Être juste, c’est s’ajuster à la volonté de Dieu

Homélie du frère Franck Guyen – 4e Dimanche de l’Avent – 18 décembre 2022

Dans une semaine, nous allons recevoir une grâce infinie quand Dieu se fera homme pour nous sauver. C’est l’occasion de remercier Dieu d’avoir maintenu son projet d’amour. Il n’a pas abandonné le projet commencé au jardin d’Eden, malgré la méchanceté du premier couple et malgré les abominations commises par ses descendants.

– Nous pouvons remercier la création qui, sans avoir les mots pour le dire, a continué d’attendre la victoire de la vie sur la mort. Rendre grâce aussi à notre humanité qui a maintenu l’espérance en la justice, la paix et la fraternité, malgré les guerres et la haine ; rendre grâce au peuple merveilleux de l’Ancien Testament qui, malgré les massacres, les déportations, les persécutions, a continué d’attendre la réalisation de la promesse faite à Abraham, à David, au roi Josué.

Nous pouvons enfin rendre grâce à ce couple de justes, Joseph et Marie, Marie et Joseph.

– En disant que Marie et Joseph « sont » justes, nous l’entendons comme une disposition à faire la volonté de Dieu plus que comme un état figé.

Marie et Joseph s’ajustent en permanence à la volonté de Dieu, quoi qu’il en coûte : ils accueillent un enfant venu d’ailleurs, ils quittent leur pays natal pour l’Égypte avant d’y revenir, mais c’est pour repartir en Galilée. Ils devront à nouveau s’ajuster quand Jésus, adolescent, disparaîtra pendant trois jours à Jérusalem. Marie devra encore s’ajuster quand son fils entamera sa carrière publique, et quel ajustement lui sera demandé à la croix !

– Maintenant, précisons ce que signifie s’ajuster à la volonté de Dieu.

L’ajustement à la volonté de Dieu commence par l’audition : il faut entendre ce que Dieu nous souffle. Vient ensuite le discernement : distinguer la parole de Dieu de nos lubies personnelles, de notre affectivité excessive, sinon du mauvais esprit. Puis vient le temps de la réalisation : mettre en mouvement notre être – intelligence, volonté, affectivité – et notre capital social dans l’action au service de la Parole.

S’ajuster, comme écouter, discerner et enfin se mobiliser dans l’action.

– Concluons :

le chrétien a reçu au baptême une petite graine venue d’ailleurs, formée des trois dynamiques de la foi, de l’espérance et de la charité. En la laissant pousser ses racines et sa tige en lui, le chrétien devient capable de s’ajuster toujours plus facilement à la volonté de Dieu. Au début, il faut un vent de force dix pour le faire bouger, mais au fur et à mesure de sa vie dans l’Esprit, il devient capable de répondre au moindre souffle divin.

Cela demande de toujours plus se désencombrer de ses préoccupations égocentrées, de ses désirs tyranniques, cela demande de sortir de ses boucles mentales, de ses visions étriquées ; cela demande de se désenclaver de son moi autocentré ; cela demande d’être sauvé de ses péchés personnels et communautaires – cela demande la venue du Christ dans notre chair.