23° dimanche Ordinaire : OK, Google ?

Homélie du frère Franck Dubois, o.p

A vue de nez on est plus que deux ou trois, il y a donc du beau potentiel. Si on se met tous à demander un truc en son nom, on devrait faire bouger les choses. Bien sûr il faudrait d’abord se mettre d’accord, ce qui n’est jamais une mince affaire ici en France. Je crains qu’assez vite l’assemblée se divise en factions, groupes de pression et autres amicales faussement désintéressées pour soumettre chacun ses doléances, qui risquent même parfois d’être contradictoires : plus de chaleur (en hiver), plus de fraîcheur (en été)… Bref, ce n’est déjà pas une mince affaire de se mettre d’accord entre soi. C’est peut-être pour cela que Jésus insiste : je ne reçois pas de demande avant que vous vous arrangiez entre vous. Un appel à la responsabilité.

Et Dieu sait si c’est compliqué. On préfèrerait de loin traiter en direct avec le patron. Du genre : « Seigneur, ce type est une crapule, règle-lui son compte » mais non, il faut encore aller soi-même le lui signifier. Le Seigneur sait bien qu’il y a pas mal de chance que nous modulions notre vocabulaire lorsque nous aurons le bonhomme en face, et sans doute aussi notre jugement. Et pas possible non plus de demander en direct au Big Boss un petit service perso. Vous savez ce qu’il convient maintenant d’appeler une requête « ok Google ». Je remercie au passage le frère Benoît de m’avoir introduit dans l’univers merveilleux du « ok Google ». Vous parlez à votre machine, en secret, dans votre chambre, dans la rue, aux toilettes, où vous voulez et, hop, elle vous répond, vous résout vos problèmes : un resto à proximité, ok Google, un billet de train acheté, ok Google, et puis bien sûr : tiens au fait à quel âge et mort Mickael Jackson, quelle est la capitale des Iles Salomon. Hop, en un clic, sans détour, la réponse. Déconcertant de facilité, pas besoin de perdre du temps à s’entendre avec des hommes, on ne dépend de personne, on peut enfin la jouer perso. Mon problème, ma réponse, mon téléphone, mon monde quoi… rien qu’à moi…

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Samedi 30 septembre : le couvent fête ses 60 ans !

La communauté de Lille a la joie de vous inviter à la retrouver  pour fêter « 1957 – 2017 : 60 ans »

Avec Mgr Pierre Raffin, dominicain,
évêque émérite de Metz, novice au couvent de Lille en 1957.
12h : Messe solennelle
en présence
de Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille
de Mgr Antoine Hérouard, évêque auxiliaire de Lille
La messe est suivie d’un pique-nique sorti du sac.
EXPO-PHOTO : LA CONSTRUCTION DU COUVENT
15h : Conférence de Mgr Raffin :
« Prêcheurs en 1957 – Prêcheurs en 2017 »
19h : Vêpres solennelles.
Mgr Pierre Raffin

Le foyer Saint-Dominique : une nouvelle rentrée !

Pour sa 3ieme rentrée avec un effectif complet de 40 étudiants, le foyer Saint-Dominique redémarre aux côtés des frères Denis Cerba, directeur et Thomas-Marie Gillet, son assistant.

3 axes structurent la vie des étudiants : faire vivre le foyer, approfondir sa foi et s’engager dans un service bénévole.

site web : http://www.foyersaintdominique.org/

21° Dimanche Ordinaire : Donner ses clefs

Homélie du frère Benoît Ente, op

Cet été, peut-être êtes-vous allés au cinéma avec vos enfants ou petits enfants ? Pour voir un film d’aventures. De mon côté, je suis allé voir Valérian et je n’ai pas été déçu du voyage. Une imagination débordante traduite en images époustouflantes qui vous emmènent dans la cité des mille planètes. Pourtant, même le scénario le plus travaillé manquera d’imagination face aux chemins impénétrables du Seigneur. Quand Dieu visite une vie, elle devient une aventure imprévisible. Et il n’y a pas besoin de parcourir les mille planètes pour cela. Le Dieu vivant s’amuse à faire tomber l’une après l’autre nos certitudes, nos projets trop étroits, pour qu’à la fin, il ne reste plus que Lui, plus que l’autre, sa présence, ses pensées, sa mission, son amour.

Pierre s’engage

A Césarée-de-Philippe, l’apôtre Pierre n’a encore aucune idée de ce qui va arriver à Jésus et encore moins à lui qui était il y a peu, un pêcheur du lac de Galilée. Pierre suit Jésus au jour le jour. Et il rêve, Pierre, de grandeurs trop terrestres. Des rêves qui l’empêchent de comprendre pleinement la pensée de son Seigneur.  Malgré cela, dans un moment de lucidité, Pierre reconnaît et confesse que Jésus est l’élu de Dieu, le messie attendu depuis des siècles par son peuple.

Par cette parole, Pierre s’engage librement vers l’inconnu. En reconnaissant que Jésus est le Fils de Dieu, Pierre donne à Jésus une place. Et c’est cette place de Jésus dans les pensées et le cœur de Pierre qui va influencer sa vie et lui donner une orientation surprenante.

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14° dimanche ordinaire : les t’chiots sur un âne

Homélie du frère Thierry Hubert, o.p.

« Ce que tu as caché aux sages et aux savants, Père, tu l’as révélé aux tout-petits. »

Voilà, les sages et les savants balayés devant les tout-petits. Presque du dégagisme ! Voilà de quoi, pour un ordre religieux dont on se plait à dire qu’il est intellectuel, créer un certain embarras. Un frère de mon noviciat, qui travaillait beaucoup, disait régulièrement : « je suis rentré chez les dominicains, pas chez les ignorantins ».

On peut être gênés de ce procès à charge contre les savants et en même temps, avec Jésus, comme toujours, c’est çà et c’est pas çà. Il est des savants qui demeurent tout-petits et des tout-petits qui se prennent pour des grands.

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12° Dimanche ordinaire : réconfort

Denis Cerba Homélie du frère Denis Cerba, o.p.

Le message que nous adresse ce matin saint Matthieu est foncièrement un message de réconfort, de réconfort au milieu de l’adversité, de réconfort spécifiquement devant l’adversité que peut susciter le message du Christ : « Rien de voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu », ce qui veut dire : en définitive, le message du Christ sera annoncé et triomphera ! Donc : « Ne craignez rien ! Proclamez mon message au grand jour, proclamez-le sur les toits ! ».

Ce que dit saint Matthieu est évidemment à replacer dans son contexte et dans celui de la communauté à laquelle il s’adresse : une communauté judéo-chrétienne naissante, en butte à la résistance plus ou moins violente — et parfois assez violente effectivement, semble-t-il, selon les historiens — de tous ceux à qui le message du Christ a fait peur à son époque, notamment à cause de certaines innovations et avancées décisives dont il était porteur : par exemple l’accent mis sur l’amour et la miséricorde plutôt que sur l’observation des règlements et des rubriques (on se rappelle l’épisode de la femme adultère ou les attaques de Jésus contre l’hypocrisie des pharisiens), ou bien l’ouverture universaliste à tout homme de bonne volonté plutôt que le repli et l’enfermement sur un petit groupe d’élus, ouverture dont l’apôtre Paul sera le porte-parole le plus éloquent. Face à toutes ces résistances, le Christ nous appelle fondamentalement à voir plus loin que le bout de notre nez et à aller résolument de l’avant !

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Ordinations dominicaines à Lille !

Joie, joie, joie ! Ce sera le dimanche 2 juillet à 15h.

Seront ordonnés prêtres, les frères Jacques-Benoît Rauscher, Olivier Catel, Pierre-André Mauduit, Emmanuel Dumont et Jean-Baptiste Régis.
Seront ordonnés diacres les frères Charles Desjobert et Grégoire Laurent-Huyghues-Beaufond.

  

Dimanche du Corps du Christ : Reconnaissance

Homélie du fr. Thierry Hubert, o.p.

Lundi dernier, je rencontrais pour la dernière fois un couple de fiancés avant la messe de leur mariage et, comme séance récapitulative, nous avons partagé à partir de la bénédiction nuptiale. S’il vous arrive d’assister à des messes de mariage, il ne vous aura pas échapper que la dite bénédiction est placée à la fin de la prière eucharistique, juste après le Notre Père. Comme une façon de signifier que les deux sacrements, du mariage et de l’eucharistie, s’éclairent et se comprennent mutuellement. Il est tous les deux questions de corps qui se donnent par Amour. « Ceci est mon corps, livré pour toi. Prends-le ». Deux sacrements, où l’on célèbre l’amour qui s’offre, entièrement, au risque de perdre.

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