Homélies

Hospitalité sacrée 🗓

Philippe KhoshabaHomélie du frère Philippe Khoshaba, le 13 septembre 2015, sur Is 50,5-9a, Jc 2,14-18 et Mc 8,27-35.

Je ne ferai pas d’homélie, une sorte de commentaire rabbinique, mais plutôt un hymne à la beauté de la communion. Je commence donc par une histoire simple :

Durant la guerre entre l’Irak et l’Iran, qui a duré 8 ans dans les années 80, nous avions eu un témoignage formidable d’un groupe de prisonniers de guerre irakiens revenus d’Iran dans les années 90. Ce groupe était composé des prisonniers chrétiens et musulmans dans une des prisons. Ils recevaient, pour chaque jour, un gobelet de soupe et une petite galette sèche afin de la tremper dans la soupe ; c’était pour toute la journée, leur unique nourriture.
Or, un jour, un des prisonniers a créé des problèmes avec les gardiens, et on l’a mis dans un cachot d’un mètre carré, il fallait s’accroupir pour y rester 2 semaines sans rien manger. Le cachot était près de prison à quelques mètres. Continuer la lecture

Ouvre-toi ! 🗓

duboisPour le 23e dimanche ordinaire, par le frère Franck Dubois
Sur Mc 7,31-37

 

Soupir…. Il y a de quoi soupirer parce que c’est la rentrée. Il va falloir s’y remettre, au travail, à l’école, soupir aussi en regardant l’actualité et en constatant que, non, ça ne va pas mieux. Et Jésus aujourd’hui soupire avec nous. Peut-être que lui aussi aspire à une pause, un répit. Mais le repos de Dieu n’est pas encore arrivé. Tant que des hommes souffriront sur terre, Dieu sera à l’œuvre. Son Sabbat attendra.

Jésus soupire auprès du sourd muet, car il en a assez de voir la déferlante des misères. Un malheureux de moins, pour lui tout a changé, mais qu’est ce qu’un sourd muet en moins face à ces foules de miséreux qui attendent encore qu’une bonne fois Dieu prenne pour eux sa revanche sur leur mal. Continuer la lecture

Homélie pour les professions solennelles en la fête du martyre de St Jean-Baptiste 🗓

Par le frère Michel Lachenaud, o.p., prieur provincial de France

Retable d'IssenheimMathias Grünewald, dans son retable de Colmar, campe Jean Baptiste aux pieds du Crucifié. Jean Baptiste est tout entier dans cet index prophétique tendu vers Jésus « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde », mais tout son ministère ne se réduit pas à ce signe gestuel, ni même au signe verbal qui l’accompagne. Le témoignage de Jean culmine dans son martyre. Par sa parole et par sa vie Jean éveille la foi d’Israël au Messie qui vient, qui est là parmi eux, Lui qui apporte la vie en plénitude. Cette mission du Précurseur est aujourd’hui la vôtre, mes frères, vous qui avez décidé d’être comme Jean des envoyés de Dieu pour préparer les hommes à être disponibles à le rencontrer.

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Homélie du 6ème dimanche de Pâques

hpFr Hervé Ponsot, op

 

 

 

 

L’amour d’amitié

Frères et sœurs, il n’est pas rare de rencontrer des personnes qui s’étonnent qu’un religieux prêtre comme je le suis puisse parler aujourd’hui d’amour : quelle qualification a-t-il pour cela alors qu’il ne connaît rien par exemple à l’amour conjugal ? Eh ! bien, au risque de choquer ou simplement de surprendre, je vais le faire : d’abord parce que la deuxième lecture et l’évangile ne parlent que de cela et ne me donnent pas le choix, mais aussi parce que ce mot d’amour, et plus encore la réalité de l’amour, sont aujourd’hui galvaudés et méconnus.

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Homélie du 3ème dimanche de Pâques

hpHomélie du fr. Hervé PONSOT, op

 

 

 

 

Rendre témoignage aux Écritures

Frères et sœurs, le dernier mot de l’évangile que nous venons d’entendre est celui de « témoins ». C’est un thème sur lequel saint Luc revient souvent, en recourant à deux termes différents : le premier, employé une seule fois, consiste à simplement rendre compte, c’est le témoignage visuel ; et le deuxième, très fréquent, qui évoque un engagement personnel allant jusqu’au don de la vie, c’est le martyre. C’est le terme employé ici, et tout au long des Actes des Apôtres, sans doute parce que c’est le service que Jésus attend de ses disciples au lendemain de la résurrection.

Frères et sœurs, avons-nous le choix entre deux appels ? Je ne le crois pas. Même si vous comme moi, braves mais pas téméraires, nous nous voyons peut-être plus facilement en simple témoin qu’en martyr, cette possibilité ne nous est plus offerte : à moins d’avoir des apparitions, le temps de la vision a disparu. Il nous faut bien être témoin au sens de martyr. Mais cela ne veut aucunement dire qu’en sortant de cette célébration, vous deviez vous précipiter à la rencontre de vos bourreaux : le martyre est en quelque sorte un accident, dans la mesure où l’on ne choisit pas d’être martyr, on le devient, c’est un aboutissement. Continuer la lecture