Saint-Dominique de Printemps : soirée festive

Au Programme :

-19h : vêpres solennelles  dans l’église,

suivies d’un pique-nique tiré du sac dans le parc du couvent … chacun partagera   ce qu’il aura apporter !

– 20h30 : soirée théâtre  » Moi, Dominique «  dans l’église.  Création festival d’Avignon 2016.

Le 24 mai est dans l’ordre dominicain la fête dite de « printemps » de saint Dominique, en prémices de sa fête officielle  le 8 août, au milieu de l’été. Elle fut fixée le jour de la translation des reliques de Saint Dominique le 24 mai 1233.

4° dimanche de Pâques : traverser, franchir la porte

Homélie du frère jeanPierre Brice Olivier, op

Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage.

Nous sommes familiers des expressions que Jésus emploie pour nous dire qui il est. Certaines sont claires et immédiatement compréhensibles : je suis le chemin, je suis la vigne… D’autres sont plus abstraites : je suis la vérité, la vie… D’autres encore sont aimables : je suis le beau berger… Celle d’aujourd’hui : Je suis la porte, est concrète, simple mais un peu surprenante.

La Pâque, c’est le passage : la traversée d’une mer qui semble infranchissable, la sortie inespérée d’une situation d’esclave vers une terre promise où ruisselle le lait et le miel.

J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous(Luc 22, 15). Jésus a désiré manger la Pâque avec ses disciples : manger le passage, absorber la traversée, avaler le franchissement. C’est là qu’il devient la porte.

Le Christ absorbe la malédiction, il aspire la faute, il assimile le péché pour l’engloutir. C’est ainsi qu’il anéantit tout le mal, avec la mort : en les absorbant.

Il accomplit son œuvre, il l’achève en consommant le mal pour le consumer. Il traverse tout le malheur pour que d’autres hommes puissent le franchir avec lui, derrière lui. Il marche à leur tête. Nous suivons ses pas pour triompher de nos esclavages et gagner la liberté, pour bondir du péché au salut, pour nous élancer de la mort à la vie.

Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé.

Le cul-de-sac de la mort devient une porte, l’impasse du néant une ouverture. Le tombeau n’est plus occupé, mais vide ! Toutes les tombes sont trouées, c’est définitif, le ciel traverse la ténèbre.

Jésus devient lui-même la Pâque, le passage, en résorbant le passage.

Lui, la porte, nous fait libres, chacun, d’entrer et sortir… Jésus n’est pas le portier ni le gardien, il n’est pas la serrure ni la clef, mais la porte. Et la porte est sans pouvoir, elle ne décide pas de qui passe. Elle ne fait pas obstacle, elle se laisse traverser.

Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. 

Une traversée vers la vie pleine. La porte de la vie en Dieu, de la vie de Dieu.

Il n’y a pas d’autre porte que Jésus, personne, ni la Vierge Marie, ni l’apôtre Pierre, ni ses successeurs. Pas d’autre porte, ni une institution, ni un sacrement. Seul Jésus, percé, transpercé.

Nous sommes invités à manger la Pâque, le Christ, nous sommes plongés dans la mort avec lui pour ressusciter avec lui. Avec lui nous franchissons l’infranchissable, vers la vie en abondance.

Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal.

Tu me mènes vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; tu me conduits par le juste chemin.

Sur des prés d’herbe fraîche, tu me fais reposer (Psaume 22).

3° dimanche de Pâques : sur la route d’Emmaüs

Jean-Pierre Mérimée Homélie du frère Jean-Pierre Mérimée, op

Au sein de l’humanité entière, en chacun de nous, toutes les aspirations frustrées et tous les désirs inachevés creusent une infinie béance. C’est ce que vivent de manière paroxystique les 2 disciples sur ce chemin qui tourne le dos à Jérusalem. Pour eux la vraie vie est désormais absente, à jamais clouée en croix, morte. Ne reste que le froid squelette d’un monde sans espérance.

Ce qu’ils vont apprendre de Jésus un pas après l’autre sur le chemin, c’est que la vraie vie n’est pas dans la résignation ni l’effacement. Elle est dans cette Pentecôte de l’Esprit décrite par l’évangéliste Luc, dans cette transmutation  par un feu dévorant de la douleur dont nos cœurs sont remplis. Elle est dans cette transfiguration de nos blessures et de nos manques, changés en assurance, l’assurance des témoins du Christ ressuscité.

La seule condition est de reconnaître, d’assumer en vérité cette part manquante, ce monde des ténèbres qui nous laissent si souvent désemparés, comme à jamais orphelins, seuls sur cette terre, enfermés dans nos deuils.

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2° dimanche de Pâques : Voir et croire

Homélie du frère Denis Bissuel, op

Quelle journée ce 1er jour de la semaine ! C’est pour le moins un jour singulier. Plusieurs fois déjà Jésus s’est montré vivant à ses apôtres après sa résurrection, à chaque fois le 1er jour de la semaine, le 8ème en même temps que le 1er, jour de la nouvelle création, jour des temps nouveaux, temps de la Résurrection et de la Vie. Nous le célébrons liturgiquement depuis 8 jours, et aujourd’hui encore en ce 8ème jour dans l’octave de Pâques nous entendons et célébrons la Bonne Nouvelle du Christ ressuscité et à jamais vivant.

C’était après la mort de Jésus, nous dit l’évangéliste Jean, le soir venu, le premier jour de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées. Jésus vint et il était là, au milieu d’eux. Le décor est planté, l’ambiance décrite plutôt sombre et pesante.

Les disciples se sont enfermés parce qu’ils ont peur. Souvent notre premier réflexe quand on a peur, c’est de s’enfermer, surtout à l’heure où la nuit tombe. On les comprend donc après tout ce qui s’est passé : si on a tué le Maître, on peut aussi tuer ses disciples. Et puis, cette journée de Pâques qu’ils viennent de vivre, a été faite de bouleversements depuis le matin. Des femmes sont venues leur dire que le tombeau était vide. Pierre a couru et l’a constaté, et le disciple bien-aimé a couru lui aussi, plus vite, il a vu et cru. On va, on vient, on court, on a bien de la peine à croire.

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Vigile pascale : « Partez d’ici ! »

Denis Cerba Homélie du frère Denis Cerba, op

Dans l’évangile de la Résurrection selon saint Mathieu, on est particulièrement frappé par le fait que le message de la Résurrection du Christ (c’est-à-dire le message du tombeau vide) soit si immédiatement relayé, débouche si immédiatement et comme sans la moindre transition sur ce nouveau message, qui tombe cette fois de la bouche même de Jésus : « Partez d’ici ! ».

« Partez d’ici ! Allez annoncer à mes frères qu’ils doivent partir : qu’ils doivent partir pour la Galilée — et c’est là-bas qu’ils me verront, pas ici ! »

Le Christ nous dit : ne vous attardez surtout pas autour de mon tombeau, même de mon tombeau vide, surtout de mon tombeau vide. Ne vous attardez même pas autour de moi, ici, maintenant : retrouvez-moi ailleurs, en Galilée, où je vous précède déjà ! À ces femmes venues visiter son tombeau, à ses disciples, à nous-mêmes, le Christ laisse à peine le temps de digérer la nouvelle, pourtant extraordinaire, de son retour à la vie, qu’il semble déjà vouloir tourner cette page pour en ouvrir tout de suite une autre : une page nouvelle, une bien plus urgente, une encore plus extraordinaire, porteuse d’encore et de bien plus d’espérance ! C’est la nouvelle d’un nouveau départ, du démarrage de quelque chose de neuf, du début de quelque chose de plus qu’une simple issue ou d’un simple échappatoire au mal et à la mort — mais plutôt le début d’une ouverture et d’une aventure dont les dimensions insoupçonnées sont vraiment celles d’une nouvelle vie : d’une vie nouvelle !

La vie nouvelle, tel est bien finalement le sens de la mort du Christ.

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Vendredi Saint : office de la Croix

Homélie du frère Benoît Ente, op

Parfois frères et sœurs, avouons-le, nous en avons marre. Marre de ces guerres, de ces morts, de ce monde. Comme on aimerait que tout soit résolu d’un claquement de doigts. Oui, mais voilà, nous constatons souvent qu’il nous faut passer par le feu de l’épreuve pour que quelque chose se débloque dans nos vies et dans notre monde. Depuis que le péché est entré dans le monde, l’enfantement de l’homme nouveau se fait dans les douleurs. Cette loi est difficile à entendre, mais il nous faut aujourd’hui la regarder en face : nous sommes contraints, frères et sœurs, de traverser les douleurs et l’épreuve pour entrer dans la vie.

Et parfois cette épreuve nous écrase, nous terrifie. La Bonne Nouvelle, c’est que Dieu ne nous laisse pas seuls. Il nous rejoint là où nous sommes. Il nous y rejoint résolument, volontairement, librement. Lorsque les gardes viennent arrêter Jésus, c’est Lui Jésus qui s’avance vers eux et les interpelle Qui cherchez vous ?… C’est moi.    Jésus devance ses agresseurs. Au point qu’ils en tombent par terre, renversés par l’assurance de Celui qui sait exactement où il va, qui sait exactement ce qu’il fait et pour qui il le fait ; ils sont assommés par la Parole de Celui qui voit loin, très loin jusqu’à la résurrection.

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4° dimanche de Carême : réparer les vivants

Homélie du frère jean-Pierre Mérimée

« En ce temps là en sortant du temple, Jésus vit ». Il vit : notation d’apparence anodine – il s’agit d’une scène de la vie quotidienne, un pauvre à la porte d’une église – mais pas si banale que ça en vérité. Encore faut-il voir en effet ce que l’on voit, cela veut dire déjà ne pas détourner le regard, ensuite savoir exercer une qualité de regard particulière, permettant de prendre la mesure de ce que l’on voit  et d’en tirer les conséquences : une règle de conduite, un comportement. C’est donc se sentir engagé par ce que l’on voit. Ce n’est pas si fréquent, même si on n’est pas aveugle de naissance. La politique de l’autruche, nous connaissons.

Il faut également, autre précision du texte, sortir du Temple, rencontrer celui qui est à la porte, sur le parvis, le profane au sens étymologique du terme : celui qui est pro-fanum, devant le temple.

Car, souligne Jésus : « Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour». C’est ce que Jésus est venu faire parmi nous : réparer les vivants, tous les vivants, en faire des voyants, des croyants, leur permettre de vivre enfin leurs désirs d’être eux-mêmes, d’accomplir pleinement leur humanité en libérant ce gisement de lumière qu’ils portent en eux depuis l’origine. Gisement prisonnier de leur nuit, de leurs obscurités, de leurs violences, de leurs lâchetés comme l’amande est prisonnière de la coque, comme le regard de l’aveugle de naissance est privé de la lumière. « Frères, autrefois vous étiez ténèbres ; maintenant dans le Seigneur, vous êtes lumière » affirme Saint Paul aux Ephésiens.

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