19° dimanche Ordinaire : Entre vigilance et attentisme

Denis Cerba Homélie du frère Denis Cerba

Le Christ aujourd’hui nous enseigne sur le thème : comment rester vigilant en son absence ? Je pense qu’il y a deux grandes directions, deux grandes indications, dans ce qu’il nous dit.

La première, c’est de ne pas confondre vigilance et attentisme. L’attentisme attend, la vigilance agit. Le vigilant que le Christ espère retrouver à son retour, ce n’est pas le paresseux qui se contente d’attendre — voire qui en profite pour se laisser aller : celui qui se dit que « le maître tarde à venir » et qui se met à « frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer »… Non : le modèle que le Christ a en tête, c’est plutôt celui de l’intendant fidèle et avisé, et surtout de celui qu’il « trouvera occupé » à son retour : occupé à « donner à chacun sa ration de blé », occupé à servir — occupé à faire exactement ce que le Christ ferait s’il était là ! La fidélité au Christ se trouve dans l’autonomie, la liberté, la prise d’initiative, parce qu’au fond le Christ, quand il reviendra, n’a aucune envie de retrouver de simples serviteurs, mais plutôt des égaux, des frères, des amis. Ceux qu’il trouvera vigilants à son retour (c’est-à-dire ceux qu’il trouvera la lampe allumée et la ceinture aux reins, occupés à travailler et à servir), à son tour « il se ceindra, les fera mettre à table et, passant de l’un à l’autre, il les servira » : c’est une façon simple mais frappante de dire que le Christ ne reviendra pas chercher de simples serviteurs, mais des gens qu’il pourra définitivement introduire au rang d’amis dans le service mutuel, et pour une œuvre profondément commune.

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17° Dimanche ordinaire : Notre Père

maurice billet Homélie du frère Maurice Billet

Nous avons entendu Luc. Nous nous sommes rendu compte que le NOTRE PÈRE n’était pas complet. 5 demandes selon Luc ; 7 selon Matthieu. Bien des exégètes donnent des explications à ces différences. Ce matin, je prends le parti de réfléchir sur le texte liturgique, qui a retenu le texte de Matthieu. Pour mesurer l’importance de la prière dominicale, retenons simplement que Tertullien a défini le NOTRE PÈRE comme l’abrégé de l’Évangile. La prière du NOTRE PÈRE est l’une des premières prières enseignées à ceux qui se préparent au baptême.

La prière donnée par le Christ aux disciples commence par un adjectif possessif, au pluriel. « Notre ». Cela signifie que toute véritable prière, même la plus secrète, est incluse dans celle du Christ, et aussi dans une communauté (l’Église). Elle est un dialogue entre nous et le Vivant par excellence. Dieu a fait alliance avec les hommes et cela pour la fin des temps ; sa parole est sûre et ne change pas.

Père. Le titre de père pour parler de Dieu a été peu utilisé dans l’A.T. c’est surtout Jésus qui a utilisé ce titre, et même par un diminutif, Abba, papa.

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16° Dimanche Ordinaire : Marthe et Marie

Fr-Dominique-Motte Homélie du frère Dominique Motte

N’est- ce pas insuffisant, sinon dérisoire d’en rester ce matin aux leçons d’un léger conflit domestique, entre ces deux sœurs, un conflit, qui plus est, ressassé depuis deux mille ans au seul bénéfice de l’une d’entre elles – Marie, la toute aimante, aux pieds de son maître –   …. alors que le massacre à Nice de ce 14 Juillet nous laboure le cœur et voudrait nous entrainer, comme citoyens, vers une radicalisation toujours simpliste, celle des « ya qu’à », « ya qu’à », ya qu’à », et comme croyants, vers la mise en doute des affirmations évangéliques – notre Dieu est vainqueur du mal – et des attitudes évangéliques – en ce chaos demeurer ses témoins ?

Permettez-moi, juste pour tenter d’y chercher un peu de lumière, deux évocations, l’une empruntée aux apparences du drame lui-même, l’autre jaillie du côté des deux sœurs qui ensemble auraient un peu de baume à nous verser sur le coeur.

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14° dimanche Ordinaire : mon prochain

Sarmad Najeeb Homélie du frère Sarmad Najeeb

Le prochain !

Qui est mon prochain ?

Et de qui suis-je le prochain ?

C’est pour moi une question d’autant plus délicate que ma tradition Irakienne dit « moi avec mon frère contre mon cousin, et moi avec mon cousin contre l’étranger… ».

Mon prochain est donc tout d’abord mon frère, membre de la famille, puis mon cousin, puis mon voisin et puis mon compatriote etc.

Jésus change cette logique !

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13° dimanche ordinaire : une faim de loup pour des agneaux

IMG_4927 Homélie du frère Franck Dubois, o.p.

Le Seigneur Jésus n’est pas à un paradoxe près et aujourd’hui il fait très fort, songez donc : une faim de loup, voilà qui est tout de même drôle pour des agneaux. Pourtant, c’est bien la qualité principale requise aux ouvriers envoyés comme des brebis voyageuses par le maître : avoir faim. Voilà qui devrait en rassurer plus d’un parmi nous, si pour suivre Jésus il faut aimer manger, tout cela devient très abordable. Il va falloir enchaîner les invitations à dîner. Eh oui, le premier devoir des envoyés est en effet de manger et de boire ce que l’on nous servira. J’en vois qui s’agitent dans la salle : « Ah ben, si c’est ça le plan, finalement n’y aurait-il pas encore un peu de place pour moi parmi les 72 ? » Pas de problème, suivez-moi !

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12° dimanche du temps ordinaire : les Tournesols, comme boussole

Thierry Hubert  Homélie du frère Thierry Hubert

Nous vivons notre célébration de ce dimanche avec nos jeunes amis des Tournesols du pèlerinage du Rosaire : il y a Lili, Clara, Rémy, Corentin, Franz, Amélie, Quentin, Augustin … et leur famille.
Et je vous invite frère et sœurs à d’entendre les paroles de Jésus à la hauteur d’une jeune pousse Tournesol. Le tournesol, la fleur, tire son nom de sa propriété bien connue de suivre la trajectoire du soleil. L’Église aime depuis son origine appeler Jésus le soleil levant, lui dont la lumière ne connaît pas de couchant. Nos amis des Tournesols portent bien leur nom. Leur force est de nous apprendre à suivre Jésus.
Il y a quelque chose de troublant dans l’évangile que nous venons de proclamer.
On passe de la profession de foi de Pierre comme une joyeuse révélation « tu es le christ, le messie » à l’annonce tragique de sa passion. On se réjouit et puis toute de suite c’est la douche froide, qui nous glace et casse l’ambiance. Peut-être connaissez-vous d’ailleurs le mot très ironique que l’on prête à sainte Thérèse d’Avila, qui affrontait de sérieux problèmes lors d’un de ses déplacements. S’adressant à Dieu, elle lui aurait dit « Seigneur, ne vous étonnez pas d’avoir si peu d’amis, quand on voit comment vous les traitez ».
Et bien, n’en déplaise à la grande Thérèse, je crois que mystérieusement nos jeunes amis Tournesols nous disent exactement le contraire.

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11° dimanche du temps ordinaire : « Simon, j’ai quelque chose à te dire »

bissuel   Homélie du frère Denis Bissuel

Simon, j’ai quelque chose à te dire. Aujourd’hui Jésus veut parler à Simon. Et s’il s’adresse à lui de cette manière, c’est qu’il a quelque chose d’important à lui dire, comme il a quelque chose d’important à nous dire à nous aussi. Comme si il s’approchait soudain de nous, nous tapait sur l’épaule ou nous faisait un petit signe, en nous disant à nous personnellement : Viens voir par-là, écoute un peu. Quand quelqu’un nous interpelle ainsi, ne sachant jamais à l’avance ce qu’il va nous dire, notre premier réflexe est souvent le recul, l’inquiétude, voire la crainte de celui qui aurait pu faire quelque chose de mal : qu’est-ce qu’il peut bien me vouloir ? Aurait-il quelque chose à me reprocher, ou à me demander ? Qu’est-ce que j’ai encore fait ?

Quand Jésus parle, ce n’est certes pas pour ne rien dire, encore moins pour dire du mal. Sa parole est toujours Bonne Nouvelle pour nous, elle est pour notre bien.

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Dimanche du Saint-Sacrement : table commune

Benoît Ente  Homélie du frère Benoît Ente

Chers frères et sœurs, qui parmi vous a déjà préparé ce qu’il allait manger ce midi ? Eh oui, souvent, la bonne cuisine, cela se prépare à l’avance. Parfois, il faut commencer la veille et parfois même encore avant. Notre Père céleste, lui, pour préparer notre repas s’y est pris plusieurs milliers d’années en avance. C’est dire la qualité de la cuisine qu’il nous sert. Déjà au temps d’Abraham, Melkisédek fait apporter du pain et du vin. C’est à la fois un  signe et une préparation du repas que nous sommes en train de partager aujourd’hui, le repas de l’Eucharistie. Le pain et le vin qui compose notre repas ont été choisis par Jésus pour en faire son corps et son sang.

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Dimanche de la Sainte Trinité : une unité à vivre

IMG_0883   Homélie du frère Emmanuel Mbolihinihe

Bien aimés dans le Seigneur, aujourd’hui dans toute l’Église, nous célébrons la fête de la Très Sainte Trinité.

De concert avec les adeptes de toutes les grandes religions monothéistes que nous connaissons (le Judaïsme et l’Islam), nous croyons et confessons qu’il n’y a qu’un seul vrai Dieu, Créateur de tout ce qui existe.

Cependant, à la différence des adeptes de ces autres religions monothéistes, nous, chrétiens, confessons que ce Dieu unique est en même temps Trine. C’est-à-dire qu’il existe en Lui trois Personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

Ces trois Personnes divines, sont égales, quant à leur nature, à savoir la nature divine, mais également quant à l’honneur, la gloire et la majesté. Mais elles sont en même temps distinctes, de par leurs fonctions.

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