Que retenons-nous ?

Homélie du frère Nicolas Burle – 4 septembre 2022 – 23e Dimanche du Temps ordinaire année C

Chers frères et sœurs,

Qu’avons-nous retenu de ce qui a été dit depuis le début de la messe ?

Nous avons écouté la Parole de Dieu : trois lectures et un psaume. Peut-être la parole de Dieu a-t-elle glissé sur nous comme l’eau sur la salade ? La salade ne retient rien mais au moins maintenant elle est propre. Voilà, nous sommes propres ! Mais nous n’avons rien retenu. Comment nous sommes-nous préparés à écouter ces passages de la Bible avant la messe ? Ils ont été sélectionnés tout spécialement pour nous ce dimanche par l’Église. Un milliard deux cents millions de catholiques à travers le monde les écoutent comme nous ce matin. Les avons-nous lus avant de venir ?

Quelle parole ce matin a été prononcée pour nous et va nous habiter au long de cette journée ? Peut-être arrivez-vous avec beaucoup de soucis et de bruit qui vous empêchent d’écouter ? Alors le livre de la Sagesse était pour vous : « Les réflexions des mortels sont incertaines, et nos pensées, instables ; car un corps périssable appesantit notre âme. »

Peut-être êtes-vous en deuil en ce moment comme notre communauté après la mort du frère Michel Froidure ? Et les mots du psaume ont eu un écho particulier : « Tu fais retourner l’homme à la poussière. Apprends-nous la vraie mesure de nos jours. »

Peut-être avez-vous lu récemment l’excellent livre de notre frère Adrien Candiard sur la lettre à Philémon ? Vous vous êtes alors rappelés son commentaire de ce passage. Vous avez contemplé la délicatesse de saint Paul qui laisse à Philémon la pleine liberté de décider sans rien imposer. Et vous méditez en ce moment même sur votre délicate mission de parent, de grands-parent et d’éducateur.

Peut-être commencez-vous un chantier cette année comme cet homme qui construit sa tour ? Ou avez-vous un tempérament de va-t-en-guerre face aux problèmes ? Dans les deux cas, vous vous dites désormais que vous auriez bien besoin de mesurer un peu plus vos forces. En cette rentrée, le Christ nous indique qu’il est urgent de se poser pour discerner.

Alors ? Que retenons-nous ? J’entends parfois des chrétiens me dire : « la Parole de Dieu, ça ne me parle pas. » Mais pourtant la Parole de Dieu ne fait que parler ! Encore faut-il faire un effort pour l’écouter ! Savez-vous quel est le verset de l’Ancien Testament le plus cité dans le Nouveau Testament ? « Vous avez des yeux pour ne pas voir et des oreilles pour ne pas entendre ! » Mais nous avons précisément un sacrement pour les sourds et les aveugles : la confession. Se confesser pour y voir clair sur soi et sur les autres est la meilleure façon de bien commencer sa rentrée. Si vous n’avez pas d’idées pour la confession, demandez à votre épouse ou à votre époux !

Je vous accorde que la Parole de Dieu est souvent rude à entendre et difficile à comprendre. Mais celui qui s’efforce de grimper une montagne jusqu’au sommet, monte par degrés, pas à pas, et non par bonds. Soyons patients. Nous avançons. Dimanche après dimanche. Jour après jour. Goutte à goutte, comme l’eau sur la roche : la Parole de Dieu creuse en nous une place pour Dieu.

Pendant longtemps, je venais à la messe pour l’homélie. J’étais donc souvent assez déçu. Mais j’ai fait un grand progrès dans ma foi, le jour où j’ai compris que la Parole de Dieu est plus importante que l’homélie. L’homélie n’est qu’une aide, qu’un moyen pour que cette Parole fasse son œuvre en moi. Mieux : l’homélie est à la charnière entre la Parole de Dieu que nous venons de proclamer et cette parole du Christ dont nous allons faire mémoire. Ces mots qui ont changé toute l’histoire de l’humanité : « Ceci est mon corps livré pour vous. »

Il n’y a pas de mots plus importants que ceux-là. Parce qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Et parce que le Christ a mis cette parole en actes. Amen.