Fête de la sainte Famille

Homélie du frère Maurice Billet – Dimanche 27 décembre 2020

La première lecture de la messe, tirée de la Genèse, nous raconte la promesse de Dieu faite à Abraham d’avoir un fils, Isaac. Promesse à laquelle il a cru. Ce qui vaut à Abraham le titre de père des croyants. Il est l’homme juste, qui accomplit la volonté de Dieu.

Grâce à la foi, nous dit saint Paul dans la deuxième lecture, obéissant à l’appel de Dieu, Abraham se dirigea vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit sans savoir où il allait.

Les deux premiers chapitres de Luc constituent les récits de l’enfance de Jésus ; ils sont les premiers frémissements du salut en train d’advenir. Il y a sa conception dans le sein de Marie, sa naissance à Bethléem. La circoncision, huit jours après sa naissance.

Nous voici au Temple de Jérusalem. 40 jours après sa naissance, Jésus est présenté au Temple par Marie et Joseph. Jésus est né sujet de la loi juive. Ses parents sont des juifs pratiquants. Luc mentionne à cinq reprises qu’ils observaient la loi. Dans cette présentation à Dieu, ils ont manifesté que tout homme est image de Dieu, et donc sacré.

La loi juive prévoyait que l’enfant soit présenté aux prêtres du temple. Luc n’en parle pas, probablement parce qu’ils n’ont vu en ce nourrisson qu’un enfant d’un pauvre couple venu, pour offrande, avec un couple de tourterelles ou deux petites colombes.

L’Esprit intervient par trois fois sur le vieillard Syméon. Comme le dit saint Léon le Grand, il est enlacé par l’Esprit de Dieu. En cette période de pandémie, il est le seul à pouvoir nous enlacer sans risque, à nous entourer et à envahir notre cœur, et l’agrandir aux dimensions de celui de Dieu.

Cet Esprit, reposant sur Syméon, le mène au Temple ; il va auprès de Marie, de Joseph, de ce nourrisson, Jésus. Il le reçoit et bénit Dieu.

Puis il dit surtout un mot qui désigne un tournant capital : MAINTENANT. Oui, une nouvelle ère commence. Lui, Syméon voit se terminer sa mission, il peut s’en aller en paix auprès du Seigneur. Il a vu le salut préparé à la face des peuples. Il tient dans ses mains celui qu’il désigne par des titres divins : sauveur, lumière qui se révèle aux nations, gloire d’Israël. Le salut est une réalité concrète, la vie de Dieu donnée aux hommes, la compassion offerte aux pauvres, la miséricorde et le pardon.

Le vieillard eut foi en ce bébé vagissant et, à son image, il devint lui-même, l’un de ces petits enfants à qui est promis le royaume. S. Augustin

Après cela, Syméon bénit Marie, Joseph et Jésus. Après son hymne d’action de grâce, Syméon lance une terrible prophétie.

En quelque sorte, Marie entend une deuxième annonciation : Jésus sera signe de division et de contradiction pour beaucoup et sa mère en souffrira. Marie participe au destin de son fils. Elle est intimement impliquée au destin de son fils. Il apparaît clairement que l’Évangile de l’enfance n’est pas un conte de fée. Dès le début de l’évangile, dans le plan de Dieu le rejet du fils de l’homme et sa mort sur la croix sont déjà mystérieusement annoncés. Syméon ultime veilleur de l’A.T.

Vient ensuite la venue d’une veuve, Anne. Elle aussi est prophète. Luc est l’évangéliste qui donne une place importante aux femmes dans ses récits. Anne est dans la lignée des Prophétesses de l’ A.T. : Miryam, Débora, Jusith, Noadya, Anne.

Anne était âgée de 84 ans. Cette précision a son importance : 84 est un nombre qui s’obtient par la multiplication de 12 par 7. Le chiffre douze désigne les douze tribus d’Israël et sept désigne les 7 jours de la création par Dieu. 84 est donc un chiffre parfait. Avis à celles et à ceux qui ont 84 ans : ils ont l’âge idéal. C’est ce que nous Luc ! Le 3ème âge est à l’honneur.

Anne proclame les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. Elle est la première apôtre de la Bonne Nouvelle.

Le sacrifice offert par les parents de Jésus est le prélude de celui qu’il offrira à son Père, à la Cène et à la croix. Luc prépare à lire la suite de l’évangile, surtout le récit de la passion. « Ne fallait-il pas que le Christ souffrit pour entrer dans la gloire. Marie et aussi Joseph ont tenu l’enfant dans leurs bras. Syméon reçoit Jésus dans ses bras. Il y aura ceux de la croix. Toute famille est un devenir plein de mystère.

Abraham partit sans savoir où il allait. Marie, Joseph et l’enfant Jésus, s’en retournent chez eux. Ils découvriront le chemin de vie, chemin faisant. Nos routes personnelles et celles de toute famille ont à découvrir le mystère de leur vie. Emmanuel, Dieu avec nous