Jean 15 et Louis de Funès

Homélie du frère Yves Habert – Mercredi 13 mai 2020

La parabole de la vigne et des sarments est au cœur du discours après la Cène dans l’Evangile de Saint-Jean. C’est une parabole de la sainteté chrétienne pour comprendre faisons un détour.

En ce temps de confinement nous aimons revoir les films classiques.

Je pense au gendarme de saint Tropez quand maréchal des logis-chef Ludovic Cruchot, Louis de Funès, harangue les trois gendarmes devant son supérieur hiérarchique (Galabru)

« Je suis le tronc vous êtes les branches pour que la récolte soit bonne et que les vaches soient bien gardées » Il porte le projet et les trois gendarmes sont des exécutants pour que tout se passe bien. Il fait acte d’autorité, tout part de lui, mais on est seulement dans une relation d’autorité, pas dans un lien vital.

Mais Jésus ne dit pas qu’il est le tronc. Il dit : « Je suis la vigne » Il est TOUT ! Donc le sarment appartient pleinement à la vigne. La vie du Christ circule dans le sarment.

Analogie : Nous avons une âme ou plutôt on est animé par elle ! L’âme n’est pas un lieu physique mais c’est ce qui fait que je suis un être vivant. L’âme est partout, elle ne se loge pas dans le cœur ou le cerveau, elle est moi.

De la même manière, je crois que je peux me débrouiller sans Jésus. Mais non « en dehors de lui on ne peut rien faire. » Il n’a pas dit un peu, mais rien. Il est au commencement du désir, la réalisation de ce que je veux faire jusqu’au terme.

Allons plus loin : il est aussi ce lien de communion entre nous. Il habite déjà les relations entre les sarments.

Le Christ m’habite tout entier. Il est à l’origine et au terme de tout notre agir. Il tisse nos liens de communion.

En ce temps de confinement, accueillir la présence du Christ, vraie vigne, non pas comme quelqu’un d’extérieur à nous, mais comme l’influx personnel de vie qui anime notre vie entière et toute vie.