Harpagon

Homélie du frère Franck Guyen – Vendredi 24 avril 2020

Après avoir rassasié la foule avec cinq pains et deux poissons, Jésus se retire pour éviter d’être « enlevé » par elle. Le mot latin raperent renvoie au rapt, à la rapacité, le mot grec a`rpa,zein fait penser à l’avare Harpagon dans la pièce de théâtre de Molière de 1668.

La foule veut mettre la main sur ce Jésus qui semble détenir les clés du pays de Cocagne, le pays merveilleux où il suffit d’ouvrir la bouche pour qu’y tombent les cailles rôties : là, il n’est plus besoin de travailler, d’étudier, de faire des efforts. 

Une part en nous ressemble à cette foule, qui rêve d’un Royaume de Dieu sur le modèle de ce fantasme enfantin. 

Certes, le Royaume de Dieu sera un paradis, mais autrement plus fort et puissant. Là, Dieu régnera et non pas nos désirs, et surtout pas les plus profonds, ceux qui se manifestent dans une avidité jamais assouvie et qui devront avoir été convertis auparavant.

Heureux sommes-nous d’avoir un tel Seigneur qui échappe à toutes nos tentatives de mettre la main sur lui.

Heureux sommes-nous d’avoir un tel Seigneur qui n’a pas considéré sa condition divine comme une proie à ravir, mais qui l’a remise pour que le Père nous la donne sur la croix.

Béni soit Dieu maintenant et à jamais. Amen.

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