans rien dire, et je les bénissais en dessinant dans l’air un grand signe de croix avec l’ostensoir. Puis nous partions en refermant la porte doucement.

De la douceur, il y en eut beaucoup tout au long de la procession.

Et voilà une réponse possible à la seconde question « comment veiller tout le temps ? ».

Mes amis, est-ce que les pèlerins qui dormaient ne veillaient pas ?

À mon avis, quand Jésus parle de veiller, il ne s’agit pas de veiller avec les yeux de la chair mais ceux du cœur. Et pas de n’importe quel cœur. Un cœur qui palpite, un cœur qui aime. Alors on peut veiller tout en dormant. 

Un cœur qui aime comme son cœur à Elle, dans le Cantique des Cantiques : «  Je dors, mais mon cœur veille. » Les yeux du corps peuvent se fermer, les yeux du cœur sont toujours ouverts, à espérer la venue du Bien aimé. 

« Je dors, mais mon cœur veille. C’est la voix de mon bien-aimé !

Il frappe : ‘Ouvre moi, ma sœur, mon amie, mon immaculée ; car ma tête est couverte de rosée ; les boucles de mes cheveux sont trempées des gouttes de la nuit. ” [1].

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Ma conclusion.

Veiller en creusant dans son cœur l’attente de Dieu, en creusant l’attention à l’œuvre de Dieu. Comme quelqu’un qui creuse une pièce de bois tendre pour que, dans ce creux, un bébé puisse s’y reposer après avoir traverser les eaux qui mènent au monde des hommes.

Veiller, ce serait cela ? Creuser un cœur – en forme de berceau ?

Amen.