Vigile de Pâques 2018 : l’espace vide du tombeau

Homélie du frère Denis Bissuel, op

On avait voulu le faire taire, étouffer la rumeur, mettre un terme à l’affaire. On avait trouvé de bons arguments (cet homme est un imposteur, un blasphémateur !), fait un procès, cloué Jésus sur le bois de la croix. On l’avait mis à mort, enterré, et pour être sûrs que personne n’intervienne plus, car on craignait une dernière imposture, on avait scellé une grosse pierre à l’entrée du tombeau et posté une garde. La nuit est revenue, obscure et silencieuse. Et l’Eglise s’est tue, le temps d’une journée, retenant son souffle devant les tabernacles vides de ses sanctuaires.

 

Mais on n’enchaîne pas la Parole de Dieu, elle est Parole de vie, d’amour, plus incisive qu’un glaive à deux tranchants.

A l’aube du premier jour de la semaine, deux femmes se rendent au tombeau, Marie Madeleine et une autre Marie. Elles voient la pierre roulée et le tombeau ouvert et vide, et assis à droite un jeune homme vêtu de blanc. Dans l’évangile selon saint Marc, au moment de l’arrestation de Jésus, un jeune homme était apparu, vêtu d’un simple drap. On avait voulu le saisir mais il avait laissé aller le drap et s’était enfui tout nu. Le matin de Pâques, lorsque les femmes viennent au tombeau, elles voient ce jeune homme vêtu de blanc. Il représente le Christ lui-même qui a laissé son enveloppe mortelle dans les mains de ceux qui sont venus le saisir et le mettre à mort. Et il apparaît maintenant dans sa gloire comme au jour de la Transfiguration.

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Vendredi Saint 2018 : donner sa vie

Homélie du frère Jean-Laurent Valois, op

Il y a bien longtemps, au jour des rameaux, une foule enthousiaste reconnaissait en Jésus son sauveur. Cinq jours plus tard, même si – d’accord – elle était manipulée par les grands-prêtres, c’est cette même foule qui réclamait sa tête. Cela veut bien dire que collectivement, nous sommes capables à la fois d’accueillir le Christ et capables de le renier. L’histoire du monde et même de l’Eglise en est la terrible illustration. Ce qui compte, c’est de dire « je » et de se décider pour le Christ. L’accueillir dans son cœur, c’est bien, mais si c’est pour le renier quelques jours plus tard, ça ne sert à rien !

Après la lecture de la Passion, j’ai envie de poser une question: Qui est Dieu? Dieu,c’est quelqu’un qui donne sa vie. Souvent, dans la vie de tous les jours, comme dans l’Évangile d’ailleurs, on parle d’amour, et il y a cette parole qui nous revient: « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » et bien ce que Dieu dit, Il le fait. « Prenez, mangez : ceci est mon corps, buvez, ceci est mon sang, dit Jésus ». Non seulement il donne sa vie, un jour de l’histoire, pour ses amis d’alors, mais c’est à nouveau aujourd’hui, où nous célébrons la passion de Jésus, qu’il donne sa vie, et chaque fois que nous le célébrons et que nous le prions.

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Jeudi saint 2018 : Jusqu’au bout

Homélie du frère Denis Bissuel, op

L’Heure est venue, et nous y sommes, où tout va s’accomplir. L’Heure est venue où le Fils de l’Homme va être livré, va passer de ce monde à son Père. L’Heure où l’amour va se manifester, la Vérité se révéler à la face du monde.

Jésus entre dans sa Passion, un drame se prépare et va se dénouer. Acclamé hier, demain Jésus sera crucifié comme un bandit, un moins que rien. Jésus le sait et l’accepte librement. Alors qu’il va endurer la souffrance, affronter la violence et la haine qui trop souvent encore se déchaînent et déchirent l’humanité, Jésus est assis à table avec ses disciples et ils mangent, comme tout le monde, comme si de rien n’était. Et c’est le dernier repas de Jésus avec ses disciples, la dernière Cène.

Alors qu’on cherche à l’arrêter par ruse pour le tuer, que ses disciples vont succomber, le trahir, le renier, Jésus va prendre soin d’eux, humblement, leur donner ce dont ils ont besoin pour ne pas défaillir en route : il va leur laver les pieds, leur donner du pain à manger et une coupe à boire. Et ce sera son testament.

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Semaine Sainte 2018 : les horaires

Dimanche 25 mars, 11h : Messe des rameaux et de la Passion du Seigneur

Lundi saint 26 mars,19h  : Vêpres- sacrement de la réconciliation

 Mardi saint 27 mars, 19h : Messe chrismale à la cathédrale

Jeudi saint 29 mars :

8h30 :   Office des Ténèbres
10h : Catéchèse pascale // 12h30 : Office du milieu du jour
19h : Cène du Seigneur
Repas partagé et Nuit de veille

 

Vendredi saint 30 mars :

8h30 :   Office des Ténèbres
10h : Catéchèse pascale // 12h30 : Office du milieu du jour
15h : Chemin de croix
19h : Office de la croix

 

Samedi saint 31 mars :

8h30 :   Office des Ténèbres
10h : Catéchèse pascale //12h30 : Office du milieu du jour
19h : Vêpres
22h : Vigile Pascale

 

Dimanche de Pâques 1er avril :

9h :   Laudes
11h : Messe de Pâques
Suivie de la chasse aux œufs dans le parc
19h : Vêpres

 

Lundi de Pâques 2 avril :

8h : Laudes // 12h : Messe // 19h : Vêpres

Une rencontre de Carême dans la Ville au couvent

Vivez une rencontre fraternelle et spirituelle près de chez vous

Notre retraite de carême sur Internet poursuit son chemin

Comme vous le savez, nous souhaitons donner un visage à la communauté que nous formons. Pour cela, nous vous invitons à vous déplacer près de chez vous à la rencontre d’autres retraitants. Nous échangerons ainsi en petits groupes autour d’une méditation du frère Yves Habert, dans un moment fraternel et convivial.

Couvent des Dominicains à Lille
Jeudi 15 mars à 19h pour les vêpres et 19h30 pour l’échange. 

Pour s’inscrire, CLIQUEZ ICI

4° dimanche de Carême : regarder en face le mal

Homélie du frère Denis Bissuel, op

Un certain Nicodème, pharisien, instruit, un notable, l’élite du judaïsme, voudrait comprendre qui est cet homme, Jésus, ce que signifie ce qu’il dit et fait, le sens des signes qu’il pose : l’eau changée en vin quand la noce allait tourner court à Cana, son attitude, sa colère dans le Temple devenu un lieu de trafic qu’il prétend pouvoir rebâtir en 3 jours. Nicodème voudrait savoir ce qu’il en est de la relation privilégiée que Jésus semble avoir avec Dieu qu’il appelle son Père et auquel il renvoie toujours.

Alors il vient trouver Jésus dans l’obscurité de la nuit. Un dialogue s’instaure, qui commence par une affirmation posée par Jésus comme une exigence foncière : En vérité je te le dis : à moins de naître à nouveau, personne ne peut voir le Royaume de Dieu. Il s’agit avant tout de naître à nouveau et d’en haut, de l’eau et de l’Esprit.

De remarques en questions, d’incompréhensions en questions nouvelles, Jésus va conduire son interlocuteur, lui faire découvrir et comprendre progressivement qui est-il donc ce Fils de l’Homme, de quoi il parle, et ce qu’il est venu faire chez nous ; Jésus voudrait le faire entrer plus avant et dans le mystère de Dieu et dans une vie nouvelle, et participer à l’œuvre de salut qu’il est venu réaliser dans le monde.

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2° dimanche de Carême : deux montagnes, deux fils bien aimés

Homélie du frère Thierry Hubert, op

Il n’y avait pas d’ombre ce jour-là sur la montagne de la Transfiguration. Et le soleil avait peut-être aussi disparu. Seule existait la lumière du corps de Jésus, du Corps de celui que Pierre, six jours avant, avait confessé comme le Christ. Donc, la lumière du Corps du Christ attirait les regards, embrassant l’espace et le temps : Moïse et Elie, figures de la loi et les prophètes, et les trois disciples, Pierre, Jacques et jean, tous ensemble étaient présents pour contempler la lumière du corps du Christ, la lumière de Celui que la voix du Ciel désigne à cet instant-là comme le Fils bien-aimé. De la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Non, il n’y avait pas d’ombre ce jour-là, peut-être juste un trop plein de lumière, laissant sans voix les trois disciples, hébétés, abasourdis, Pierre disant un peu n’importe quoi, comme enivré de lumière joyeuse.

L’obscurité, les ténèbres, elles étaient plutôt sur une autre montagne, ou plus exactement dans la tête et le cœur d’Abraham. Il gravissait le sommet où selon un ordre inexplicablement divin il devait sacrifier son Fils, celui qu’il appelait toujours « son unique, son bien-aimé. » « Abraham, Un père peut-il conduire son Fils, son bien-aimé, sur une montagne, pour le perdre ? Comment toi, après avoir trimé toute ta vie à vouloir un enfant, peux-tu facilement renoncer à ton plus grand désir que Dieu pourtant disait bénir ?  Comment accepter de perdre sa descendance, et la vie à venir, de générations en générations comme une cascade bondissante ? » L’obscurité était dans la tête et le cœur d’Abraham qui voyait son Fils, porté sur lui le bois du sacrifice.

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1er dimanche de Carême : « Fracas du cœur, fracas du monde »

Prédication du frère Jean-Michel Potin, op

Tu es mon Fils aimé.

Tu es ma joie.

Frères et Sœurs,

Les deux phrases que je viens de vous lire viennent immédiatement avant l’Évangile de ce jour et je ne comprends celui-ci que comme la conséquence réelle de cette déclaration de Dieu le Père à son Fils

Tu es ma joie.

Imaginez, Frères et Sœurs, l’état d’esprit de Jésus de Nazareth suite à cette déclaration d’amour publique. Imaginez l’état de son cœur, l’état de sa tête. Pour cela, rappelez-vous le moment où vous avez compris, vous aussi, que vous étiez l’enfant bien aimé du Père. Rappelez-vous le jour où le ciel s’est ouvert aussi pour vous. Rappelez-vous que vous avez, ce jour-là, changé de monde. Plus rien ne sera comme avant. Le moment était arrivé. Les temps étaient accomplis.

Saint Marc dans la concision de son récit nous donne une multitude d’informations, il y est question de désert, d’un adversaire, des bêtes sauvages et d’anges serviteurs. Un monde à la Jérôme Bosch ou à la Salvador Dali qui représente bien le fracas dans la tête et dans le cœur de Jésus : il faut le désert pour digérer la nouvelle car il faut bien la digérer la nouvelle que l’on est la joie de Dieu, ensuite l’adversaire, le Satan, pour douter car il faut bien douter de ce qui est inconcevable et enfin les bêtes sauvages et les anges dans l’alternance des rencontres et des états d’âme. C’est le fracas du cœur.

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