Le bonheur de confesser Jésus Maître et Seigneur

Homélie du frère Franck Guyen – Dimanche 22 août 2021

Dans l’évangile de ce dimanche 22 août 2021, Jésus déconcerte les disciples par des paroles qu’ils jugent dures, impénétrables, incompréhensibles. Les disciples doivent choisir : faut-il continuer à faire confiance au rabbi de Galilée ? ou chercher d’autres maîtres, avec des propos plus accessibles, des promesses plus attrayantes ? Beaucoup de ses disciples choisissent de renoncer à le suivre – peut-être reviendront-ils plus tard. Jésus interpelle alors ses disciples proches : « Voulez-vous vous aussi partir ? »

À chaque messe dominicale, nous aussi d’une certaine manière, nous sommes interpellés par le Christ : « Croyez-vous ? ». Et nous répondons : « Je crois » Credo en latin. « Je crois en Dieu le Père, … en son Fils Jésus Christ, mort pour nos péchés et ressuscité pour notre vie éternelle, et en l’Esprit saint.. ».

Ce « Je » est à la fois mon « je » et le « je » collectif de l’Église qui reconfirme sa foi en son Seigneur, comme Pierre qui reconfirme la foi du collège apostolique : « Nous croyons et nous savons que tu es le Saint de Dieu ».

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Mes amis, une béatitude se déploie dans la confession, l’aveu, la reconnaissance de Pierre [3], et nous aussi nous recevons le même bonheur quand nous confessons Jésus comme notre Maître et Seigneur. Je dirais que la confession de la seigneurie de Jésus rend heureux à plusieurs titres.

 La confession de Pierre a été rendue possible grâce son expérience de vie en compagnie de Jésus : Pierre a vu Jésus accomplir des miracles, il l’a entendu parler de Dieu avec une force de persuasion incroyable, il a éprouvé comment, par sa présence, Jésus ouvrait l’horizon bouché par le péché et la mort. Voilà un bonheur, celui de vivre avec Jésus, qui fait qu’on lui fait confiance pour la suite, même si on ne comprend pas tout ce qu’il dit.

 Cette confession vient de plus loin que nous-mêmes : l’Esprit insuffle à notre aveu une force qui fait exulter notre chair d’homme.

 Enfin, la reconnaissance de la seigneurie de Jésus a ceci de merveilleux qu’elle contient la promesse d’autres reconnaissances plus grandes encore : nous ne sommes pas encore arrivés au sommet, de plus grandes merveilles nous attendent.

Cela se produira lors de la Pâque, du grand passage, sur la croix, quand le rabbi de Galilée que nous pensions connaître si bien se manifestera comme l’une des trois Personnes du Dieu trine.

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Alors notre confession se fera sur le mode de l’exclamation tandis que nous tomberons à genoux, à l’exemple de l’apôtre Thomas qui s’est écrié : « Mon Seigneur et mon Dieu » devant le Seigneur ressuscité.