Homélies

Serviteur ingrat

Homélie du frère Philippe Verdin – Mardi 9 mars

Dans la parabole, le roi qui veut régler ses comptes, c’est Dieu. Le serviteur ingrat, c’est chacun de nous, quand nous supplions Dieu de nous faire miséricorde alors que nous n’arrivons pas à pardonner les peccadilles que nous ont fait nos frères.
La parabole est efficace, puisqu’elle nous donne deux leçons bien claires :
• Dieu pardonne tout
• Nous devons prendre exemple sur son infinie miséricorde pou être un tout petit peu plus indulgents envers nos frères.
Dieu pardonne tout. Saisissante est la disproportion entre notre dette vis-à-vis de Dieu et ce que les autres nous doivent. Soixante millions de pièces d’argent ! Au bas mot une pièce d’argent vaut 10 €, ce qui nous fit 600 millions d’euros que notre offre, simplement parce que nous le lui avons demandé ! Le second débiteur ne doit lui que 1000 €.
Dieu pardonne tout, et nous, nous avons du mal à pardonner. Il faut que Dieu nous donne l’exemple pour que nous apprenions à pardonner. C’est le sens de cette phrase du notre Père : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi, à ceux qui nous ont offensés. » Il ne faut pas comprendre cette intercession comme « puisque nous avons pardonné, à ton tour, Seigneur, pardonne-nous ! » C’est l’inverse ! « Pardonne-nous nos offenses, ainsi, nous pourrons pardonner. » C’est Dieu qui a l’initiative. C’est Dieu qui, par sa miséricorde, brise le cycle délétère de la dette.
Pour payer nos dettes, Jésus donne sa vie sur la croix. Accueillons dans cette eucharistie la créance inouïe de l’amour.

Vive flamme d’amour

Homélie du frère Rémy Valléjo – 3e Dimanche de carême 2021

Vanité,
inanité,
le malheureux labeur des marchands du Temple n’est guère plus qu’un vain commerce du vide.
Vanité des vanités, tout est vanité.
Et comme le suggère Qohelet il n’y a décidément rien de neuf sous le soleil.
En effet, ce vain commerce de vanité des marchands du Temple était une réalité, hier, au temps de Jésus.
C’est encore la même réalité, aujourd’hui, dans un siècle qui loin du sanctuaire de son âme prend, consomme et jette sans jamais rien donner.
Vous le savez,
notre vie court toujours le risque de devenir un odieux commerce de vanité,
surtout dans ce don de soi où finalement nous ne donnons rien de nous-même ni cœur, ni âme, ni ardeur intime et profonde.
Ce risque touche absolument toutes les dimensions de notre vie,
c’est non seulement le travail mais aussi l’amour, l’amitié et la piété.
Nous ne donnons rien de nous-même car ce que nous offrons n’est guère plus qu’une offrande de pouvoir.
Sous prétexte d’un don nous accaparons fermement ce que nous voulons.

Un artiste a très bien saisi ce drame ordinaire de notre humanité.
Il s’agit du Greco, un peintre du XVIe siècle espagnol, dont le Palais des Beaux-Arts de Lille conserve un étonnant portrait de saint François d’Assise superbe et un poignant Christ au jardin des Oliviers
que je vous souhaite de pouvoir redécouvrir quand nos musées pourront vous accueillir.

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Si quelqu’un veut être le premier…

Homélie du frère Philippe Verdin – Mercredi 3 mars 2021

« Si quelqu’un veut être le premier, il doit être le dernier de tous et le serviteur de tous. » Cette parole renversante, c’est exactement ce qu’on appelle un paradoxe : « si quelqu’un veut être le premier, il doit être le dernier. » Pour être parmi ses meilleurs amis, le Seigneur nous demande d’être serviteur.

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Les trois montagnes

Homélie du frère Benoît Ente – 2ème dimanche du carême  2021 année B – La transfiguration

Avec le frère Jean-Laurent en septembre dernier, nous étions au monastère de Chalais pour nos journées de rentrée. Là-bas, nous avons entrepris l’ascension de la montagne des Bannettes. C’est un exercice très pédagogique. Nous avons d’abord dû nous équiper : des bonnes chaussures, un chapeau, de l’eau et un vêtement chaud. Ensuite pour arriver au bout, il nous a fallu de l’endurance face à la fatigue, du courage pour passer la cheminée, de la persévérance dans la longue marche à travers la forêt. Mais, une fois en haut, alors nous avons contemplé un paysage immense et dégagé. Nous prenions conscience du monde et de sa beauté. Nous étions dépouillés de tout, épuisés et pourtant tout nous était donné. C’est sans doute pour toutes ces raisons que dans la Bible, le sommet d’une montagne est souvent le lieu d’une révélation, l’aboutissement d’une longue maturation. Pensez au mont Horeb et au buisson ardent ou à l’expérience d’Elie, au mont des béatitudes, au rocher du Golgotha et nous pourrions continuer la liste. Mais pour aujourd’hui, je vous propose de parcourir trois sommets. J’en vois qui pâlissent. Rassurez-vous, vous n’aurez pas à quitter vos sièges, du moins pour le moment.

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Le signe de Jonas

Homélie du frère Maurice Billet – Mercredi 24 février

La première lecture est tirée du livre de Jonas. Je vous invite à le lire. Ce texte n’est pas long et il est passionnant.

Jonas est le nom hébreu qui signifie colombe. Il reçoit la mission d’aller convertir les habitants de Ninive, grande ville païenne. Il refuse et s’enfuit à Tarsis, en bateau, au bout du monde. Une tempête provoque un naufrage. Jonas est avalé par un monstre marin. Il est vomi par celui-ci au bout de trois jours. Enfin, Jonas va à Ninive et il remplit sa mission. Il est entendu et la ville n’est pas détruite. La population croit en Dieu. Un décret du roi décrète un jeûne pour tous, femmes, hommes, enfants, quelle que soit leur condition. Ce jeûne concerne aussi les animaux.

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