6° dimanche ordinaire : De la loi à la justice

Denis Cerba Homélie du frère Denis Cerba, op

« Oui ! » « Non ! » « Abolir ! » « Accomplir ! »

Le Christ aime bien nous plonger dans ces situations de décision et d’indécision : sur des questions essentielles, il aime nous provoquer à la réflexion et la décision personnelle. Ce matin, il nous provoque sur la question du rapport entre la loi et la justice : suffit-il de respecter la loi pour être juste ? Sa réponse aura une certaine complexité, mais sa direction et son aboutissement sont clairs, et c’est : « Non ! » Non, il ne suffit pas de respecter la loi pour être juste, pour être véritablement juste : cela ne peut faire de nous au mieux que des pharisiens : « Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux. »

Pour bien apprécier et mesurer la radicalité de l’enseignement du Christ, il faut noter en premier lieu qu’il ne parle de rien de moins que des lois divines, de ce que les Juifs appellent « la Loi et les Prophètes » : on n’est pas dans l’exercice, plus évident quoique déjà important, de relativisation des lois et règlements humains. Pour Jésus, même la loi divine est à relativiser, à dépasser en direction de la véritable justice. Mais deuxièmement, il faut noter aussi qu’on n’est pas du tout non plus dans la simple attitude, aussi cavalière que superficielle, du mépris des lois : Jésus précise bien qu’il ne vient pas abolir, mais accomplir, accomplir sans abolir, dépasser mais pas contredire. Et il met les points sur les i : d’une certaine façon, aucun iota de la Loi, aucun de ses commandements, même les moindres, ne passeront dans le dépassement que j’apporte.

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Habemus priorem !

Le samedi 11 février, après la messe du Saint-Esprit, les frères de Lille ont réélu pour un second mandat le frère Denis Bissuel, prieur de la communauté.

4° dimanche ordinaire : heureux 9 fois !

bissuel Homélie du frère Denis Bissuel, op

Voyant les foules qui le suivaient, Jésus gravit la montagne, il s’assit, ses disciples s’approchèrent ; alors ouvrant la bouche, il les enseignait. Depuis ce lieu élevé qu’est la montagne, qui dit bien où est leur source, des paroles sortent de la bouche de Jésus, fortes, nourrissantes, déconcertantes. Jésus est au début de sa vie publique, il vient d’appeler ses premiers disciples à le suivre, il va maintenant leur apprendre quelque chose qu’ils ne connaissent pas encore et qu’ils devront découvrir avec lui. Il va prendre son temps, leur parler longuement, et commence son discours en reprenant le mot par lequel Moïse avait achevé le sien : heureux !

Heureux es-tu Israël ! avait proclamé Moïse juste avant de mourir. Heureux, dit maintenant Jésus à tous ceux qui l’écoutent.

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3° dimanche ordinaire : entre unité et querelles

DSC_0208 Homélie du frère Benoît Ente, op

il n’a pas fallu longtemps aux chrétiens pour se quereller. Déjà, à l’époque de Paul, les premiers chrétiens de Corinthe étaient en conflit. « Moi j’appartiens à Paul » « Moi j’appartiens à Pierre ». Ces querelles nous les connaissons trop bien. Celles très anciennes entre catholiques et orthodoxes, entre catholiques et protestants. Celles à l’intérieur de notre propre église catholique, pour ou contre la messe en latin, pour ou contre l’accueil des migrants. Celles à l’intérieur de nos communautés locales, de nos familles, de nos couples celles que nous cachons derrière des justifications du type « Ils ont deux fortes personnalités ». Et enfin, notre propre division, nos propres incohérences, peut-être la source de toutes les autres.

  • Imaginer l’unité

Comment nous unifier, comment construire l’unité ? Comment la rendre possible, oser l’imaginer quand soudain nous prenons conscience de la profondeur des blessures, de la somme de souffrances engendrées depuis parfois des siècles, par nos querelles ?

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2° dimanche ordinaire : l’agneau, le loup, le bouc et la colombe

Thierry Hubert Homélie du frère Thierry Hubert, op

« Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. »

Convient-il de commencer cette homélie par une fable de Jean de La Fontaine ? Celle de l’Agneau qui se désaltérait dans le courant d’une onde pure quand un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,

— Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
— Majesté, répond l’Agneau,
je m’en vais désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d’Elle,
Et par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
— Tu la troubles, reprit la bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l’an passé.
— Comment l’aurais-je fait si je n’étais pas né ? — Si ce n’est toi, c’est donc ton frère.
— Je n’en ai point.
— C’est donc quelqu’un des tiens :
il faut que je me venge.
Là-dessus, au fond des forêts
Le Loup l’emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

Voilà ! Le loup et l‘Agneau est la première fable de La Fontaine que j’ai apprise à l’école primaire, il y a 40 ans. Et comme tout ce qui nous arrive comme première fois, cette fable est restée quelque part bien ancrée dans ma mémoire, comme vestige d’une innocence massacrée, tristesse de l’enfant, d’un agneau candide devant une brute bestiale et sanguinaire. Au point que ce pauvre agneau de La Fontaine réapparait souvent dans ma petite tête quand à l’eucharistie , comme prêtre, nous redisons les paroles de Jean le Baptiste : « voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. »

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Jour de l’An et Marie, mère de Dieu

Capture d’écran 2016-05-31 à 11.39.14 Homélie du frère Benoît Ente, op

Il y a quelques jours, je discutais avec une femme de notre quartier. Elle était mère de trois enfants. Les deux plus jeunes étaient là, des adolescents merveilleux. Je lui demandais ce que faisait l’aîné. « Il est parti en Syrie. Il s’est engagé avec les djihadistes ». Brusque retour à la réalité en pleine fête de Noël. En s’exilant en Syrie, le jeune homme avait emmené avec lui, peut-être sans le savoir, le cœur de sa mère. Pas un seul jour sans que cette femme ait une pensée pour son fils perdu. Son être de mère était lié pour le meilleur et pour le pire avec son aîné. Lié par un lien très spécial, le lien maternel.

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Jour de Noël : Dieu veut s’unir à nous!

thomas-marie-gillet  Homélie du frère Thomas-Marie Gillet, op

Notre chant de cette nuit retentit encore, « aujourd’hui je vous annonce une très grande joie, pour nous dans une étable est né le Sauveur du monde, alléluia » ! Avec le prophète Isaïe nous pouvons proclamer : « […] Un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! […] Son nom est proclamé :  » Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix  » » (cf. Is. 9, 5). « Prince-de-la-Paix ».

Cette espérance peut paraître illusoire, voire dérisoire. La commémoration de la venue au monde il y a plus de 2000 ans à Bethléem d’un enfant dans une modeste famille juive suffirait-elle à nous faire oublier les violences dont cette année encore le monde a été victime, à Alep, à Kinshasa, plus proche de nous, à Saint-Étienne-du-Rouvray, à Nice, à Berlin ? Oublierons-nous les discordes dans nos familles, les pressions au travail, la violence du chômage ou de la solitude ? Et pourtant il est bien là livré à notre contemplation, à notre vénération le Fils de Dieu Vivant et Fort, et il apporte avec Lui la paix. L’annonce du Prince-de-la-Paix n’a pas forcément été reçue immédiatement dans toute sa profondeur. Les prophètes et le peuple des fidèles ont pu en rester à l’annonce d’un Messie politique dont nous devrions prendre fait et cause pour devenir ses hérauts, les promoteurs d’une paix, d’une justice, d’un élan de vie concret, réel. Mais ce que les prophètes nous annonce plus profondément c’est que l’homme a besoin de plus que cela, d’un don que seul Dieu est en mesure de lui apporter : le salut.

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Nuit de Noël 2016 : terre et le ciel enfin réconciliés.

img_1127-e1395388294942 Homélie du fr. Denis Bissuel, op

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur les habitants du pays de l’ombre une lumière a resplendi.

Frères et sœurs, en cette nuit de Noël l’Église se réjouit d’une joie lumineuse, profonde et vraie. Aux creux de nos hivers, dans les vielles de nos nuits, alors que notre monde connaît tant de violence et de haines fratricides, un cri retentit fort et imperceptible. Dans les champs de nos vies une parole se fait entendre : Écoutez, l’heure est venue, n’ayez pas peur, voici que je vous annonce une grande joie. C’est une Bonne Nouvelle pour tous et pour chacun qui n’est pas réservée à quelques initiés, aux prétendument sages et aux intelligents.

Cette Bonne Nouvelle, la voici : aujourd’hui Dieu vient habiter avec nous pour toujours parce qu’il nous aime et que l’amitié ne peut s’accommoder de trop grandes distances. Aujourd’hui Dieu, cette nuit, Dieu se fait l’un de nous. Il se donne à nous comme sa Parole ; le Verbe se concentre, prend corps et chair humaine. Un enfant nous est né, un Fils nous est donné, et la terre et le ciel enfin réconciliés unissent leurs voix pour proclamer sa gloire et sa louange, car il est le Messie attendu, de la descendance d’Abraham, rejeton de David, Fils de l’Homme et Fils de Dieu.

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4° dimanche de l’Avent : consentir et non se résigner !

img_2126 Homélie du frère Thierry Hubert, op

Au nord de l’Irak, dans le banlieue d’Erbil, à Ankawa, dans cette ville chrétienne de 30 000 habitants, l’on croise des réfugiés, des « déplacés » comme on les appelle là-bas.

Certains sont entassés dans des immeubles dont la construction s’est arrêtée à la structure en béton. À chaque étage, des algéco, des baraques de chantiers servent de murs provisoires. D’autres sont logés dans des camps, comme celui de Ratchi II, à 20 minutes à pied de la nouvelle communauté démarrée il y a 3 mois avec parmi eux les frères Sarmad et Emmanuel qui étaient chez nous jusque là, rejoints bientôt par le frère Hani qui est avec nous ajourd’hui.

1500 familles chrétiennes se sont retrouvées là, prise en charge par des organisations humanitaires dont on peut louer ici le travail. Au milieu du camp, les déplacés ont leur église où nos frères irakiens viennent célébrer le dimanche. Devant l’église, sur la place, les déplacés après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, ont construit une tour Eiffel. Une belle histoire pour nous manifester leur soutien et leur amitié, au milieu de leur propre détresse.Mais, comme venait rapidement le temps de l’Avent après ces évènements de novembre, les déplacés ont peint notre tour Eiffel en vert pour lui donner un aspect de sapin de Noël, au milieu de la place. Puis enfin, après Noël, ils ont l’idée d’y mettre au dessus une statue de la Vierge.

« Ne crains pas de prendre Marie chez toi »

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L’Avent et Noël au couvent !

Durant ces 4 semaines de préparation à Noël, outre les célébrations habituelles, le couvent vous invite 

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  • aux célébrations de Noël

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Lundi 19 décembre :

19 h : Vêpres suivies du sacrement de réconciliation

Samedi 24 décembre :

8 h 00 : Laudes
12 h 00 : Messe
19 h 00 : Premières Vêpres
22h 30 : Vigiles et Messe de la nuit

Dimanche 25 décembre :

9 h 00 : Laudes
11 h 00 : Messe du jour
19 h 00 : Deuxièmes Vêpres

Dimanche 1er janvier

9 h 00 : Laudes
11 h 00 : Messe du jour
19 h 00 : Vêpres