« Tous nés d’en haut »

Homélie du frère Thomas-Marie Gillet – Jeudi 23 avril 2020

« Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous » (Jn. 3, 31). Après l’entretien entre le rabbin Nicodème et Jésus, voici que Jean le Baptiste s’adresse à ses disciples et rend un ultime témoignage à Celui qui est venu non pas pour juger le monde mais pour que le monde soit sauvé par lui (cf. Jn. 3, 17).

C’est un portrait du Christ que ce passage de l’évangile de saint Jean nous fait contempler ; c’est lui l’Unique engendré, le Fils, le véritable envoyé du Père. Mais, à bien y réfléchir, si le Fils est l’envoyé du Père, n’avons-nous pas nous, baptisés, disciples, été envoyés par le Fils ? Eh bien oui, le Christ ressuscité prend congé de ses disciples en les assurant qu’il sera toujours présent à leurs côtés et en les envoyant en mission pour, à leur tour, prononcer les paroles de Dieu, annoncer la Bonne Nouvelle (cf. Mt. 28, 19-20 : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples… »). Alors de la même manière que le Père aime le Fils et qu’il a tout remis entre ses mains (cf. Jn. 3, 35), le Fils aime son disciple, et il a tout remis entre ses mains… De quelle puissance sommes-nous donc les détenteurs ? Non pas d’une puissance prométhéenne, faisant de nous des surhommes, mais de la puissance même de Dieu, de celle de l’Esprit, de celle qui vient d’en haut. Nous sommes véritablement « capables de Dieu », capables de faire grandir en nous sa Lumière et de la partager, capables de choisir la vie : « […] Je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie… » (cf. Dt. 30, 19-20).

Le temps de Pâques nous rappelle notre dignité et notre valeur : nous sommes faits pour le Ciel ! Malgré la joie de Pâques à cause de la crise sanitaire que nous connaissons ce n’est autour de nous que mort, maladie, solitude. Nous perdons confiance, en Dieu, en nous. Puisque nous sommes nés d’en haut, efforçons-nous d’espérer contre toute espérance et de choisir la vie : « Qui croit au Fils a la vie éternelle » (Jn. 3, 36a). Ne nous laissons pas abattre, nous sommes forts de la force même de Celui qui nous a envoyés, et quand nos forces viennent à manquer, quand le doute commence à s’installer, sans attendre, tournons-nous vers Lui : « un pauvre crie, le Seigneur entend » (Ps. 33, 7).

Amen.