Devenir un bon convive à la Table de Dieu

Homélie du frère Franck Guyen – Vendredi 23 avril 2021

Chers amis, manger et boire constituent l’un des besoins physiologiques de base communs à tous les vivants dotés d’un corps. Dans nos sociétés occidentales qui bénéficient de la sécurité alimentaire, nous oublions à quel point ce besoin peut être pressant.

Ce besoin physiologique s’accompagne d’un besoin psychologique : partager la table avec des personnes qui vous apprécient et que vous appréciez, qui vous respectent et que vous respectez, des personnes pour qui vous comptez et qui comptent pour vous. Échanger des propos aimables, des sourires d’amitié, développer ensemble la convivialité – le fait de se comporter en bons convives.

L’être humain ne peut pas se passer de nourriture et de boisson, il ne peut pas non plus se passer de reconnaissance et de respect mutuels d’affection partagée, et quoi de mieux qu’une bonne tablée pour cela. On le voit bien quand on mange seul – et je pense ici aux veufs et aux veuves -.

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Et je crois qu’il y a un troisième besoin, spirituel celui-là, qui est d’être admis à la table de Dieu, de manger avec Lui et avec tous ceux que nous avons aimés et tant d’autres que nous aimerons aussi et qui nous aimeront. Être là, à table, à deviser joyeusement, heureux d’être là, avec un bon et franc sourire, sans ombre ni trouble au visage, le cœur toujours plus dilaté, plus palpitant, plus chaud, incapable de ressentir la moindre pensée de jalousie, de ressentiment, d’orgueil, de cupidité, de luxure.

Et Dieu qui fait le tour de la table en s’adressant à chaque convive en particulier. Imaginez-vous, quel honneur ! quelle joie ! quel bonheur !

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La question n’est pas alors tant de savoir si on est invité à la table divine – nous sommes invités – mais plutôt de se comporter en bon convive, ou plutôt d’être un bon convive car aucun faux semblant ne tient sous le regard de Dieu.

Mes amis, c’est maintenant que nous devenons de bons convives à la table céleste – en participant à la table où le Christ, prêtre et victime, s’offre lui-même à nous comme le pain et le vin descendus du Ciel.