Il nous faut fleurir là où Dieu nous a semés.

Homélie du frère Nicolas Burle – Dimanche 12 juillet 2020

Frères et sœurs,

Connaissez-vous la parabole du volontaire Dom&Go ?
Rassurez-vous. Il n’est pas besoin de partir en mission humanitaire au Timor, aux Îles Salomon ou à Jérusalem pour vivre cette expérience.
Durant sa mission de 6 à 12 mois, tout volontaire Dom&Go passe par les quatre terres décrites dans la parabole du semeur. Exactement les mêmes mais souvent dans le désordre.

Quand un volontaire part en mission, il est plein d’enthousiasme.
Comme tous ceux qui commencent une nouvelle aventure.
À l’image des fiancés avant leur mariage, de parents avant une naissance,
À l’image de celui qui commence un nouveau travail,
Ou qui voit se profiler le départ à la retraite ou un nouvel engagement,
À la fois heureux et inquiet de plonger dans l’inconnu, il est comme un petit grain de blé jeté par le Semeur sans savoir où il va arriver.
En route pour l’aventure !
Tout est formidable, le petit grain grandit bien vite dans un pays où tout est beau et où le soleil brille.
Cela dure en général quelques semaines.
Mais faute de racines, il risque de sécher sur place.
Veut-il vraiment demeurer dans ce nouveau pays, dans ce nouvel engagement ?
Le monde d’avant semble si loin depuis son départ. C’est la première épreuve.

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Transmettre le message

Homélie du frère Maurice Billet – Mardi 7 juillet 2020

La 1ère lecture nous décrit les infidélités des fils d’Israël. Le peuple s’est fabriqué des idoles avec l’or et l’argent. Le psaume 113, celui de la messe d’aujourd’hui, nous dit, d’un ton moqueur : « Elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas… Qu’ils deviennent comme elles ceux qui mettent leur foi en elles. » Remarquons que dans le texte du prophète Osée, nous trouvons un des proverbes qui est entré dans la langue française. « À semer le vent, on récolte la tempête. »

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Thomas le jumeau

Homélie du frère Franck Guyen – Vendredi 3 juillet 2020

En ce jour où nous fêtons l’apôtre Thomas, demandons-nous qui est le « jumeau » de Thomas. Je dirais que d’une certaine manière, nous sommes ses frères et sœurs et jumeaux : nous aussi, nous avons à passer du sensible – je vois les plaies du Crucifié et j’entends sa parole – et de l’intellectuel –
j’estime plausible que Jésus soit ressuscité et que cela ait des implications pour moi – à la confession existentielle de Jésus : « Mon Seigneur et mon Dieu ».
Pour cela, je crois que, comme Thomas, nous avons à marcher sur un chemin où nous devons porter patiemment et sincèrement le poids du doute – est-ce que ma foi n’est pas une illusion produite par
une autosuggestion individuelle et collective ? Nous avançons, animés par la confiance en nos aînés qui nous ont précédés sur le chemin, et en premier lieu les apôtres.
Et puis, à un moment donné sur le chemin, quelque chose se passe, complètement imprévu, et nos doutes s’évanouissent comme le brouillard exposé au soleil. Une présence mystérieuse nous enveloppe soudain de la tête aux pieds, l’amour divin s’impose à nous comme une évidence, tandis
que jaillit de nos lèvres l’aveu impossible à contrôler : « Mon Seigneur et mon Dieu ».
Plus tard, l’évidence s’estompe et le doute revient : il nous faut reprendre la route, mais nous repartons de plus haut : pour moi, ce chemin ressemble sans doute à une boucle, mais c’est une spirale ascendante et non un cercle.


Oui, vraiment, « il est grand, le mystère de la foi ».

Pour suivre Jésus, il faut le préférer à tout.

Homélie du frère Franck Guyen – Dimanche 28 juin 2020

Une fois de plus Jésus tient des propos d’une exigence incroyable. Mais qui donc est cet homme pour demander à ses disciples de le préférer à leurs parents, leur conjoint, leurs enfants ?

Nous nous tournons vers Jésus pour le lui demander, et nous sommes obligés de lever la tête, car il est suspendu au sommet d’une croix. – « Qu’est-ce qui t’a amené là ? » lui demandons-nous. « L’amour du Père et l’amour des hommes » nous répond-il.

Nous regardons son corps blessé d’où jaillissent l’eau et le sang : l’eau qui purifie des péchés, c’est-à-dire de tout ce qui empêche d’aimer, et le sang qui fait entrer dans la vie éternelle, c’est-à-dire la vie divine. Nous regardons la croix et peu à peu, elle s’imprime sur notre front, nos lèvres et notre cœur.

Il y a là un mystère qui me fascine : comment la croix, quand nous la laissons faire, nous imprègne toujours plus, jusqu’à atteindre des profondeurs en nous dont nous ignorions jusqu’à l’existence, et parvenue là, elle se déploie, reprenant le tout de ce que nous sommes, mémoire, intelligence, affectivité.

Il faut voir comment la croix, en s’inscrivant en nous, purifie nos affections les plus chères, celles pour nos enfants, notre conjoint et nos parents, comment elle les transfigure pour les faire passer dans l’amour divin, l’amour trinitaire.

***

Alors nous comprenons l’exigence de Jésus, à première vue exorbitante, de le préférer à nos parents, notre conjoint, nos enfants.

Remise au vert

Homélie du frère Maurice Billet – Dimanche 21 juin 2020

Avec le retour du temps ordinaire, dans la liturgie, on se remet au vert. C’est l’été. Nous reprenons la lecture, à peu près en continu, de l’évangile selon Matthieu. Cette lecture a été interrompu par les dimanches de carême, de Pâques, de la Pentecôte, de la Trinité, du Corps et du Sang du Christ. Bref, comme une série télévisée, il est nécessaire de nous rappeler les épisodes précédents.

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Couvent Saint-Thomas d'Aquin, 7 avenue Salomon – 59000 Lille – 03 20 14 96 96