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La récompense du serviteur bon et fiable

Homélie du frère Franck Guyen – Dimanche 15 novembre

Un frère s’étonnait que l’on enlève son talent à celui qui n’en avait reçu qu’un dans la parabole de l’Évangile d’aujourd’hui, surtout en cette journée de prière pour les pauvres ; j’avais alors répondu que, de toute façon, l’homme ne faisait rien de son talent, alors autant le donner à quelqu’un d’autre.

L’argent est fait pour circuler, pour être échangé, pour « faire des petits » comme on dit en français. La vie est faite pour circuler, pour être transmise. La Bonne nouvelle du salut en Jésus Christ est faite pour circuler, pour porter du bon fruit ; elle n’est pas faite pas pour rester confinée dans un coin de notre âme.

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Démunis et députés

Homélie du frère Rémy Valléjo – Samedi 25 avril 2020

Nous connaissons bien les quatre évangélistes : Matthieu, Luc, Marc et Jean.

Nous les connaissons par les symboles qui, à l’aune d’une prophétie d’Ezéchiel, leurs sont systématiquement attribués

non seulement dans les homélies des Pères de l’Église,

mais aussi sur les tympans de nos basiliques et cathédrales romanes et gothiques.

L’ange, le taureau, le lion et l’aigle évoquent ainsi l’Incipit – ou le commencement – de chacun des Évangiles :

« Commençant par une généalogie humaine, 

Mathieu a droit d’être signifié par l’homme ; 

commençant avec un cri dans le désert, 

Marc l’est avec justesse par le lion ; 

ouvrant son récit par un sacrifice, 

Luc l’est convenablement par le jeune bœuf ; 

commençant par la divinité du Verbe, Jean mérite de l’être par l’aigle, car lorsqu il dirige son regard vers l’essence de la divinité, il fixe bien des yeux le soleil à la façon de l’aigle. » (Grégoire le Grand)


Mais ils peuvent désigner les qualités de Jésus-Christ.

Beaucoup pensent que c’est notre Seigneur qui, dans les quatre évangiles, est figuré par les symboles des quatre animaux. 

C’est Lui l’homme, Lui le lion, Lui le taureau, Lui l’aigle : 

l’homme puisqu’il est né de Marie ; 

le lion, parce qu’il est fort ; 

le taureau, parce qu’il est victime ; 

l’aigle parce qu’Il est résurrection. (Saint Ambroise) 

Cependant,

les évangélistes sont d’abord des hommes de chair et de sang.
– Lévi-Matthieu : un « publicain » (Mt 9, 9 )
– Jean : un « disciple bien aimé » (13, 23)
– Luc : un homme, compagnon de route de Cléophas sur le chemin d’Emmaüs (Lc 24, 13) dont l’anonymat serait une signature selon la tradition médiévale.
– Marc : « jeune homme » démuni qui, à Gethsémani,  « n’ayant pour tout vêtement qu’un drap » l’abandonne et « s’enfuit tout nu » ; un « jeune homme » dont l’anonymat serait là aussi une signature (Mc 15, 51)

De chair et de sang, 

l’évangéliste Marc serait donc un homme démuni face l’adversité.

Un homme qui fuit pour ne pas affronter la réalité,

contraint de tout abandonner jusqu’à ce qui cache sa pauvre nudité d’homme sans sécurité.

Cet homme-là n’est pas seulement l’évangéliste,

lorsque je me découvre moi-même, 

lorsque nous nous découvrons tous aujourd’hui nus, démunis et fuyants face à l’adversité, 

sans rien pour envisager un avenir incertain.

Avec saint Marc,

il nous faut certes consentir à cette épreuve, 

mais aussi et surtout apprendre,

face au mystère de la Croix,

à faire de notre avenir – la Résurrection – une Bonne nouvelle,

un Évangile pour tous ceux qui, aujourd’hui, en ces temps incertains, en ont tant besoin.  


Puissions-nous donc invoquer saint Marc en ces jours incertains,

afin qu’il nous aide non seulement à dépasser notre propre être fuyant, 

tapi dans ses propres obscurités, 

mais aussi à faire preuve de force d’âme – malgré notre être démuni – pour annoncer la Bonne nouvelle,

nous qui – baptisés dans la mort et la résurrection du Christ – sommes tous députés à l’évangélisation de la Parole de Dieu.

Un Dieu à surprises !

Homélie du frère Christian Eeckhout – Jeudi 16 avril 2020

Nous avons bien un Dieu à surprises ! Au lieu d’une crise de ‘covid’, Jésus à Pâques nous fait voir un tombeau vide ! Au lieu d’une vengeance après un meurtre, tout au contraire, Jésus à Pâques nous apporte sa paix et nous envoie en mission de joyeuse nouvelle : être, à notre tour, témoins de la miséricorde de Dieu !

Nous le voyons à travers les trois rencontres bouleversantes de ce jeudi dans l’octave pascal !

Qu’est-ce qui a changé pour qu’un infirme marche et loue Dieu en public ? Qu’est-ce qui a changé pour que deux hommes tristes éloignés de Jérusalem y retournent en hâte ? Qu’est-ce qui a changé pour qu’un groupe de jeunes adultes acceptent qu’un mort n’est pas un fantôme mais a un corps ?

Ce qui a tout changé c’est la surprise de la rencontre de Jésus Vivant. Ils en ont été étonnés, comme retournés par la reconnaissance de Jésus ressuscité, de sa présence efficace, réelle, vraie dans leur expérience d’infirme physique, dans leur vie d’infirme spirituel, dans leur peur de représailles.

Oui il leur a fallu du temps, à ces disciples de la première heure pour accueillir le mystère pascal, pour comprendre ce qu’annonce la Parole de Dieu, ce qui a été accompli de « la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes » dans la vie de Jésus. L’amour de Jésus pour nous fait que le psaume 8 trouve réponse : oui, Dieu « pense à l’homme » et même qu’« Il en prend souci ».

A notre tour « d’être dans la joie et d’oser y croire » (Lc 24,41) en nous convertissant toujours plus à la présence du Christ ; en étant reconnaissant pour le pardon des péchés qu’Il nous a obtenus et en reconnaissant sa justice et sa sainteté dans le partage de Sa parole et du pain de Vie.  Amen.