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Retraite de Pâques / Jeunes Pros

À 15 minutes de la gare Lille Europe, dans un magnifique couvent classé “Patrimoine du XXe siècle”, profitez de 3 journées pour :
*vous ressourcer dans le silence du parc de 2 hectares,
*vous former en participant à la liturgie et aux enseignements des frères,
*vous nourrir des rencontres avec les autres retraitants et des différents services dans le couvent.

Jeunes Pros +23 ans + Logement et repas 90€
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“Je ne le connaissais pas”

Homélie du frère Rémy Valléjo – 2e dimanche du Temps Ordinaire – 29 janvier 2020

Selon l’évangile de ce jour, cette parole de Jean le Baptiste représente bien plus qu’une simple confidence.

C’est une confession.

« Je ne le connaissais pas»,qui, selon la tradition des Évangiles, est la confession du plus grand des prophètes, un homme troublé, bouleversé dans ses certitudes messianiques et qui, aujourd’hui, vient interroger nos propres nos certitudes.

Mais, aujourd’hui, avons-nous encore des certitudes ?

De nos jours, il est difficile d’être certains, voire assuré de quoi que ce soit, non seulement quand tout vacille, se défait et se dérobe autour de nous, mais aussi quand tout est systématiquement soupçonné, relativisé, balayé et piétiné.

Hier, au XXe siècle, le monde souffrait du totalitarisme des idées tranchées.

Aujourd’hui, au XXIe siècle, l’homme souffre du totalitarisme de la relativisation jusqu’à devenir la proie et l’esclave du non-sens.

Ce nouveau totalitarisme est certainement le plus grand défi de notre foi.

D’une part, il représente l’ultime déni des certitudes qui aujourd’hui encore peuvent nous aider à bâtir une société fondé sur le droit, la justice et l’espérance. D’autre part, il raidit, pétrifie et sclérose nos certitudes jusqu’à ne plus jamais laisser place au questionnement et à la plus simple confession d’humanité qui soit : « je ne sais pas ».

De nos jours, il est difficile d’avoir des certitudes, mais plus encore d’être fermement ancré dans des certitudes que nous soyons capables d’interroger au gré d’un « je ne sais pas ». Un « je ne sais pas » qui, dans le renoncement à une quelconque affirmation hâtive et revendicative, désigne le chemin d’une certitude renouvelée par une altérité dont nous ne saurions nullement répondre. « Je ne le connaissais pas. »

Au temps de la prédication de Jean le Baptiste, la civilisation hellénistique et romaine impose la toute première mondialisation, ou plus exactement, la toute première globalisation de l’humanité dans l’oikouménè, la « maison commune » du monde méditerranéen. Le monde politique, social et religieux d’alors devient un grand marché, ou sous couvert d’une norme impériale, tout est relativisée et se relativise. Au nom de César, Isis, Osiris, Jupiter, Sérapis, Astarté et Yahvé c’est tout un.

Dans la conscience collective du peuple Israël et des nations alentour, les certitudes religieuses ne sont alors pas moins ébranlés que dans nos consciences d’aujourd’hui. Certes, vrai fils d’Israël, Jean le Baptiste est loin d’avoir cédé à ce tout global de de son temps quand à Jérusalem, en Judée et au-delà du Jourdain, tout vacille, se défait et se dérobe. Cependant, il n’en demeure pas moins profondément bouleversé dans ses certitudes. Il reconnaît en effet ne pas connaître celui qu’il désigne en la personne de Jésus et qu’il n’a eu de cesse d’annoncer au monde et à ses disciples.

Je ne le connaissais pas.

Selon les Évangiles, Jean le Baptiste annonce un messie qu’il ne connaît pas. J’oserai même dire qu’il ne reconnaît même pas, tout au moins immédiatement. Dans la certitude d’un jugement des temps à venir présidé par un messie de feu, Jean le Baptiste se surprend lui-même à désigner « l’agneau de Dieu ». Il est bouleversé dans ses certitudes par le Tout Autre.

le Fils de Dieu lui-même, dont il n’a pas encore saisi l’identité profonde.

Non plus seulement bouleversé dans ses certitudes, mais anéanti, totalement anéanti lorsqu’il se trouve dans la geôle obscure de la forteresse du roi Hérode à Machéronte, Jean le Baptiste demeure néanmoins ferme, incroyablement ferme dans cette capacité qu’il découvre au plus profond de lui-même à se laisser renouveler dans ses certitudes. Car il y en lui, comme en tout homme, une capacité de rénovation aussi puissante que les puissances contraires qui sont à l’œuvre dans le monde qui est le nôtre. Dans cette capacité à se laisser rénover dans ses propres certitudes, Jean le Baptiste emprunte la voie empruntée par Isaïe le prophète et tous ceux et celles qui ont consenti et qui consentent encore à une « nouvelle création » quand Dieu « fait toute chose nouvelle ». C’est la voie que l’apôtre Paul découvre sur le chemin de Damas, mais c’est aussi la voie que saint Augustin choisit lorsque toutes les assurances et les certitudes de son siècle vacillent, se défont et se dérobent autour de lui lors de la chute de Rome en 410.

« Tu es étonné que le monde périsse ? C’est comme si tu t’étonnais que le monde vieillisse.

Il est comme l’homme : il naît, il grandit, il meurt. Oui, le monde vieillit, et ce ne sont partout que des gémissements d’opprimés. Mais réfléchis : n’est-ce donc rien que, dans la vieillesse du monde, Dieu t’ait envoyé le Christ pour te refaire quand tout se défait ? Le Christ est venu à l’heure où tout se défait pour te renouveler toi-même. Le monde créé, le monde institué, le monde destiné à périr incline vers son couchant. Mais le Christ est venu te consoler au sein de tes souffrances et te promettre un éternel repos. »

En ces jours où il faut bien avouer que tout se défait autour de nous, quand ce n’est pas en nous-même, nous sommes donc tous appelés avec Jean le Baptiste, saint Paul et saint Augustin à nous laisser renouveler dans notre connaissance de Dieu, dans le Christ Jésus qui demeure ce Tout autre que rien, absolument rien dans la « maison commune » du monde d’aujourd’hui ne peut définitivement soupçonner, relativiser, balayer ou même piétiner.

Qu’il nous soit dès lors donné de nous laisser renouveler dans nos certitudes et notre connaissance de Dieu.

Semaine du 13 au 19 janvier 2020

En ces premières décennies du XXIe siècle, dans une société post-moderne, sécularisée et pluri-religieuse où tout se contredit et se parcellarise, le centre culturel « lesdominicains » a pour vocation de jeter des ponts entre les cultures en offrant à tous un lieu de rencontre et d’échange où la Parole s’incarne au quotidien.
lesdominicains- 7 avenue Salomon – Lille – 03 20 14 96 96

CONFÉRENCE   Au-delà de la route des Indes : religions, philosophie et sagesse  
L’Opéra de Lille présente les « Pêcheurs de perles » de Georges Bizet, du 25 janvier au 6 février 2019. Au-delà de la pieuse imagerie religieuse d’une Inde rêvée par le XIXe siècle, les religions, les philosophies et les sagesses de l’Asie ne cessent d’inviter au voyage jusqu’aux confins de l’âme et de l’univers. “Hindouisme, un univers polymorphe” En ces temps où la question du pluralisme religieux devient très problématique en Inde, comme le manifeste l’actualité politique indienne, il convient de redécouvrir l’univers polymorphe de l’Hindousime pour dépasser de trop simples jugements.
fr. Franck GUYEN Institut catholique de Lille, auteur de “Quand les religions font mal”, Éditions du Cerf 2018
Lundi 13 janv. 2020 à 20h30 les dominicains – entrée libre

CONFÉRENCE D’ICONOGRAPHIE – L’Eglise et la Synagogue
Ce cours ouvert à tous offre de découvrir le sens des chefs d’œuvres de notre patrimoine à la lumière des grands textes de la tradition chrétienne. L’Église et la Synagogue dans les arts du Moyen âge ” Depuis l’époque carolingienne, l’Église et la Synagogue sont représentées par deux figures allégoriques qui, dans leurs traits et leurs attributs, évoluent tout au long du Moyen Âge au gré des commentaires du Cantique des cantiques et des Épîtres pauliniennes. Figures de la première et de la nouvelle Alliance, elles désignent toutes deux la Loi mosaïque et la foi dans le Christ, mais aussi le mystère de l’élection divine. C’est l’interprétation polémique et dès lors controversée de ce mystère qui, du XIe au XVIe siècle, suscite l’iconographie éminemment constratée des figures de l’Église et la Synagogue.
fr. Rémy VALLÉJO, Historien de l’Art, Couvent des dominicains de Lille Jeudi 16 janv 2020 à 18h30 les dominicains – entrée libre

ATELIER DE LECTURE À l’écoute de Maître Eckhart et des mystiques rhéno-flamands
Du XIIIe siècle au XIVe siècle, la flamme mystique embrase non seulement les fières cités du Rhin supérieur, mais aussi celles des anciens Pays-Bas, suscitant, grâce à l’inspiration des béguines, des liens privilégiés entre Jan van Ruysbroec (1293-1381), le solitaire de la forêt de Soignes, et Jean Tauler (1300-1361), le plus fidèle disciple de Maître Eckhart (1260-1328). fr. Rémy VALLÉJO, Auteur de “Je ne sais pas. Maître Eckhart”. Éditions du Cerf 2018 Vendredi 17 janv. 2019 à 20h00 lesdominicains – entrée libre

CONFÉRENCE Au-delà de la route des Indes : religions, philosophie et sagesse Les religions, les philosophies et les sagesses de l’Asie ne cessent d’inviter au voyage jusqu’aux confins de l’âme et de l’univers.   “Bouddhisme  : une philosophie ou une religion ?” fr. Franck GUYEN Institut catholique de Lille, auteur de “Quand les religions font mal”, Éditions du Cerf 2018 Lundi 20 janv. 2020 à 20h30  lesdominicains – entrée libre

INFORMATION  
L’Opéra de Lille présente les « Pêcheurs de perles » de Georges Bizet, du 25 janvier au 6 février 2019.   
Composé dix ans avant Carmen par Georges Bizet de 25 ans, son premier opéra laisse éclater ses talents de mélodiste, et charme tout de suite l’oreille experte de Berlioz, qui célébre “des morceaux pleins de feux et d’un riche coloris.” Connus pour leurs scénographie spectaculaires pour leurs folies monumentales et leur goût de l’aventure ( comme l’inoubliable reconstitution de la salle Rubens du Musée d’Anvers au Festival d’Avignon 2018 ), les bouillonnants Flamands du collectif FC Bergman allie leur audace à une fine compréhension de l’oeuvre de Georges Bizet. À entendre et voir absolument !
INFORMATION
La conférence de soeur Véronique Margron, annulée au mois d’octobre dernier, sera finalement assurée
le mercredi 12 février 2020.   lesdominicains – entrée libre

1er Dimanche de l’Avent – Année C – Lc 21, 25-28, 34-36.

« Voici venir des jours où j’accomplirai la promesse du bonheur… »
Homélie du fr. Jean Pierre Mérimée

C’est le prophète Jérémie qui nous en fait l’annonce ce matin. C’est sur une promesse que notre foi s’appuie, de là qu’elle tire sa force. On pourrait croire que l’histoire de la promesse est d’abord celle de l’infidélité : notre propre expérience recoupe ce que la bible dénonce  des infidélités répétées du peuple de la promesse.

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Décès du frère Francis Marneffe-Lebréquier

Francis MarneffeLa communauté dominicaine de Lille est en deuil : le frère Francis Marneffe-Lebréquier, né en 1927, est décédé ce jeudi 21 janvier  2016. Ses obsèques seront célébrées dans l’église du couvent mardi 26 janvier à 10 h.